The Dark Knight Rises – There will never be another Batman

Genre : Action/Drame Durée : 2h43 Note : 17/20

Réalisé par :  Christopher Nolan  Acteurs : Christian Bale, Marion Cotillard, Michael Cane, Anne Hattaway, Morgan Freeman, Joseph Gordon-Levitt, Cilian Murphy, Gary Oldman, Tom Hardy

 

8 ans ont passé depuis l’affrontement du Batman et du Joker. Le vrai-faux héros de Gotham City s’en était allé, s’accusant du meurtre de Harvey Dent, le bienfaiteur de la ville devenu double-face dans un accès de démence, mais, ayant laissé derrière lui un amendement qui permet à la ville de connaitre aujourd’hui son taux de criminalité le plus bas jamais atteint. Répudié, vivant reclus, oublié de tous Bruce Wayne/Batman s’étiole totalement, se vide même de sa force, ne parvenant pas à oublier la mort de celle qu’il aimait. Pourtant lorsque surgissent une mystérieuse voleuse aussi agile que féline et un tueur psychopathe du nom de Bane, le héros doit rechausser ses ailes et ses gadgets pour défendre la ville qui l’a tant conspué.

 

Immense, grandiloquent, épique, dramatique, shakespearien même et donc profondément sombre et torturé, jamais Batman n’avait été dépeint empreint d’humanité, rarement la psyché d’un héros n’avait été autant autopsiée, plongeant dans les tréfonds de sa personnalité, rarement un héros réputé indestructible n’avait autant été malmené comme pour souligner à la fois la folie de son entreprise et l’introspection qu’il se livre en permanence pour la mener à terme. Jamais un film n’avait autant ridiculisé le Catwoman de Pitof et les navrants opus de Joel Shumacher (vous me direz, c’est pas très dur). Jamais un film de super-héros n’avait aussi peu ressemblé à un film de super-héros.

Christopher Nolan peut se targuer d’avoir construit l’une des plus formidables trilogies de super-héros. En allant au-delà de toutes les conventions et de tous les clichés, il transcende l’identité même du héros pour aller chercher ce qui le compose et l’anime pour mieux faire exploser la vérité de son combat. Pour que l’on vibre mieux à ses cotés sans être atteint de cette passivité avec laquelle on regarde quelquefois un films de ce genre comme une vache regarde passer un TGV, presque blasé des effets spéciaux à la sauce Michael Bay « c’est-moi-que-j’ai la-plus-grosse ».

Car, au-delà, de la simple noirceur de la saga, au-delà des scènes de bravoure et d’action terrifiantes de réalisme, ce qui fait la force de cette trilogie c’est la dualité qui oppose le héros qui n’est pas si éloignée de la démence aveugle qui anime son ennemi. C’est le discours cru et sans concessions, ni violons, ni patriotisme qui intime le spectateur de se sortir les doigts tout en brossant le portrait d’une société chaotique en effondrement permanent qui tente de se reconstruire maladroitement sur des fondations à l’équilibre précaire.

C’est la projection de la folie de notre propre monde à l’écran avec toute la folie qui anime les plus extrémistes. C’est la multiplication et l’imbrication des intrigues parallèles de chacun des films qui donnent à l’ensemble une consistance savoureuse et aux personnages secondaires une épaisseur rarement égalée. Ces derniers, seules lueurs d’humanité, au milieu du duel des deux icônes que sont le Batman et son ennemi, sont aussi travaillés que les personnages principaux.

Chacun possède sa propre personnalité et peut exister indépendamment tant la perfection de l’écriture de leurs caractères est magistralement construite tout au long du film. Un ensemble de points communs qui suit les trois films et résonne encore à nos yeux après être sorti de la salle de cinéma. On regrettera juste une Marion Cotillard inepte qui cache bien mal son jeu face à une ensemble de personnages aux motivations plus obscures.

The Dark Knight Rises, ultime chapitre de cette vision apocalyptique d’un monde et d’un héros désacralisés, boucle la boucle avec une incroyable maestria. Faisant échos à l’actualité de crise économique et de terrorisme. Rassemblant dans un même épisode l’ensemble des personnages des précédents opus pour donner à ce dernier épisode une vertigineuse mise en abime et une brillante conclusion doublée une fin ouverte à peine voilée, mais très intelligemment amenée. Et si l’on peut reprocher un certain « classicisme » dans sa manière de filmer, la lumière, les choix de mise en scène, les arcs narratifs et la construction de l’intrigue et des personnages de The Dark Knight Rises sont simplement formidables.

2h44 qui passent comme un souffle alors que certains films d’1h30 semblent durer des jours, l’impression de trompe pas.

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