The Grandmaster – Il était une fois en Chine

Genre : Historique, Action, Arts-Martiaux, Drame, Amour Durée : 2h03 Note : 16/20

Réalisé par :  Wong Kar Wai Acteurs : Tony Lueng, Zhang Zihi, Chang Chen

Ip Man, maître légendaire de Wing Chun (un des divers styles de kung-fu) et futur mentor d’une immense star du Kung-fu mène une vie prospère à Foshan en 1936 où il partage son temps entre sa famille et les arts-martiaux. C’est à ce moment que le Grand maître Baosen, à la tête de l’Ordre des Arts Martiaux Chinois, cherche son successeur. L’histoire de rencontre et d’amours impossible mêlée à celle des arts martiaux chinois peut commencer.

Il n’y avait que Wong Kar-Wai pour raconter avec une telle maitrise cette fresque hypnotisante sur l’un des plus grands maîtres d’arts martiaux chinois. Véritable dieu vivant qui devient ici le chef d’orchestre d’une histoire que le dépasse. Un ode chorégraphiée, presque dansée, véritable déclaration d’amour à l’art du mouvement du placement et du déplacement que sont les arts martiaux.

Comme d’habitude dans les récits asiatiques, le drame côtoie souvent l’amour, la beauté ne peut prendre naissance sans la tragique. La trajectoire presque shakespearienne de l’histoire de ce Grandmaster, semble comme inarrêtable comme guidée par un souffle divin tragique, un rivière de la destinée sur laquelle chacun de protagonistes joue un rôle immuable transportant l’homme vers sa destinée. The Grandmaster est porté par ce souffle épique, cette beauté irréelle, cette ôde à la vie, cruelle et romantique, violente et douce, injuste et pourtant fruit d’une logique et d’un fatalisme inexplicable.

Véritable bijou esthétique, musical. WKW a fait de chacun de ses plans la portée parfaite pour que se pose en parfaite harmonie chaque note restituée par chaque acteur, chaque rayon de lumière, chaque note de musique, chaque mouvement et chaque regard, constituant une symphonie à couper le souffle dont ont ressort assommé, incapable de mesure sans un peu de recul ce que l’on vient de vivre.

Bien plus que l’histoire d’un maitre absolu et reconnu, c’est l’histoire de la chine et de ses traditions et de ses contradictions, de l’importance de la transmission du savoir et du vouloir. De la violence avec laquelle elles sont ancrées et font souffrir les êtres et les esprits pour façonner des caractères que l’on croirait trempés dans de l’acier. The Grandmaster est un film de beauté mais de grande souffrance, de frustration terrible qui remue les tripes et l’esprit mais nous fait partager une infime partie de la complexité de l’esprit asiatique et chinois en particulier, héritier de milliers d’histoires analogues qui ont construit leur immense pays avant que le parti communiste ne s’en occupe avec les dégâts que l’on connait. C’est un film sur un temps jadis que jamais la chine ne revivra, un film qui fait revivre le temps de ses deux heures, un temps perdu sauf dans les souvenirs enfouis au fond des  cœurs de ceux qui l’ont vécu.

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