Young Adult – Teen agée

*

Genre : comédie dramatique Durée : 1h33  Note :  14/20

Réalisé par :  Jason Reitman Acteurs : Charlize Theron, Patton Oswalt, Patrick Wilson

 

Mavis Gary, auteure de romans cucul la praline pour adolescentes revient dans son minuscule village avec la lubie de reconquérir l’homme de sa vie, son amoureux du lycée fraichement devenu papa. Se plantant lamentablement, elle se lie d’amitié avec l’ancienne tête de turc du lycée qui finalement lui ressemble bien plus qu’elle ne pourrait jamais l’imaginer.

Lorsque l’on imagine la vie quotidienne d’un auteur de livre pour adolescentes, on est souvent plus proche de l’image de Stephenie Meyer la brillante auteur de twilight qui a détruit à jamais l’image subversive des vampires amateurs de cul et de sang en en faisant des figures métrosexuelles décérébrées tournant autour de la rondelle de leur dulcinée au lieu de s’enfiler un lichette de son sang goutu de vierge effarouchée.  On est loin alors d’imaginer l’étendue du massacre qui nous attends au travers du personnage de Mevis Gary à la frontière d’un Bukowski et d’un Hubert Selby Junior au féminin.

Sous les traits d’un Charlize Théron bien marquée, le personnage de pétasse nombriliste, condescendante et régressive prend une épaisseur assez formidable car sous les traits d’un beauté toute singulière se cache une épave totale, abusant de la boisson et des drogues à deux balles. Une femme lassée de sa vie d’auteure ratée tout juste bonne a écrire une saga indigeste en déliquescence, en plein crise identitaire et d’adolescence, propre à chier dans la colle comme toute bonne teen un peu attardée le ferait et a tenter de rattraper le temps perdu au prix d’efforts voués, on le devine dès le début du film, à l’échec.

Retrouvant la magie de leur duo qui avait de Juno une petite perle à posséder dans sa dvdthèque, Reitman et Cody nous servent une comédie grinçante, doucement cruelle, jamais pathétique mais terriblement sobre, volontairement dénuée d’évènements ou de rebondissements marquants comme pour mieux signifier l’incroyable vide que le personnage principal, hautement condescendant, cherche à combler au travers de son improbable road trip.

Sans jamais plonger dans une volonté de mise en scène légère et gaguesque comme l’aurait fait son papa auteur de nombreuses merveilles des années 80 et 90, Jason Reitman choisi un parti pris tourné vers l’imagerie délicieusement intimiste du film indépendant américain pour mieux dépeindre la chute en avant de cette pauvrette en mal de reconnaissance et d’amour.

Il dépeint la lutte de certains trentenaires essayant de naviguer entre leur adolescence déchue et leur vie d’adulte qui les dépasse. Mais aussi, il brosse avec cruauté ce regard infatué que l’on jette  quelquefois devant le  sentiment de satisfaction et de plénitude que ressentent les gros bouseux de base, quelquefois peu cultivés, peu épanouis et n’ayant aucune source d’enrichissement personnel dans leur propre vie. Comment ne pas être satisfait quand on peux tout avoir ? comme être heureux lorsque l’on a rien pour être heureux mais qu’on ne le sait pas ? C’est autour de cette question existentielle qui a toujours hanté l’être humain que Young Adult tourne.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *