Welcome to New York – Au revoir Président

Genre : Drame Durée : 2h Note : 02/20

Réalisé par : Abel Ferrara Acteurs : Jacqueline Bisset, Gérard Depardieu

George Devereaux est un homme politique français tout puissant est un homme ivre d’argent, de pouvoir et de sexe. Un homme qui au cours d’une énième incartade sexuelle à New York va se retrouver au cœur de l’actualité et accusé de viol par une femme de chambre de son hôtel.

Dès sa sortie le fait est fait pour faire parler, dès sa sortie, plusieurs centaines de personnes se sont précipitées pour le visionner, par curiosité, intérêt, voyeurisme. On me l’a montré l’autre jour et d’un oeil un peu désintéressé, je me suis dit qu’il fallait quand même que j’en fasse la critique.

N’étant pas un friand admirateur de Depardieu ou des DSK’s ni même des people ou politique de manière générale, surtout aujourd’hui, la transcription filmée de l’affaire qui a secoué la planète politique française ne soulevait déjà à la base chez moi qu’une douce indifférence, j’oserai même dire que je n’en avait absolument rien à foutre pour rester dans le ton du film. Pourtant, avec le recul et parce qu’il y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis sauf sur Plus Belle La Vie, il est toujours intéressant de voir traité à l’écran des faits politiques aussi récents, l’encre sur le chèque destiné à Nafisaou Dialo n’étant elle pas encore tout à fait sèche.

Soyons clairs : la finesse, la justesse des propos et la neutralité de l’orientation du film promis sur papier par les producteurs de ce qui devait être une véritable bombe du cinéma politique sont totalement vaporisés par la déplorable médiocrité et la lourdeur éléphantesque de qui nous apparait à l’écran.

Alors que les Maraval/Ferrara/Depardieu visaient certainement haut, Welcome to New York verse dans une sorte de fusion lourdingue et très maladroite de mauvais Max Pecas avec les pires Navarro entrecoupés de vagues extraits de téléfilms érotiques 90’s tournés avec les pieds. L’imbécilité de la mise en scène, la pauvreté risible des dialogues (voir la scène ou DepardieuSK rencontre son gendre dans un restaurant…), la lourdeur des propos mille fois ressassés dans les médias donnent un aspect documentaire encore plus racoleur de ceux présentés par Bernard De La Villardière en seconde partie de soirée.

Une enquête vraiment pas exclusive aux constants relents d’allusions antisémites et aux attaques misogynes rangées envers Simone/Anne Sinclair à laquelle il manque juste une voix off bas de gamme pour passer sur W9. Le réalisme est même poussé jusqu’à utiliser les vrais policiers de l’affaire pour fouiller les méandres des bourrelets de notre Gégé national, champion international du manque de distinction à la française qui se balade à poil la moitié du film. Le cap de Cyrano est bien loin…

Je ne défends pas DSK, ni ses actes, l’évidence apparait déjà suffisamment aux yeux de tous et chacun peut aujourd’hui se faire sa propre idée sur le genre d’être humain peut être, mais quitte à faire un film sur cette affaire dont tout le monde a entendu les moindres détails, il eu été intéressant de fouiller bien plus l’avant et l’après de l’affaire, de gonfler les personnages secondaires, d’apporter un peu de matière politique à l’ensemble, de construire son récit comme pour mieux le faire exploser à la fin et non de déverser un flot haineux sur une affaire qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Le film dans son état actuel relève plus du règlement de comptes gratuit que d’une véritable étude de mœurs inscrite dans un cadre politique national et international.

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