The Descendants – Paradis perdu

Genre : Comédie dramatique Durée : 1h40  Note :  13/20

Réalisé par :  Alexander Payne Avec : George Clooney, Shailene Woodley, Amara Miller


A Hawaii, Matt king est un avocat lointain descendant d’une famille royale de l’archipel. Alors qu’il doit négocier la vente de la dernière terre appartenant à sa famille, sa femme est victime d’un accident de hors bord et se retrouve dans le coma. En se rapprochant de ses deux filles dans ce moment difficile, il découvre pour couronner le tout que son épouse avait une liaison. Partant à la recherche de cet amant dont il ne soupçonnait même pas l’existence, il va, de rencontres amusantes ou touchantes, se remettre dans les traces de ses origines et tenter de reconstruire sa vie de famille.

Road movie insulaire, ce joli petit film qui repose sur les épaules de George Clooney nous transporte sur les îles majestueuses de l’archipel Hawaiien. Et force est de constater, comme le souligne la phrase d’introduction du film, que ce n’est pas parce que l’on vit au soleil que le malheur n’est pas là pour assombrir le tableau.

Drame familial qui raconte et dit avec une déconcertante légèreté des choses lourdes de sens et d’une étonnante efficacité. Loin de se contenter d’être une simple comédie dramatique le film met sa narration au service d’une histoire qui prend de l’épaisseur à mesure que l’intrigue se distille. Et sous la carapace ébréchée d’un George Clooney un peu perdu, se profile le portrait d’un père de famille perdu, démuni même face à ce qui lui tombe dessus. Un père somme toute très banal comme il en existe tant d’autres qui voient un jour qu’ils se sont éloignés lentement de ce qui est pourtant essentiel pour lui, sa famille.

Car oui, bien plus qu’un film sur un mari trompé, The Descendants est un film sur l’homme d’aujourd’hui et surtout un film sur la famille et l’importance de toujours conserver un dialogue, une proximité, pour affronter les coups durs comme pour profiter des bons moments de la vie. Le personnage tragi-comique de Clooney est symptomatique de ces personnages perdus que l’on rencontre dans la vie. Qui semblent simples mais pourtant cachent une infinie complexité et une histoire personnelle dure à porter.

D’apparence très simple à la première vision, le film prend rapidement de l’ampleur de par le symbolisme fort qu’il renvoie. L’importance des racines et de la famille, la futilité du profit, la fragilité de la vie, le fatalisme comme l’opiniâtreté ne sont quelques uns des termes traités en sous texte dans les dialogues des très talentueux interprètes de The Descendants. Entre la rude fragilité d’un père avec Robert Forster, l’insouciante bêtise du personnage de Sid, la fougueuse insolence de Shailene Woodley, le petit grain de folie de Amara Miller, ce sont tout autant de personnages que l’on peut avoir dans sa propre famille qui font echo aux évènements que chacun d’entre nous a pu vivre.

The Descendants est un film plein de contrastes, bourré de dialogues incisifs qui se laisse très agréablement regarder et ne cherche pas à nous submerger de moments dramatiques en forçant le trait. Une étonnante simplicité qui peut laisser une impression de banalité mais cache finalement une profondeur et une humanité comme il est rare d’en voir au cinéma.

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