World War Z – Zombie for Ze Familly

Genre : Zombie, Action, Suspense  Durée : 1h56  Note : 11/20

Réalisé par : Mark Forster Acteurs : Brad Pitt, Mireille Enos, Elyes Gabel

Une foudroyante épidémie d’origine inconnue transforme le monde en un terrain de chaos et de folie ou se répand une pandémie qui transforme le plus doux des humains en une bête incontrôlable dont le seul but est de propager le plus possible le mal qui le possède.

Un ancien enquêteur de l’ONU, chargé de gérer les situations et les évacuations les plus difficiles se retrouve au cœur du problème lorsque l’armée lui demande son aide pour trouver une solution au mal qui ronge la planète. C’est le début d’une course effrénée pour trouver le patient zéro, l’origine de la maladie afin de trouver une solution et sauver la race humaine.


À la base de WWZ, un livre, suite de Guide de Survie en Territoire Zombie écrit par le fils de Mel Brooks avec un second degré et un peu d’humour. Le rapport ? Aucun ! Je n’ai lu nu l’un ni l’autre, mais ça fait toujours bien de citer une référence littéraire au début d’un article sur un film au ciné. Ça fait sérieux, renseigné, intellectuel même. Ça vous pose votre statut de critique auprès de votre lectorat et donne une belle impression d’intelligence. Un peu comme la présentatrice du 13h qui interviewe son invité en citant deux/trois passages surlignés par ses assistants qui n’en ont, eux non plus, généralement absolument rien à carrer. C’est vrai quoi. Qui a envie de se taper les 280 pages de la vie sexuelle de Line Renaud ?

Alors tout ça, c’est super chouette tout plein, mais WWZ qu’est-ce que ça donne ? En tout cas rien qui donne un quelconque esprit de construction que l’on attend d’une adaptation d’un bouquin. Certes le fils Brooks n’est pas Shakespeare et Mark Levy par Rimbaud, mais quand on adapte un livre au ciné, on est quand même en droit d’attendre un minium de construction et de structure. Et ben non WWZ, c’est un bordel complet, une pagaille sans nom genre comédie à sketches, sans liant ni transition.

À l’image du chaos qui règne sur terre avec ses humains zombifiés qui courent comme des lapins shootés aux hormones de Ussain Bolt pour faire des Castells contre les murs (je vous laisse chercher pour ceux qui ne sont pas du Sud-Ouest), le film fait comme les Français moyens aux élections présidentielles. Il va à droite puis à gauche sans réfléchir à quoi que ce soit. Sans la moindre once d’intelligence et de structure intellectuelle. Avec une linéarité vidéoludique et une certaine élégance supporifique (le film qui vous endors tout en vous sodomisant gentiment le porte-monnaie) à grands coups d’effets spéciaux spectaculaires et de mouvements épileptiques de caméra à en gerber ses Kit-Kat Balls par les trous de nez.

Oui parce que les boules vous allez les avoir si vous espérez voir un film de zombie en allant voir World War Z. alors que le genre est plutôt lourd en symbolisme politique et en violence graphique gratuite et volontairement exagérée et auto parodique : L’armée des Morts, Shaun Of The Dead, 28 Jours Plus Tard et Zombieland l’ont bien prouvé, WWZ lui, est aussi mou du cul qu’un octogénaire américain shooté au McDo depuis les premières franchises et franchement c’est dommage quand on voit le potentiel qui se cache dans le film et le scénar.

C’est comme si Marc Forster n’avait pas osé, n’avait pas assumé la « zombiettude » de son film. Un film qui aurait gagné d’être mené à 300 à l’heure, mais qui à force de nous emmener aux quatre coins du globe, nous fait l’effet d’un bon décalage horaire nous fatigue et nous fait totalement sortir de l’intrigue. Sans empathie pour le personnage interprété par un Brad Pitt, acteur que j’estime, très en dessous de ses capacités, impossible d’adhérer au film. Sans la portée géopolitique qui aurait nourri le film, pas de suspense, pas d’enjeu. Sans folie, sans marée de sang, sans tripes et boyaux pas de plaisir coupable que l’on est pourtant venu chercher. On ne demandait pas une merde effroyable comme Résident Evil, peut-être juste un bon divertissement sanglant et délirant avec un Brad qui s’éclate au lieu de se branler la nouille sur son statut d’expert de l’ONU qui sauve la planète sur un éclair de génie.

En jouant le choix du reportage sur le vif, sans un once de sang, sans parodie, brut de décoffrage, certains seront tentés d’encenser le film ou de louer la prise de risque du réalisateur. Il se trouve que s’il n’est pas mauvais en soi et se laisse regarder d’un œil distrait, World War Z, en se la jouant blockbuster mainstream n’est pas la révolution qu’il semblait être dans ses trailers. Peu effrayant, pauvre en suspense, juste très beau et très graphique, il est l’image de la plupart des très grosses prods d’aujourd’hui, un bel emballage, mais un fond franchement bâclé et expédié pour ratisser large. Le film de zombie pour la famille est né.

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