Transformers 4, Age Of Extinction – Deceptitrèstrèscons

Genre : Science-Fiction, aventure Durée : 2h46  Note : 04/20

Réalisé par :  Michael Bay  Acteurs : Mark Walhberg, Nicola Peltz, Jack Reynor, Stanley Tucci, Titus Welliver

Quatre ans ont passé depuis les évènements de « La Face cachée de La Lune ». Chassés de la terre par les humains, les Transformers ont disparu de sa surface. Tandis que des scientifiques tentent de construire leurs propres prototypes avec plus ou moins de succès, la découverte dans une ferme d’un camion qui se révèlera être Optimus Prime va déclencher toute une série d’évènements, dont le réveil des Dinobots, Transformers très violents ayant la capacité de se métamorphoser en dinosaures. Une fois de plus, entre Chicago, Hong-Kong, Monument Valley, Wulong et le Texas, la sécurité de la planète et surtout celle de la Chine et des USA va se trouver engagée.

Nouveaux lieux, nouveaux personnages, nouvelles vies, nouvelle franchise rajeunie, depuis que Michael Bay tient son Star Wars, sa franchise à millions, il ne compte pas la lâcher de sitôt, un nouvel épisode étant déjà programmé pour 2016. On se doute alors que l’originalité de l’ensemble frôle le zéro absolu et que ce n’est pas parce qu’on te colle des robots-dinos que ça va transcender des films dont la débilité abyssale des personnages n’a d’égale que l’abime insondable de connerie du scénario.

Certes, ce n’est pas avec des robots transformateurs que l’on va électriser la libido du spectateur en recherche d’histoire profonde de sens et de valeurs. Les dialogues, le pitch, aussi binaires que le cerveau de Frank Ribery laissent place à une déferlante d’action brouillonne, vomitive et à de nouveaux héros dont la progéniture projetterait la race humaine vers une sorte d’antidarwinisme, une évolution certaine vers le légume comateux.

Héros musculeux Walhbergien, jeunes héros façon Club Mickey pour rajeunir l’audience dont une pouffe blondasse de service dans le rôle de l’arrière-plan bruyant et agaçant, gros méchants très méchants, un gouvernement américain de salauds, placements produits ras-la-gueule et hallucinante (un distributeur de billets chinois au Texas et la gourde de service qui boit son soda chinois alors qu’elle est en danger de mort poursuivie par un robot psychopathe), on se noie dans une mer de clichés de 2h46 minutes qui, tout en se donnant des airs de TGV, avance aussi vite qu’une Micheline rouillée tombant en lambeaux de ferraille et fracas de tôles oxydées.

Le manque d’ambition et l’opportunisme total de Michael Bay en deviennent à la fois choquants et risibles dans sa volonté de raccrocher aux branches sa franchise la plus rentable. Le casting renouvelé, des robots nouveau genre et nouveau look, la destruction de Hong-Kong pour plaire au marché et aux financiers chinois et flatter dans le sens du poil son égo sinophile, militaire et patriotique, peinent à enthousiasmer le spectateur et à lui apporter cette goulée de fraicheur salvatrice qui ferait souffler un vent nouveau sur une franchise déjà asphyxiée par la navrante machinerie céphaléenne des deux derniers épisodes. Ce qui apparait clairement comme un reboot ne pousse pas un hurlement de T-Rex en rut mais bien un faible gémissement de gerbille grabataire à la libido en déclin.

Exit la comédie bien pourrave mais légère et primesautière des premiers épisodes dans lesquels les humains charriaient gentiment les Autobots et inversement. Exit, la surprise, la fraicheur et l’inventivité. Si la série n’a jamais brillé par la recherche poussée de situations originales nées de la rencontre entre des robots géants et des humains, Transformers 4, Age Of Extinction touche encore plus le fond dans la parlote inutile et les discours pompeux avec une caméra qui tourne autour et parfois des Stars & Stripes ou des Wǔxīng hóngqí flottant au vent.

On est même en dessous du déluge décérébré de destruction spontanée des décors urbains et ruraux. Comme si cet épisode essayait d’aller plus loin que les autres tout en se faisant en permanence distancer par ses soporifiques scènes d’action et ses dialogues qui parfois, faisant pire que les plus mauvaises répliques de Battleship, frôlent le niveau de Martine à la plage. Et ce ne sont pas les pauvres clins d’oeil à Jurrasic Park/2001 au début du film et à aux westerns de la grande époque dans Monument Valley qui vont emporter le morceau.

Résultat : un caléidoscope visuel et bordélique où chaque scène peine à se raccrocher à la suivante. Une flatulente cacophonie de score omniprésent et d’explosions permanentes donnant paradoxalement à peine la sensation d’être à la veille d’une extinction de masse. On se pose alors nous aussi franchement la question à propos de la race humaine américaine qui semble être le fruit des amours consanguins des plus dégénérés habitants de South Park  : « mais pourquoi est-ce que les autobots ne les laissent pas tous crever comme des merdes ? ». A leur place, franchement, ça serait réglé depuis un bail !

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