Valérian – Valérien

Valerian Poster - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Science fiction, aventure, action, fantastique, chiasse sidérale Durée : 2h17 Note : 03/20

Réalisé par : Luc Besson Acteurs :   Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen

LE 28EME SIÈCLE, VALÉRIAN ET LAURELINE, DEUX AGENTS SPATIO-TEMPORELS SONT MANDATÉS POUR ENQUÊTER SUR UNE FORCE MYSTÉRIEUSE QUI GRANDIT AU CŒUR DE LA STATION ALPHA, POINT CENTRAL SPATIO-URBAIN DE TOUTES LES CIVILISATIONS EXTRATERRESTRES. AU COURS DE CETTE ENQUÊTE, ILS VONT DÉCOUVRIR QUE CETTE FORCE EST ÉTROITEMENT LIÉE A LA DISPARITION D’UNE CIVILISATION À L’AUTRE BOUT DE LA GALAXIE.

À l’heure où je pose ces lignes sur mon clavier, Valérian est projeté sur un panel qui oscille entre 5000 et 7000 écrans au pays de l’Oncle Mao. Propulsé par son partenaire et financier chinois, le juteux marché de l’Oncle Mao est le même qui avait enjôlé ce seau de merde qu’est Lucy (sans doute nommé ainsi, car étant l’alter ego féminin omniscient d’un Luc Besson gonflé d’humilité) est une manne que beaucoup de producteurs auraient tort de ne pas saisir.

Et Luc a bien fait les choses. Malin comme un singe, il a offert Rihanna aux Américains nous l’évoquerons un peu plus bas, les Chinois auront Kris Wu, éphèbe androgyne, chanteur, acteur, mannequin, superstar absolue en Chine.  L’un et l’autre ne servant à peu près à rien dans l’histoire sinon à faire une apparition people, une sorte de minable apparition de façade, qui transformera en cascade les fans féminines chinoises et baver les bons gros fans-boys & girls mondiaux. Pas la peine de s’y attarder, Rihanna est de toutes façons, comme à son habitude, aussi bonne actrice que mon furet domestique sait poser un set pour faire des covers des meilleurs morceaux de l’histoire du trash métal.

En fait Valérian se résume à ça : du fan service. Luc Besson, s’offre son rêve de lancer sur grand écran une bande dessinée, de qualité, de très grande qualité qui l’avait frappé étant enfant. Et le problème, c’est que c’est un véritable enfant de 3/4 ans qui réalise mais avec une regard sans innocence, sans rêve, sans magie. C’est un sale gosse vénal, calculateur, économiste, producteur, réalisateur, scénariste, éclairagiste, chef-op, directeur d’acteur, entraineur de chiens, qui étale sur grand écran tous les travers, toutes les erreurs, toutes les mièvreries visuelles et verbales, les clichés, les litres d’effets spéciaux que l’on puisse imaginer dans un putain de film de SF.

Valerian 03 - N'y allez pas c'est de la merde
Laureline, tu crois que le rendu va être beau ? Mais bien sûr, les effets spéciaux c’est inratable aujourd’hui !

Valérian ne fait pas rêver dans tous les sens du terme. Il ne transporte rien d’autre qu’un ennui profond, c’est un système solaire d’emmerdement maximum dans lequel l’histoire est noyée sous un  bombardement de VFX à la texture dégueulasse et plastique pour se donner un look pompé sur Avatar (les héros de Cameron vivent dans la jungle, ceux de Besson à la playa, basta, salut ma couille, bonjour la création originale) le reste c’est du reliquats des recalés au casting du 5e Élément ou des créatures piochées dans diverses sources SF en BD, série ou ciné.

On nous avait promis des scènes dantesques des aliens bourrés d’originalité et de créativité, on assiste à un ballet incessant de plans dont il est absolument flagrant qu’ils sont tournés en studio, une accumulation de scènes d’action et de flashbacks spaceopéresques où la caméra virevolte dans tous les sens, scène dont le sens, la place dans l’histoire, l’importance sont inexistants et totalement dispensables. C’est comme mettre un balai à chiottes sur sa télé, ça décore, mais c’est moche, ça sert à que dalle à part ramasser la merde.

La Cité des Mille Planètes construit ses fondations sur un néant total, un vaste trou noir de connerie dans lequel sont broyées toutes les formes de plaisir, de délectation de distraction. le spectateur est aspiré dans un abîme insondable, plongé dans une léthargie telle qu’elle devrait être utilisée à la fois comme système de torture et comme sédatif létal dans la pièce où mène le couloir de la mort pour ôter la vie dans d’atroces souffrances.

Valérian, c’est une insipide histoire d’amour dont on se flagelle les lasagnes avec une pagaie pour pirogue hawaïenne tant les acteurs n’y croient pas, ne mettent pas un soupçon d’envie ni de passion, sans compter que… c’est pas le topo, ni les persos… C’est encore une excuse qu’à trouvé Besson pour nous seriner un pamphlet complètement dépassé sur la puissance de l’amour, plus fort que l’univers, la vie, mes couilles et les cassoulets William Saurin réunis. Exit également les références au passé moyenâgeux de Laureline, rien à foutre du développement des persos.

Mais Valérian, c’est aussi un récit de science-fiction qui n’aurait même pas mérité un arc dans Stargate SG1, juste un épisode, un pas très bon en plus. Une histoire qui, soit dit en passant, n’a rien à voir avec L’Empire des mille planètes, l’album de Christin et Mézières et prend des libertés terribles avec celui dont il s’inspire réellement, l’Ambassadeur des Ombres.  Preuve que l’objectif initial n’était rien d’autre qu’un immense concours de bite avec Hollywood.

Valerian 01 - N'y allez pas c'est de la merde
Madame l’extraterrestre, ça fait quel effet d’être un personnage d’avatar albinos ? Je sais pas, j’essaie d’imaginer être à la plage là.

Valérian, c’est une bande démo interminable, une occasion, chaque seconde, de placer, de justifier le fric qui a été mis dedans tout en donnant l’impression de pas avoir investi suffisamment pour obtenir un résultat de qualité. Le film nous noie jusqu’à la glotte d’effets spéciaux désastreux, repoussants, laids au possible qui pour la plupart illustrent des scènes qui n’apportent rien. C’est comme se faire enfoncer un film payé des millions de dollars pour vendre de la purée Mousseline avec une License Star-Wars tellement profond dans la gorge qu’on en chie des croiseurs impériaux par tous les pores de la peau.

Valérian, c’est… j’ai l’impression d’écrire des lettres de François Hollande…

Valérian, c’est une intrigue ridicule tellement dénuée d’enjeu, ou plutôt aux enjeux et rebondissements tellement dénués de suspense, tellement vieux coup, vus, vus et re-re-vus que, putain de fistule de foufoune à la sauce de chevreuil aux cèpes, on se fait chier la bite dès les 10 premières minutes. On devine tout le dénouement et pourtant, on est pas des génies du scénario.

Rajoutez un montage, des coupes, des cadrages désastreux, un rendu, flagrant que tout est tourné en studio (on voit les limites des boxes et les traces de peinture sisisi ! vive la HD) et tout respire l’objet fini formaté pour plaire au plus grand nombre, sans parti pris, juste avec un humour des années 90 et blagues habituelles du réal. Un bon gros joujou qui bave qui tâche, objectif China. Point barre !

Valérian enfin, c’est l’excrétion de dialogues complètement What The Fuck dénués d’intérêt, sans liant, sans passion, sans cohérence, plat comme un nan passé sous A380. Il y a peut-être 6 lignes qui permettent de donner du corps à l’histoire et de la faire avancer, pas beaucoup plus. Le reste n’est que du bruit, de la diarrhée verbale, un éloge de l’inutile, des grandes phrases pompeuses, des larmoyantes dissertations sur la vie, l’univers et l’ennui, l’ennui putain…

Valerian preview - N'y allez pas c'est de la merde
Couille en plastique

On pourrait disserter des heures, sur le caca nerveux de Besson pour produire son film en France (dans ses studios, parce que fuck you, c’est chez moi et ça me rapporte du fric) et de sa bataille avec le CNC. C’est faux-cul, mais parfaitement louable, mais le film est une très mauvaise copie du savoir-faire américain en matière de cinéma dégueu et pop-corn.  197 millions dépensés dans un film qui a déjà pris un cou de vieux, aussi pauvre et peu distrayant, c’est pas désespérant parce qu’habituel, c’est juste profondément triste de voir l’histoire se répéter, encore et encore.

De voir un film d’un réalisateur passionné par une œuvre magistrale et fondatrice de la BD de science-fiction devenir un résultat si affligeant, si pauvre et peu inspirant, ça a quelque chose qui fait mal. Mais c’est sans doute aussi que sur ce point, il n’a a pas de vérité absolue quant à la vision forcément personnelle d’une œuvre.

Mais cet aspect adaptation mis à part, si l’on s’affranchit alors de la BD, le film perd encore plus de son intérêt pour n’être qu’une pâle tentative de recréer la magie qu’avait suscité le 5e Élément il y a 20 ans. Dommage.

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