The Big Short – Big Bang Bank

Crtique The Big Short Poster - N'y allez pas c'est de la merde - nyallezpascestdelamerde

Genre : Western Durée :  2h11 Note : 14/20

Réalisé par : Adam McKey Acteurs :  Christian Bale, Steve Carell, Brad Pitt, Ryan Gosling

1987, un banquier, Dextrel Burnham Lambert, invente le CDO, une sorte de super prêt bancaire basé sur un ensemble de rachat de crédits et de créances qui permis à plusieurs millions d’Américains de pouvoir financer leurs études, acheter une maison, une voiture… tout en remboursant les banques et donc leurs investisseurs. Mais en 2005, un peu plus de deux ans avant le fameuse crise des « subprimes », le Docteur Michael Burry est le premier à sentir venir l’éclatement de la bulle immobilière, principale pourvoyeuse de fonds des CDO. Il va créer le CDS une sorte d’assurance contre le défaut de paiement du CDO pour tenter de siphonner les banques lorsque celles-ci ne pourrons plus rembourser leurs créances auprès des investisseurs.

Après le tout récent Loup de Wall Street, Margin Call, le plus ancien Wall Street (pas le second qui était une merde effroyable) et de façon assez lointaine American Psycho, le fantasmatique monde de la finance est à nouveau porté au cinéma pour nous montrer l’envers du décor. Pas au travers de la réussite fulgurante d’un golden boy flamboyant et de sa vie dissolue, mais en auscultant les mécanismes astucieux grâce auxquels les investisseurs s’enrichissent, les banques se gavent, les particuliers deviennent propriétaires, mais s’endettent. C’est ainsi que va le monde.

The Big Short (de l’action shorter = parier contre), est l’habile synthèse d’un film documentaire et d’un thriller distrayant. Une plongée un peu cynique dans le monde de la finance qui décortique avec pas mal d’intelligence et de clarté les indices et les manœuvres clé qui ont conduit à la crise financière de 2008. Celle qui précipita dans le dénuement le plus total nombre de foyers américains. Qu’ils aient été épargnants ou simplement des employés des entreprises qui avaient mis des billes dans ces produits immobiliers toxiques qu’ils pensaient vaccinés contre un tel évènement.

Adam McKey, pourtant habitué aux comédies pour gros bourrins pété à la Budweiser en s’enfilant un paquet de Lucky Charms au milieu de plat de Nachos arrosé de beurre de cacahuètes et de Coca Cola, change radicalement de registre et propose ici un film amusant, intelligent, très bien structuré, s’inspirant des codes narratifs « Scorcesiens » en éclatant le troisième mur et en multipliant les parenthèses explicatives, ellipses narratives et digressions comiques pour rythmer son récit sans tomber dans l’explication de texte ni le docufiction.

Crtique The Big Short 02 - N'y allez pas c'est de la merde - nyallezpascestdelamerde
Pour une fois qu’une belle brochette d’acteurs n’a pas un goût de surgelé

Il s’adjoint les services de, excusez du peu : Steve Carell qui décidément, adore les rôles de dépressifs psychotiques et s’en sort formidablement bien, Brad Pitt en expert financier paranoïaque persuadé d’être pisté par la CIA, Ryan Gosling en banquier frisé tentant de fourguer des CDS à la pelle et Christian Bale dans le rôle de Michael Burry, génie absolu de la finance, astrologue affuté des circonvolutions des tendances du marché, mais introverti complexé total qui le premier a vu venir l’explosion irrémédiable de la bulle immobilière et de fait, la ruine totale d’une partie de l’économie américaine.

Chacun est absolument formidable, superbement dirigé, Christian Bale en tête, pénétré, qui signe une des compostions les plus saisissantes de sa carrière en trader en t-shirt miteux, bourré de mimiques et de tocs, névrosé de Darkest Hour, Pantera ou Metallica qu’il écoute ou vocifère pour mieux se concentrer. Il est, avec Steve Carell, le bijou des acteurs de The Big Short.

Crtique The Big Short 01 - N'y allez pas c'est de la merde - nyallezpascestdelamerde
A regarder en écoutant : http://www.youtube.com/watch?v=isYmSQks5Z4

Rapidement, les pièces de l’échiquier se mettent en place pour l’apocalypse finale et c’est au travers de la corruption aveugle des sociétés de notation, de l’omerta des médias spécialisés et de la folie vénale des banques que l’on assiste lentement à l’effondrement total de la vie de millions de personnes. Une chute qui, selon les dire du même Michael Burry, risque de recommencer dans bien peu de temps.

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