Zootopia – Au poil !

Zootopia Poster - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Comédie, animation Durée :  1h44 Note : 16/20

Réalisé par : Jared Bush, Rich Moore, Byron Howard  Acteurs :  Ginnifer Goodwin, Jason Bateman, Idris Elba, Jenny Slate, Nate Torrence

Judy Hoops est une petite lapine qui rêve de faire régner la justice et la loi depuis son plus jeune âge. C’est n’est pas par hasard qu’elle décide d’épouser la carrière de lieutenant de police. Fonceuse, volontaire, sans se décourager, en dépassant ses limites de taille, de poids et de force, elle se hisse major de sa promo et se retrouve propulsée au commissariat central de la ZPD, la police de Zootopia. Très vite reléguée aux basses tâches de la circulation, elle va y faire la connaissance de Nick Wilde, un renard arnaqueur et rusé qui va vite se révéler essentiel pour résoudre l’énigme qui agite la ville : la disparition inexpliquée de 18 animaux.

Le temps à passé depuis les Fables de La Fontaine qui faisaient se côtoyer des animaux, doués d’une forme d’anthropomorphisme pour en ressortir une morale et des idées. La projection des sentiments, de la société et des attitudes humaines sur les animaux ne date pas d’hier et Disney, à sa manière nous a appris moult sentiments au travers de ses films, parfois avec lourdeur, parfois avec subtilité, parfois à grands renforts marketing et plagiats honteux. Force est de constater que les animaux humanisés qui parlent c’est à la fois mignon et ça offre une sacrée capacité de projection. Mais parfois Disney a l’intelligence de s’autoparodier et de tirer le fil de son concept, non pas jusqu’au bout, c’est impossible, mais suffisamment loin pour pouvoir en tirer un univers riche, coloré, intelligent, référentiel qui illumine le regard en même temps qu’il stimule l’imagination par son sens du détail.

Fourrures et fous-rires (Hommage à Rabbi Jacob)
Fourrures et fous-rires (Hommage à Rabbi Jacob)

Zootopia est une sorte de ville de Babel, une cité gigantesque et ses quartiers cosmopolites de Canal City, Tundratown, Sahara Square, Downtown, Savanna Central, Meadowlands et Rainforest district. Et dans chacun de ses quartier, son microcosme, son habitat, étagé, mélangé, race par race, mais aussi taille par taille, gabarit par gabarit. Si Zootopia épouse les contours de notre ville moderne, elle reproduit aussi par le détail toutes les zones habitables de la biosphère animale, quelles qu’en soient les conditions climatiques. Finalement, Zootopia est un concentré de La Terre urbanisée, à échelle réduite, mais la terre, dans un récit de science-fiction, des années dans le futur, où les différences sont effacées, où les animaux auraient réussi ce vivre ensemble si cher à nos politiques de tout bord.

Mais Zootopia a aussi sa face sombre qui se révèlera dans le film, preuve que les animaux humains, peuvent être aussi inhumains que les humains animaux.  Judy, mignonne tout plein et Nick vénal, mais bonne pâte rencontrent une galerie de personnages de toutes tailles, de tout poil oserais-je dire, un monde plein de vie, un bonheur pour les amoureux du dessin et des univers riches.

Suivre Judy dans ses aventures mérite plusieurs visionnages. Un premier pour s’émerveiller et se distraire, un second pour noter les détails cachés (trouvez les têtes de Mickey ou les Mickey tout court !) et les références, innombrables : Le Parrain, Breaking Bad, Apple = Carrot, iPaw, Zuber = Uber, Zoogle, Targoat, DNKY, Snarlbucks, Lucky Chomps, Vanity Fur, eBray, Molex… bref… De titres de  films (Wreck-it Rhino, Floaten 2, Meowana, Pig Hero 6, Giraffic…) aux morceaux de musique : Fur Fighters, The Beagles, Fleetwood Yak, Let it Goat, Hyena Gomez, Gun’s & Rodent, Kanine West… Et même Gazelle/Shakira reprend du Dinsey avec les morceaux Part of your Wool (Part of your world – La Petite Sirène), Ara-Bunny Nights (Arabian Nights – Aladdin), Can Uou Feed The Lion Tonight…

Zootopia - Ville idéale du futur ?
Zootopia – Ville idéale du futur ?

De noms de personnages détournés (Emmet Otterton est en fait un personnage de culture américaine créé par Jim Henson) en logos transformés (on retrouve de Lucky Cat Café de Big Hero 6 par exemple) en marques retournées (Les Lemmings Brothers Bank – sic), de références à Disney (Frozen est au moins parodié 3 ou 4 fois entre les allusions à Let It Go et des animaux déguisés en Elsa et Anna, Dumbo, Tarzan ou Raiponce sont plus discrètement glissés)…

Mais vous l’aurez vite compris, Zootopia ne s’arrête pas à son sens névrotique de détail. Au-delà de son dynamisme tonitruant et de son rythme tambour battant, de son intrigue joliment ficelée et de ses dialogues ciselés, Zootopia fait régner une atmosphère qui fait qu’on inhale à pleins poumons sa bonne humeur et son bon humour sans jamais tomber dans la mièvrerie. On sent clairement la masse de travail des scénaristes (pas loin de 10) comme des animateurs pour donner vie à ce que l’on peut sans honte appeler l’un des meilleurs Disney depuis des années.

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