Transcendance – ça RAM

Genre : Fantastique Durée :  1h53  Note : 07/20

Réalisé par : Wally Pfister  Acteurs : Johnny Depp, Rebecca Hall, Paul Bettany

Dans le futur, des scientifiques mettent au point un superordinateur capable de raisonner de manière autonome. Une véritable intelligence artificielle à la frontière de la conscience qui est sauvagement décriée par des opposants terroristes et antitechnologies. Alors que le chef de file de ce groupe de scientifiques et assassiné sa femme et son meilleur ami uploadent sa conscience dans un ordinateur qui très vite se connecte à Internet. L’opération est un succès et les capacités de l’humain fusionnées avec celles de la machine font de vrais miracles. Une seule question se pose alors, qui de l’homme ou de la machine survivra dans la course au pouvoirs que confèrent une telle union ?

Dans le futur, à l’heure où l’humanité sera sur le point de s’éteindre dans un dernier sursaut apocalyptique,  l’historien du cinéma nous dira combien de bonnes idées de base auront été foulées aux pieds, digérées et vomies à l’écran, exploitées superficiellement pour ne garder à la surface que le centième de leur potentiel et de leur originalité. Prendre un pitch de base alléchant et le massacrer totalement pour n’en sortir qu’un banal film à peine digne de se hisser à la hauteur d’une série moyenne des années 90 semble être devenu un sport national hollywoodien.

Non pas que Transcendance brille à la base par son originalité – le pitch de l’intelligence de la machine gouvernant le monde est somme toute assez récurent dans l’univers SF pour ne pas sauter au plafond – mais la promesse d’une déviance névrotique et schizophrène, la naissance d’une intelligence mi-homme mi-machine, l’étude de l’âme seule survivante d’un corps de chair et transplantée au cœur de composants électroniques qui aurait pu constituer le cœur même du film est totalement gommée au bénéfice d’une banale bluette 3.0.

Les quelques divagations existentielles totalement survolées et surannées, les pénibles digressions médicales à l’éthique pas si discutable que ça, la menace omniprésente et omnipotente d’un Johnny Depp aussi menaçant qu’une poche à douilles achèvent de filer à Transcendance un aspect bâclé, expédié, comme si le seul scénario, suffisait à faire oublier la pauvreté des dialogues, la médiocrité des rebondissements et la prévisibilité de l’ensemble.

Transcendance manque d’ambition, de préparation, de finition et surtout d’écriture et de recherche. Il fait peine à voir pour Johnny Depp qui, tout excellent acteur qu’il soit, se fourvoie dans des films qui fleurent bon la TNT et le direct-to-DVD.

Exit les persos ambigus, exit le spectaculaire et le sordide, exit le borderline politiquement incorrect. D’un film qui aurait du être traité comme un Pi, Moon ou Requiem For A dream, Wally Pfister signe un film qui n’a rien compris à la SF expérimentale et dérangeante qui pose de vraies questions et ce ne sont pas les faibles scènes d’action qui rappellent plus l’Agence Tous Risques que Matrix qui rattrapent le tout surtout lorsque le twist final s’avère tellement téléphoné qu’on le pige dès les premières images du film. Dommage.

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