Voisins du troisieme type – Pas extra-terrestre

Genre : Comédie Durée : 1h40 Note : 08/20

Réalisé par :  Akiva Schaffer  Acteurs : Ben Stiller, Vince Vaughn, Jonah Hill, Richard Ayoade

Glenview, Ohio, est une petite bourgade tranquille du fin fond des États-Unis. Il ne s’y passe pas grand-chose, tout le monde s’y entend bien, les flics sont les moins compétents du monde, mais peu importe, la criminalité frôle de taux zéro. Grand acteur de la communauté et propriétaire d’un supermarché local,  Evan Trautwig décide, après l’assassinat sauvage de l’un de ses employés de monter une brigade de surveillance pour maintenir l’ordre dans la ville. Une idée qui va le mettre aux prises avec des extra-terrestres bien décidés à envahir la terre avec pour point de départ, Glenview.

Une question se pose souvent lorsque l’on regarde les comédies d’aujourd’hui. Qu’elles soient Américaines ou Françaises certaines semblent souffrir de l’effet « c’était mieux avant ».

Alors ? Nostalgie mal placée ou réalité en soi ? On a l’impression que certaines sont bien trop gentilles qu’il n’y parait et que l’époque « d’aaaaaaavaaant » se démarquait par des comédies plus délirantes, un peu plus trash ou plus osées dans leur humour.

Pourtant, il y a des films comme « Very Bad Trip » ou « Tropic Thunder » ou « mon Beau-père et moi » (pour citer deux ben Stiller) qui abondent dans l’autre sens et des niaiseries comme « un flic à la maternelle » qui détruisent la théorie du passéisme positif. On pourra alors citer des films comme « Dumb & Dumber », « Le flic de Beverly Hills », « la Famille Addams » la série des « Y-a-t’il un flic… » etc. L’humour a tendance à vieillir assez vite peut-être même un peu plus vite que les effets spéciaux.

Finalement, force est de constater que chaque époque a ses comédies a succès, tout dépend finalement de ce que l’on vient chercher et du contexte contemporain.  Certaines années étaient plus propices à rigoler tandis que d’autres le sont beaucoup moins ou en tout cas d’une autre manière.

Une chose reste cependant, un comédie est très généralement en prise avec l’actualité et quand la comédie est très moyenne, elle le reste, que ce soit dans les années 80/90 ou 2000/2010 ou même dans un futur proche si fin du monde, il n’y a pas. En ce sens, « voisins du 3e type » est relativement bien construit avec sa paranoïa permanente du terroriste infiltré, reflet parfait de la phobie des Américains envers ceux qui voudraient écorner de leur doctrine envahissante le rêve américain et sa béate tranquillité.

Le film de Akiva Schaffer met en scène un quatuor de choc en la présence de Ben Stiller, Vince Vaughn, Jonah Hill et Richard Ayoade les trois premiers étant tous des habitués du burlesque américain et le dernier étant une figure geek par excellence avec son rôle du fabuleux Moss dans la série anglaise IT crowd.

Dans un scénario pas vraiment rocambolesque et plutôt très attendu, il remplit sans fracas ni étincelle de génie son contrat de comédie gentillette qui ne prend pas plus de risque qu’un boxeur poids lourd ne prendrait en s’attaquant à la tronçonneuse à un raton laveur cul-de-jatte coincé dans un évier en inox.

Loin d’être surprenant ni révolutionnaire, le film manque de rythme et de réelles trouvailles. Il ne provoque pas ou peu d’éclat de rire sincère, sinon une fascination formidable pour Ben Stiller qui, encore une fois, exorcise certainement quelque névrose masochiste à se faire violenter en permanence dans ses films parfois jusqu’à l’humiliation prostrée et qui semble constituer sa marque de fabrique un peu comme les grimaces est celle de Jim Carrey.

« Voisins du 3e type » ne fait donc pas partie, loin de là des meilleurs films de Ben Stiller dans lesquels son humour explose au grand jour. Scénario trop léger, tourné à la va-vite comme si les agendas de chacun pressaient, personnages féminins en deçà de ce qu’ils auraient pu être, surtout sur la dernière demi-heure, blagues potaches mille fois déjà vues et dialogues loin d’être scellés. Le plaisir reste néanmoins pour les amateurs d’IT Crowd que nous sommes, de voir Richard Ayoade exploser à l’écran avec son accent british à couper au couteau et son timbre de voix si particulier. Il est sans conteste l’élément très fort d’un film qui n’aurait pas dû être aussi faible.

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