The Revenant – I’ll be back

Crtique The Revenant Poster - N'y allez pas c'est de la merde - nyallezpascestdelamerde

Genre : Drame, Action, Catastrophe Durée :  2h36 Note : 15/20

Réalisé par : Alejandro González Iñárritu Acteurs :  Leonardo Di Caprio, Tom Hardy, Will Poulter, Domhnall Gleeson

Dans l’Amérique sauvage post Guerre Civile, dans l’ancien état de la Louisiane aujourd’hui Dakota du Nord et du Sud, un groupe de trappeurs dirigés par le capitaine et négociant en fourrures Andrew Henry subit de lourdes pertes lors d’une attaque indienne. Seule une poignée de survivants, accompagnée de coureur des bois Hugh Glass et de son fils, réussit à s’en sortir. Alors que les hommes font une pause, Glass est violemment attaqué par un ours et manque d’y laisser sa peau. Terriblement blessé, Glass est incapable de se déplacer. Décidé à ne pas l’abandonner, Henry le confie à Fitzgerald, un homme violent qui déteste Glass.

Leonardo aura-t-il son oscar ? C’est la question qui transpire autour du film d’Alejandro Gonzales Iñarritu depuis que fuitent des bruits sur le tournage en lumière naturelle, dans des conditions dantesques et de dîner au coin du feu sur des steaks de viande crue.

Les récompenses des Golden Globes et des Screen Actors Guild Awards passés par là pour Alejandro et Léo, il serait dommage de ne limiter The Revenant qu’à la seule performance de l’acteur, car le film va bien plus loin que son implacable implication indéniable, physique et intellectuelle dans son rôle de survivant enragé qui s’accroche à la vie comme l’agent artistique à son candidat de Ch’tit ou de Marseillais de téléréalité aussi bas de plafond que la niche miniature d’un corgi nain cul-de-jatte.

Crtique The Revenant 01 - N'y allez pas c'est de la merde - nyallezpascestdelamerde
Buvons la tasse en attendant que ça se tasse.

 

The Revenant c’est une histoire de nature, de respect et de communion avec la nature. De nature humaine et de nature à l’état pur telle qu’on l’entend avec les petits oiseaux, les castors, les perce-neige, ses moules marinières et ses prédateurs et éléments qui peuvent vous tuer sans le moindre remord avec la vitesse d’un guépard et la cruauté d’un chat domestique qui joue avec les reliquats de votre ficus adoré. Une nature à l’état sauvage (pas comme la marque de flotte), froide, hostile, belle, névrosée, enragée, virginale qui replace l’être humain à sa place de misérable étron lorsqu’elle décide de déchainer ses éléments contre lui. Il n’a alors qu’une solution, transcender sa nature profonde, son instinct de survie, ses capacités de récupération, puiser dans dernières forces non pas pour l’affronter, mais pour l’accepter comme telle et vivre, survivre avec elle.

The Revenant c’est cette peinture de la nature humaine dans ce qu’elle a de plus violent et ignoble, de plus vile au travers de certains personnages et dans ses plus grands accès de courage et dépassement pour d’autres. C’est en même temps un hymne à l’humilité face à des forces qui nous dépassent totalement, une invitation à respecter les frontières de la sphère d’intimité qu’elle trace autour d’elle et dans laquelle elle daigne parfois nous inviter.

The Revenant, c’est une ode à la puissance de la psyché humaine qui, quand elle s’accroche à quelque chose, trouve toujours les moyens de s’en sortir. Ce n’est pas seulement l’histoire de Hugh Glass, mais celle de la nature formidablement belle de la Colombie Britannique dans laquelle, au contraire de l’homme blanc et surtout du français, seul l’indien vit en harmonie.

N’y voyez pas une fable écolo-bobo, bonne conscience au discours pontifiant, pontifié nombrilisé et bouffant d’orgueil à la Steven Seagal dans Terrain Miné ou pire Jean Vincent Placé ou Daniel Cohn Bendit. Les messages écolos taillés au tractopelle, c’est pas le genre de la maison. Alejandro González Iñárritu préfère se la jouer Terrence Malick que John McTiernan.

THE REVENANT
Tom Hardy, le mec plutôt sympa avec qui il vaut mieux ne pas aller faire un pique-nique en pleine nature.

 

Quid de l’ensemble me direz vous ? Si l’on s’en tient à la seule intrigue elle-même, celle-ci est plutôt faible et un peu téléphonée. Les situations un peu aberrantes précédent des solutions scénaristiques un peu faciles et succèdent aux coups de chance du personnage principal beaucoup trop fréquents. On se surprend a penser souvent que les pérégrinations enneigées de Hugh Glass font de lui à la fois le mec le plus malchanceux et le plus veinard du monde. On est loin, dans la subtilité, d’un Tree Of Live, du Nouveau Monde ou de la Ligne Rouge mais si c’était des références du réalisateur, je doute qu’il ait voulu aller dans cette direction pour ses personnages. Là non plus, copier-coller, c’est pas trop son genre.

Car là où ces références se voient, c’est dans l’exécution propre. La façade que tout le monde avant que le gros connard trouble-fête que je suis ne l’écorne avec ses histoires scénario qui tiennent sur trois pattes. The Revenant possède une magnifique photo, des lumières naturelles parfois à couper le souffle et de somptueux paysages qui éclatent de toute leur beauté sur l’écran géant du cinéma. Il est truffé de performances d’acteurs très réussies, un Tom Hardy détestable, un Léo pénétré de son personnage, résolu à s’en mettre plein la gueule pour pas un rond, bouffant du foie du poisson ou du foie de bison cru alors que son feu crépite à moins d’un mètre (il y a plus de protéine dans un foie cru ok, mais dans un poisson…).

Mais, faisant fi (c’est une jolie expression) de ces ficelles de fil blanc, le résultat fait de The Revenant un film très agréable, très au-dessus du lot, plutôt bien mené et bien amené. Ce n’est peut-être pas un chef-d’œuvre, mais une très belle performance de cinéma, un moment très agréable à regarder qui, au contraire de Gravity, trouvera son intérêt autant en salle que sur l’écran de votre salon.

En Bonus : 45 Minutes de Making-of

Avis sur “The Revenant – I’ll be back

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *