Trance – Random Access Memories

Genre : Action, Thriller, policier Durée : 1h35 Note : 13/20

Réalisé par :  Danny Boyle Acteurs : James McAvoy, Vincent Cassel, Rosario Dawson

Commissaire-priseur expert dans les œuvres d’art, Simon se fait le complice d’un gang de malfrats pour voler un tableau estimé à plusieurs millions de dollars. Mais le braquage tourne mal et Simon reçoit un violent coup sur la tête. À son réveil, il n’a plus aucun souvenir de l’endroit où il a caché le tableau et ni les menaces ni la torture n’y font quelque chose. Franck, le chef du gang, engage alors une spécialiste de l’hypnose pour tenter de faire recouvrir ses souvenirs à Simon.

En visionnant la Bande-annonce de Trance, je salivais. La bave écumant les lèvres et mes yeux larmoyants de plaisir devant des images léchées et l’espoir d’un sujet complexe dans son fond comme dans sa forme nourri par un maelstrom d’ambiguïtés scénaristiques et de faux semblants cérébraux. J’attendais le retour d’un Danny Boyle borderline, politiquement incorrect, un peu sale et un peu crasseux capable de jouer avec nos nerfs dans un thriller hypnotisant à la frontière du réel et du rêve lucide.

De Trance, le film, il n’en ressortira finalement qu’un long métrage très abouti visuellement, teinté de plans magnifiquement réalisés et superbement mis en lumière, mais qui peine à nous surprendre réellement malgré ses habiles coups de théâtre à réplétion.

Dès que la chasse aux souvenirs est lancée, on plonge pourtant, passionnés, dans l’intrigue qui se noue sous nos yeux. Témoins d’une histoire que dont on ne parvient pas à saisir les tenants et les aboutissants pour, à un moment, lâcher complètement l’affaire. Non que la mise en scène ne nous embrouille, elle est parfaitement claire, mais comme en réaction à l’accumulation de surprises et de rebondissements qui tuent dans l’œuf une histoire à tiroirs qui auraient mieux fait d’être mieux rangés pour gagner en limpidité et en simplicité.

Il y a pourtant, toujours, chez Danny, cette envie de surprendre et cette fraicheur dans le renouvellement de ses sujets. Omniprésente, cette violence étrange, clipesque et onirique qu’il transfuse dans ses films est à l’image de ses personnages, souvent complexes et torturés, marginaux et un peu furieux et c’est peut-être ce qui manque à Trance. Malgré de très belles interprétations, il y a comme un vide dans la nature même de tous les personnages. Fantomatiques silhouettes errants dans les couloirs de l’esprit, comme vidés par une quelconque suggestion hypnotique de leur substantifique moelle.

Le manichéisme qui, heureusement, ne transpire pas dans le scénario fait un véritable transfert sur les personnages qui eux, manquent cruellement d’épaisseur et de complexité. Le même défaut d’ailleurs qui faisait de « La plage » un film bluette plutôt moyen alors qu’il avait le potentiel d’un thriller psychologique hardcore à l’image d’un Fight Club sous le soleil Thaï.

Pas franchement mauvais, mais en rien surprenant, le film fait gentiment joujou avec l’esprit du téléspectateur peu regardant qui trouvera en lui un divertissement au-dessus de la moyenne. Et même s’il faut reconnaitre qu’il l’est un peu (au-dessus de la moyenne), il lui manque ce petit quelque chose d’inexplicable pour le faire décoller au rang de véritable hit incontournable. Cet esprit de folie, d’étrange, de dérangé, de maniaque qui sied si bien aux films sur les circonvolutions de l’esprit humain propre à se perdre lui-même dans les chemins tortueux de la mémoire. Quitte à faire un film vraiment à la hauteur de ce scénario, Danny Boyle aurait gagné à lui donner plus de liant, plus d’épaisseur, qui à larguer la moitié de la salle en plein milieu et à finir sur un twist bien dark. C’est un peu dommage.

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