War Dogs – À la niche

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Genre : Comédie, Policier Durée : 1h55 Note : 08/20

Réalisé par : Todd Phillips Acteurs : Miles Teller, Jonah Hill, Ana de Armas, Bradley Cooper, Kevin Pollak

Deux copains de Miami Beach se retrouvent après le décès de l’un de leurs amis. Alors que David est masseur pour de riches habitants de la ville, Efraim vivote d’un dispositif du gouvernement fédéral : vendre des armes à l’armée des USA par le biais d’appels d’offres. Décidant de travailler ensemble, usant d’intelligence et de ressources, ils vont vite monter un véritable business florissant et très lucratif qui ne fait pas que des heureux dans leur entourage qui ne voit pas d’un bon œil leur statut de vendeur d’armes. Et quand un contrat juteux se profile à leur porte, trop gourmands ou trop naïfs, ils vont vite comprendre que l’on n’a pas toujours la chance de pouvoir improviser deux fois dans ce métier.

Avec ses joyeuses exactions sur la planète à répandre la drogue, le bordel et les armes pour mieux y dispenser la justice, les Américains raffolent de ces films où d’amour haine dans lesquels le succès va de pair avec un choix de vie aussi critiquable que la réussite est flamboyante.

Blow, Lord Of War, Scarface, Donnie Brasco, Il était une fois en Amérique, Casino, les affranchis… autant de films que je compare pas à War Dogs pour des raisons qui vous apparaitrons évidentes à la fin de cette critique, mais qui montre la fascination de la réussite par la transgression qui n’est d’ailleurs pas l’apanage des seules brebis d’Oncle Sam.

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Cette image résume à elle seule la tête de spectateur, entre colique néphrétique, quiche au bord du four et narcolepsie létale.

Sans doute parce que même pour des millions de dollars, emprunter le même chemin que ces personnages de fiction ou réels nous fait aussi envie que peur. Certainement aussi parce que, de fait, ceux qui transcendent leurs peurs, par courage ou folie, forcent la curiosité, la fascination et parfois même l’admiration, ce genre de sujet et d’actualité existera toujours.

Sous un voile de comédie-docu-fiction, Todd Phillips, plus habitué aux ressorts comiques façon The Hangover tente de livrer un film avec le cul totalement entre deux chaises. Alors vrai cynique ou simple comique un peu acide et trashouille ? Son travail avec Jason Smilovic et Stephen Chin pour adapter l’histoire vraie des deux compères racontée par Guy Lawson à l’époque de l’administration Bush dans le magazine Rollin Stone est loin d’aller aussi loin qu’elle en avait le potentiel.

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Summum de la discrétion pour vos deals d’armes, le parapluie au milieu d’une place déserte.

Malgré une réelle volonté de bien faire et une tentative de jouer les ressorts comiques dit « des bras cassés », War Dogs enfile les situations cliché les unes après les autres avec un montage franchement pas assez nerveux pour susciter l’intérêt, la surprise, la nervosité ou la crainte pour les deux principaux personnages. L’exercice de la comédie noire/cynique est très casse-gueule et clairement War Dogs ne sait pas du tout dans quelle direction aller. Loin d’être déstabilisant, ce qu’on recherche dans ce genre de sujet, on assiste plutôt au parcours d’un gros bébé gâté qui entraine son pote dans ses combines en essayant d’éviter les balles sans se mouiller. Point barre.

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Bon Todd, on est potes tout ça, tout ça, je t’aime comme un frère, mais là pour être honnête, je me fait un peu chier la chatte…

Par manque de souffle ou d’inspiration, le film n’est ni un ratage ni une réussite, il transforme un sujet enthousiasmant en un exercice de style qui ne cherche même pas à ressembler à Lord Of War auquel on est tenté de le comparer de prime abord. Loin de posséder le genre de cynisme ou de méchanceté comique que demande ce genre de sujet et qu’on retrouve, par exemple dans les premiers Guy Ritchie ou le film Very bad THINGS (pas trip), War Dogs est un petit film de chiens écrasés, pas d’histoire vraie si ahurissante qu’on n’aurait jamais osé inventer pour le cinéma.-

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