The Raid – Don’t fuck with the police

Genre : Policier Durée : 1h41 Note : 16/20

Réalisé par :  Gareth Evan Acteurs : Iko Uwais, Yayan Ruhian

Dans les bas-fonds de Jakarta un immeuble nargue la police. Il abrite la chienlit de l’Indonésie, les pires tueurs et trafiquants de drogue y sont logés par le psychotique et très paranoïaque Tama Riyada, baron de la drogue, chef suprême du crime qui achète la police à coups de dollars et de roupies, sadique en puissance, névropathe qui règne sur ce domaine et compte sur ses « locataires » pour le défendre jusqu’à la mort. Pourtant, un jour, un commando d’élite décide de se débarrasser une bonne fois pour toutes de ce roi des emmerdeurs et prend d’assaut sa forteresse réputée inexpugnable pour un raid mémorable.

The Raid c’est avant tout un film sorti en 2011 en Indonésie qui a mis un temps fou à sortir sur les grands écrans, risquant même une sortie direct-to-dvd. Ce n’est que grâce au buzz et au choc provoqué par sa sortie au Festival International du Film de Toronto qui ont conduit les diffuseurs français a envisager sa sortie sur un support qu’il méritait vraiment. Quand on voit le résultat à l’écran, et qu’on ne sort pas directement en DVD des bouses effroyables comme le Transporteur III, Colombiana ou Taken il y a de quoi confirmer définitivement que c’est bien la superstar qui fait le film et qu’on peut alors, sans sourciller, torcher le scénario avec les fesses pour bien sodomiser le porte monnaie des spectateurs assez débiles pour aller voir ça.

Pourtant si ce genre de film ne pêchaient que par leurs scénarios, tout serait tellement simple… Car dire que The Raid possède un scénario incroyable serait mentir bien évidemment, on est là clairement dans une intrigue plutôt simple, en-dessous de celle d’un « Time and Tide » de Tsui Hark et dans une simple histoire d’infiltration, d’exfiltration. Un actionner brutal qui, parce qu’il sait qu’il ne noue pas une intrigue démentielle, préfère la distiller au sein de combats dantesques où révélations, alliances et faux-semblants apparaissent au grand jour.

Mais qu’est ce qui fait alors la véritable qualité de The Raid ? C’est simple, c’est l’extrême réalisme, la profonde brutalité et nervosité qui s’en dégage. Exit le héros poseur qui se la pète, exit le manichéisme et les relation profondément débiles, out les leçons de morales nauséeuses pour psychologie de CM2.

Mené tambour battant, sans aucune concession et totalement sous apnée du début à la fin, le film ne s’offre que quelques goulées d’air que pour nous plonger dans des moment oppressants où un ennemi enragé peut surgir, machette à la main, d’unes des centaines de portes qui composent le décor du lugubre édifice dans lequel se déroule le film et qui, mise en scène intelligente, nous permet de nous situer très habilement dans le building selon l’étage, la position et ainsi suivre la progression de l’équipe.

Véritable coup de génie qui lorgne du coté de « Time and Tide » justement que de poser les caméras dans ce décor apocalyptique et sordide d’où le salut comme la mort peut bondir à tout moment pour vous empoigner à la gorge. Provoquant une véritable psychose et une bonne dose de paranoïa. La proximité des murs, les meubles eux-mêmes, les ascenseurs, les fenêtres et les cages d’escaliers, les portes comme les planchers et les murs servent de supports pour écraser la tête d’un adversaire, s’échapper d’un étage à l’autre, briser le dos d’un ennemi ou lui faire dévaler 5 étages après être passé au travers d’une vitre.

Car au terme de fusillades furieuses mais très parcimonieuses (forcément, on arrive vite à court de munitions), le combat se règle aux poings et aux armes blanches. Gorges tranchées, cages thoraciques enfoncées, cuisses ouvertes à la machette, têtes qui éclatent en morceaux, nuques brisées le fameux Pencak-Silat pratiqué par des acteurs/cascadeurs nous surprend à plusieurs reprise par ses arabesques et ses conclusions quelquefois très violentes.

Cet art martial indonésien inspiré des attitudes animales comme l’est le Kung-Fu, utilisant l’énergie intérieure comme beaucoup d’arts martiaux, possédant une forme dansée comme la Capoeira mais aussi une connotation religieuse offre aux chorégraphies mêlées à d’autres influences martiales une virtuosité phénoménale et une clarté dans les combats encore renforcée par la mise en scène frisant le baroque et des chorégraphies d’une brutalité et d’une vitalité rarement vue, rarement égalée et terriblement inventive, flirtant même avec l’exagération mesurée du jeu-vidéo auquel il emprunte quelques codes.

The Raid, en même temps qu’il rend un vibrant hommage aux meilleurs film d’action policiers redéfinit complètement le genre et balance une énorme gifle à tout ce que l’on peut abhorrer dans les pop-corn movie à deux balles susnommées au début de cette critique. Le tout est accompagné par des musiques épiques électro rappelant certains films les plus noirs des années 70 et 80 comme ceux de Carpenter dans un score retravaillé pour la version export par Mike Shinoda (Linkin Park et Joseph Trapanese. L’original indonésien ayant été composé par Aria Prayogi et Fajar yuskemal et versant plus dans le rock horrifique.

Enfin, un final loin d’être un happy-end, la langue indonésienne à la fois familière et effrayante et des vraies belles bonnes sales gueules comme on en avait pas eu depuis longtemps achèvent de nous convaincre des grandes qualité de ce film. Gareth Evans se hisse aujourd’hui presque au niveau de ses glorieux modèles et on ne regrettera qu’une seule chose, que les studios américains  ne trouvent rien de mieux que de nous coller un remake dans les gencives. Inventivité quand tu nous tiens…

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