Vice Versa – La tête à l’envers dans les nuages

Vice Versa

Genre : Animation, comédie, drame,  Durée :  1h34 Note : 18/20

Réalisé par : Brad Peyton Acteurs : –

Dès sa naissance, dans le cerveau-centre de commande de la petite Riley, Joie, débordante d’optimisme et d’énergie est aux manettes, très vite rejointe par Peur, Colère, Dégoût et Tristesse. Ces 5 émotions vont vite régir le quotidien, la vie et les souvenirs de Riley pour en faire la personne unique qu’elle est. Pour le meilleur ou pour le pire.

Depuis quelques années, hormis Wall-E, Là-Haut (pour sa séquence d’ouverture) ou Ratatouille, Pixar s’est un peu perdu. De films spectaculaires visuellement, mais un peu pauvres en double ou triple lecture, les studios de Emeryville, très marqués Disney (leur producteur depuis leurs débuts) ils se sont enfermés dans des suites à tiroir ou dans la volonté de productivité s’est faite au détriment de la qualité de leurs films. Toy Story 3, Cars 2, Rebelle, Monsters University etc. De jolis films, mais pauvres, très pauvres et loin, très loin de la créativité visuelle et scénaristique de Wall-E Le Monde de Nemo ou Mille et Une Pattes.

Avant de lancer dans, Le monde Nemo 2, Toy Story 4, Les indestrucibles 2 et Cars 3, ils semblent avoir enclenché une série de film maison avec Le Voyage d’Arlo et Vice Versa. Jamais, par exemple, le Studio Ghibli ne s’est jeté dans cette course éperdue aux suites. Un calcul différent, mais un succès de cœur certainement en faveur de la variété du Studio de Koganei. Mais bref !

Vice Versa, c’est l’exception qui confirme la règle. La preuve que Pixar a su retrouver une certaine dose de subtilité et d’intelligence pour arriver à nous pondre, non seulement une histoire originale, mais surtout une histoire suffisamment dense et riche qu’elle permet d’être transposée, identifiable, et surtout, de provoquer un sentiment d’empathie et de proximité assez fort pour qu’enfants et adultes s’y retrouvent.

Inside Out - Vice Versa 02 - N'y allez pas c'est de la merde
Joie au travail

Le chemin de la double lecture est difficile et parsemé d’embuches et cette histoire que certains qualifient déjà de plagiat de l’univers de François Perusse (à tord ou à raison, au fond on s’en fout un peu) part certes d’une idée de base assez simple, mais justement, c’est cette simplicité et l’appropriation immédiate du concept qui lui permet à la fois, d’être traité avec pertinence et humour et d’offrir alors une palette de situation pour venir le nourrir.

Vice Versa au travers de ces petits bonhommes et bonnes femmes aux commandes de nos cerveaux, nous emmènent dans l’univers de Riley, ce qui fait sa personnalité, ce qui fait d’elle, elle ce qui fait sa tristesse; sa joie, sa rage. Il nous ramène également au reflet de nos propres émotions, pilotes de nos décisions, archivistes de nos souvenirs, régulateurs de nos humeurs, juge des autres et juges de nous mêmes.

Un chemin intellectuel que les enfants appréhendent très, très facilement, réagissant rapidement en disant « Oui, des fois je suis en colère contre toi, mais je t’aime tu sais », ou « c’est marrant, c’est comme ça les émotions, des fois on est tristes, puis juste après ça va mieux »…

Le portrait de la mécanique de ces instincts animaux, des ces îles d’univers créées par notre cerveau ouvrent les portes de la complexité de nos personnalités est vraiment superbement retranscrite en images. De nos sautes d’humeur, de nos passions soudaines en enflammées. De nos folies permanentes ou passagères.

Comme dans une mécanique bien huilée qui s’emballe ou s’enraye, chaque émotion, chaque moment a son importance, trouve sa place, s’engueule avec les autres, influe sur nos décisions, et contribue à la construction ou déconstruction d’un moment d’exception ou d’une sale période où tout semble aller mal. Pourquoi peut-on rire dans le malheur, pleurer dans le bonheur, douter dans la certitude ? Tout ça est teinté d’un humour qui fait mouche, de clin d’œil pertinents, de scènes d’anthologie.

Inside Out - Vice Versa 01 - N'y allez pas c'est de la merde
Aux commandes de nos émotions, pas étonnant que ce soit parfois le bordel.

L’animation parfaite, les personnages redoutablement bien pensés, l’univers cérébral bourré de trouvailles et un rythme survolté qui ne laisse pas s’étancher une seule seconde la soif de créativité que l’on est venu y chercher , c’est ça Vice Versa : un film intelligent pour des enfants, petits et grands qui en ont marre d’être pris pour des cons mais un film aussi qui rapproche parents et enfants et peut ouvrir une quantité de conversations, signe d’un film d’exception. Et quand ce dernier nous gâte avec un générique de fin magnifiquement drôle, il est impossible de ne pas sortir, le sourire aux lèvres, le cœur rempli de bonheur et la tête dans les nuages, animée, embrumée, sans doute par le travail de titan que notre Tristesse, Joie, colère, Dégoût et Peur sont en train d’accomplir.

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