The Dictator – L’aladeen ne fait pas le génie

Genre : Comédie Durée : 1h24 Note : 07/20

Réalisé par :  Larry Charles  Acteurs : Sacha Baron Cohen, Anna Faris

Le général Aladeen dictateur radical et sadique, détesté par la planète entière, adorateur de Kim-Jong Il, se rend à un sommet de l’ONU pour défendre son pays des attaques des nations du monde entier sur son pétrole dont il refuse de leur céder l’exploitation. Malheureusement pour lui, il se fait enlever par l’un des pontes de la CIA et, parvenant à s’échapper de ses griffes se retrouve seul dans les rues de New-York, totalement glabre où personne ne le reconnait. Il fait alors la connaissance d’une jeune et jolie pacifiste iconologiste tenant un magasin de produits bio qui va changer toute sa vie.

Beaucoup connaissent Sacha Baron Cohen pour ses personnages excentriques, provocateurs, catalyseurs des pires travers de la race humaine qu’il incarne un chanteur de rap égocentrique et totalement abruti, un présentateur de télé pakistanais gaffeur, maladroit, zoophile fasciné par les USA ou ce personnage de dictateur infatué qu’est  le général Aladeen. Malheureusement, que l’on aime ou pas l’humour de Sacha Baron Cohen et son goût pour la provocation et subversivité, il faut reconnaitre que The Dictator est très en-dessous de ce qu’il a pu nous offrir jusqu’à aujourd’hui.

Borat, pour ne prendre que lui, visait assez juste tant dans son ton que dans sa mise en scène en faisant du personnage une sorte de Michael Moore du Pakistan à la dissection de l’Amérique profonde. A la frontière du film et du docu réalité, le film ne prenait absolument aucun gant et au travers de son personnage bourré de travers, il taclait les beaufs, les beaux, des nantis, les riches, les gitans, les attardés, les pratiques sexuelles les plus diverses et, en adorateur de George Bush, il dinait chez des créationnistes dans un dîner totalement surréaliste.

Aussi couillu qu’une vieille prostituée accueillant dans un anniversaire joyeux son 234 000ème client, le film qui aurait pu violenter avec beaucoup de pertinence les actes odieux des dictateurs les plus névropathes de la planète, faisant écho aux sanglantes révolutions arabes, son dictateur n’égale en rien le charisme mégalomaniaque autocentré d’un dictateur Nord-Coréen ni la cruauté et la paranoïa d’un Lybien ou d’un irakien célèbre qu’il entendait, à priori, parodier.

Car, en effet, ce qui fait un dictateur est certainement au-delà de la caricature qu’en fait SBC. Certes, il dépeint avec une certaine justesse, cette vision mégalomaniaque qui le place au centre de l’univers, attirant à lui tous les regards internationaux et toutes les haines possibles. Mais il lui manque ce panache de folie, ce charisme gigantesque, cet « icônisation » qui monte forcément à la tête qui en fait un être mégalomaniaque mais surtout totalement paranoïaque, voyant le mal partout et surtout persuadé de l’omniprésence de tentatives visant à lui nuire partout sur la planète. Une bonne raison pour verrouiller son pays, ses médias comme ses frontières pour mieux contrôler son entourage.

Chose qui aurait pu être formidablement caricaturé dans The Dictator si le film n’était pas parti dans un séjour à New-York insipide, amusant par bribes beaucoup trop rares et qui retombent presque aussi vite qu’elles ne sont apparues dans un film décousu d’un fil rouge aussi épais que les varices de Valérie Damidot qui twiste dans un final chiant comme un épisode de Twilight, faisant s’effondrer comme un château de cartes manipulé par un manchot la très maigre épaisseur du personnage composé par l’acteur réalisateur.

Là où l’on attendait un film totalement déjanté, spontané, catapultant avec intelligence un individu totalement anachronique, assisté au possible, cruel vil, sexopathe et vénal, au milieu d’une des plus grandes villes du monde et se heurtant à l’incompréhension totale des gens qu’il rencontre à grand coups de grosses caricatures américaines, on se retrouve avec une bluette prévisible et soporifique, sans aucune surprise même si avec ses quelques bons moments.

Manquant totalement de cynisme et d’épaisseur malgré ses blagues plutôt grasses, le film montre un personnage retournant sa veste, son mode de pensée et sa vision de l’être humain ancré profondément en lui depuis l’enfance à une vitesse effrayante comme si l’Amérique agissait sur lui comme un sérum de bonté.

Un véritable dénouement façon la vie à cinq, Quoi de neuf Docteur ou La fête à la maison, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil qui montre bien que SBC s’essouffle de plus en plus et que ce que l’on admet de montrable au cinéma ne fait que s’aseptiser avec les années.  Un film a ne voir qu’en DVD en location ou lors d’un passage TV.

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