Une famille en Herbe – Enfumage en règle

Genre : Road movie, Navet, comédie  Durée : 1h5. Note : 08/20

Réalisé par : Rawson Marshall Thurber Acteurs : Will Poulter, Jennifer Aniston, John Sudeikis

Pour rembourser son fournisseur, David Burke, un dealeur à la petite semaine doit se rendre au Mexique pour en ramener une quantité raisonnable de drogue. Pour se fondre dans un parfait anonymat, il se compose une famille en embarquant Kenny, le fils de la concierge, Rose une voisine strip-teaseuse et Casey une junkie un peu spéciale. Arrivés sur place, la quantité de drogue a légèrement augmenté et submerge totalement le gigantesque camping car loué par David pour l’occasion.

Alors voilà, la comédie américaine ça ressemble à ça aujourd’hui… On avait du Marie à Tout Prix, du Dumb & Dumber, Fous d’Irène, Tonnerre sous les Tropiques, Borat, Very Bad Trip ou Supergrave… De la comédie grave et graveleuse, à l’humour crétin totalement dégressif… Du portnawak gentiment abusé et des limites de bienséance foulées aux pieds par des réalisateurs qui n’en ont pas grand-chose à foutre… Et aujourd’hui, on se sert de bandes-annonces tape-à-l’oeil avec deux trois gags alléchants qui constituent immuablement les seuls morceaux savoureux dans un film dont on ne voudrait même de la jaquette du dvd pour se torcher le cul alors que la réserve mondiale de papier toilette serait arrivée à un épuisement total.

La formidable inullité (fusion d’inutilité et de nullité ndla) de We’re The Miller’s vient principalement de ce que les gags, les acteurs, les situations, les enjeux, les répliques ont tellement déjà, vues, digérées, démoulées et remaniées à la sauce de « je te prends un nouveau scénar en te changeant trois lignes pour te renouveler un peu un concept bancal comme un mutilé de guerre sans son pied-bot » que l’ensemble ressort avec une platitude soporifique et un manque d’originalité qu’il en filerai des boutons à un scénariste de téléréalité.

Pauvre en gags, mièvre en interprétation, sous joué et sous exploité le film est même franchement indigne de faire partie d’une vidéothèque. Il fera le bonheur, peut-être, de quelques âmes perdues sur une des chaînes de la TNT ou le vomi catastrophique de programmes dégénérés aura fait se diriger vers lui le pauvre hère qui aura eu le bonheur inspiré de ne pas le voir au ciné.

 Jamais incisif, jamais borderline, trop mimi tout plein et manquant cruellement de méchanceté gratuite et d’idiotie indécrottable, Une Famille en Herbe flotte péniblement sur la vague du road movie mexicain et du décalage culturel pour aller se perdre dans le désert du néant dans un vague histoire de Baron de la drogue joué par un Tomer Sysley aussi navrant et inutile que dans sa prestation Winchienne.

Décidément, la comédie Américaine s’émascule de plus en plus à grand coup d’autocensure ou de manque d’inspiration sur l’hôtel du politiquement correct pour ne pas froisser ni les minorités, ni les déficients mentaux, ni quiconque puisse être choqué par des propos outrageants de l’intelligentsia Américaine.  Il est temps un peu de chier dans la colle et d’oser une vraie bonne comédie trash et absolument débile. Quand c’est ce qu’on vend à son public, on ne lui pond pas une bouse pareille.

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