The Grand Bupapest Hotel – Demi-pension

Genre : Action, Aventure, Comédie  Durée : 1h39 Note : 14/20

Réalisé par : Wes Anderson Acteurs : Ralph Fiennes, Tony Revolori, Saoroise Ronan, Mathieu Amalric, Adrien Brody, Willem Dafoe, Jeff Goldglum, Harvey Keitel, Jude Law, Bill Murray, Edward Norton, Jason Shwartzman, Tilda Swinton, Tom Wilkinson, Owen Wilson, Léa Seydoux, Paul Balaban

 

Dans l’entre-deux guerres, l’histoire de Gustave H concierge du très grand Budapest Hotel et de son groom et bras droit le plus fidèle : Zéro Mustapha. Quand Gustave, coureur de jupons fatigués (comprendre de vieilles rombières) hérite d’un tableau d’une valeur inestimable de l’une de ses clientes, ses héritiers ne l’entendent pas de cette oreille. Une course poursuite s’ensuit dans une Europe en pleine mutation.

Il est coutume de dire, d’une façon un peu précipitée à la sortie du dernier film d’un réalisateur  très talentueux comme Wes Anderson, que son dernier né constitue le parachèvement de son œuvre, son David ou sa Mona Lisa. Bref le couronnement de toute sa carrière, alors qu’il convient parfaitement de dire que c’est son meilleur film jusque-là. Ce qui est loin d’être le cas dans la filmo de Wes Anderson et certainement pas avec The Grand Budapest Hotel.

Non content de trouver la démarche assez impolie, c’est surtout bien vite oublier les précédents chefs-d’œuvre que le Texan le moins texan du monde a laissés derrière lui. The Grand Budapest Hotel est visuellement d’une richesse stupéfiante. Oscillant entre l’animation cartoon à la Mr Fox et le drame personnel, le grandiloquent et le terre-à-terre, le chic pétillant et la froide palette des gris militaires, le film est beau, très beau et comme à son habitude relativement inventif. Mais peut-être se repose t-il trop sur les habitudes et la patte Wes Anderson en oubliant de défricher de nouvelles directions à la fois par la truculence et le décalage du dialogue et en créant une galerie de personnages (beaucoup trop) qui auraient gagnés à être bien plus développés, chacun cachant un potentiel si important que l’on se retrouve frustré de la furtivité de son apparition. Loin de le considérer comme son chef-d’oeuvre, c’est au contraire, pour moi, son film le moins inventif, le moins étonnant et j’ose le plus expédié depuis Bottle Rocket.

Oui Wes Anderson est devenu « cool » et il n’est plus de bon ton de le critiquer, mais… je m’en fous ! Malgré toute l’admiration que j’ai pour ses films, sa manière de voir et de filmer ses histoires et son véritable génie créatif, il manque réellement quelque chose à The Grand Budapest Hotel, la sauce a moins sa saveur, moins de piquant, moins de vie.

Alors que, d’ordinaire, ses personnages ont un pied dans le rêve et un pied dans la réalité (entendre qu’ils vivent souvent dans une microdimension parallèle, dans leur monde quoi), l’ensemble du cast et des personnages n’a pas ce décalage étonnant, cette espèce de folie intérieure qui les marginalisent par rapport au reste du monde et nous les rend éminemment sympathiques.

Steve Zissou, Max Fischer, Royal Tennenbaum, Sam ou Jack Whitman tous avaient ce petit décalage avec le réel, cette folie douce. Beaucoup de ses personnages, Dmitri qui aurait fait un duo superbe avec Jopling, Kovacs, Serge X, la société des concierges. Tous ces personnages manquent de développement et de fait donnent au film un petit goût d’inachevé. Même le personnage féminin principal est en réserve alors que, tout masculin qu’il soit, le cinéma de Wes Anderson laisse toujours une grande place aux caractères féminins forts et un peu barrés.

Alors qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit. La sauce prend, le film est plein de passages très drôles, de dialogues savoureux et The Grand Budapest Hotel reste un très bon Wes Anderson qui fera découvrir avec plaisir l’univers du réalisateur à qui s’y plonge pour la première fois. C’est en ce sens peut-être son film le plus accessible, car peut-être le moins perché et étrange, mais aussi certainement le plus expédié et le moins subtil scénaristiquement parlant.

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