Wrong – Right !

Genre : Comédie/Drame Durée : 1h34 Note : 16/20

Réalisé par :  Quentin Dupieux Acteurs : Jack Plotnick, Eric Judor, William Fichtner, Alexis Dziena


Dolph a perdu son chien et pour lui c’est un drame. Un matin, il se réveille et Paul son compagnon poilu a disparu. Partant à sa recherche sans oublier d’aller régulièrement à son travail qu’il a perdu depuis 3 mois, Dolph a fort à faire entre son jardinier confondant sapin et palmier et doté d’un accent français à couper au couteau, une opératrice de pizzeria névrosée, un Master Chang maitre télépathe qui se croit investi d’une mission divine et un enquêteur aux méthodes aussi révolutionnairement stupides qu’efficaces.  En tout cas, depuis qu’il a perdu son chien (dolph pas l’enquêteur), il perdu la tête.

Quentin Dupieux, c’est un créatif à l’état brut, un touche-à-tout multi inspiré, un type à l’originalité à fleur de peau qui ne laisse pas les conventions lui dicter la marche à suivre, ni les « trucs qui marchent » lui ôter sa singularité pour sortir une merde formatée, préchiée puis prémachée pour que d’aucuns crient au génie en se paluchant jusqu’à l’orgasme alors qu’on a vu ça mille fois, en mieux

Pour certains Quentin Dupieux, c’est simplement du foutage de gueule, de l’abstraction totale et impalpable à laquelle on ne comprend rien, du David Lynch pour qui ne veut pas faire l’effort de brancher deux secondes ce qui lui sert de cerveau au lieu de l’utiliser pour regarder des putes montrer leur séant à la téloche en espérant devenir aussi célèbre que cette grosse truie de Nicki Minaj.

Pour d’autres, Quentin Dupieux, c’est du grand n’importe quoi bourré de sens assemblé dans un foutraque bordel sans nom, sans queue ni tête assemblé dans un emballage de décalage permanent oscillant entre de lointaines influences de l’absurde voire de l’absurde à l’anglaise, de comédie noire Américaine, de labyrinthisme à la David Lynch. Un équivalent artiste de l’art contemporain ou du surréalisme jeté sur la toile d’une salle obscure avec une patte à part entière. Abstractive certes, mais diaboliquement addictive.

Ni franchement hilarant, ni complètement inquiétant, Wrong déploie des trésors de créativité visuelles, musicales et dialoguées. Il gravite entre divers genres scénaristiques, dépeint des personnages complètements dingues ou franchement perchés dans une autre galaxie pour mieux se faire télescoper l’ensemble dans une aventure qui navigue alors entre le réel et le fantasme le plus complet. l’image parfaite et sublime, presque publicitaire et photographique aidant parfaitement au propos.

Ainsi, une sorte de passerelle entre le monde de Dolph et celui des autres se créée au cours des quelques rencontres qu’ils partagent. Comme si l’espace d’une seconde, deux univers parallèles se télescopaient avec fracas pour libérer avec brio les émotions les plus diverses. La détresse, l’amour, la joie, l’impuissance, le désespoir, l’humour, la folie, la colère, la naïveté ont toutes leur place dans Wrong et trouvent parfaitement leurs repères au milieu de ce qu’on l’on pourrait interpréter comme une histoire décousue et irréaliste. C’est alors la meilleure manière de traduire l’état de désespoir total de Dolph quand à la perte de son ami à pattes.

Quand on vous dit qu’en seul être vous manque et tout est dépeuplé, c’est certainement la meilleure manière de résumer Wrong. Cette déchéance totale, cette perte de repères, cet irréalisme soudain des futilités du monde, de son étrangeté et l’absolue inutilité de nos habitudes gravées dans le marbre qui parait vous sauter au yeux après la perte d’un être cher. Un OVNI qui mérite les étoiles !

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