The Artist – Back to the past

Genre : Comédie dramatique Durée : 1h40  Note :  11/20

Réalisé par :  Michel Hazanavicius Avec : Jean Dujardin, Bérénice Bejot, John Goodman, James Cromwell

Un artiste du cinéma muet tombe amoureux d’une graine de star hollywoodienne peu à peu cette dernière va surfer sur la vague du cinéma parlant et des premiers films sonorisés tandis que notre star du muet, persuadé que le son n’est qu’une passade, va se retrouver has-been et très vite au bout du rouleau.

On en aura entendu parler de The Artist, je tiens d’ailleurs à féliciter son réalisateur pour l’énorme prise de risque en cette période de blockbusters dégueulant des pop-corns à tout va et au milieu d’un cinéma français qui manie le Xanax et le Temesta à toute blinde pour nous fournir sa fournée de films dépressifs à base de problème de santé, de conditions de vie difficile et d’histoires d’amour impossibles, torturées sordides même quelquefois.

C’est dire si la bluette mignonne et enlevée et l’humour moribond des années 30 teintée de l’espièglerie d’un Jean-Clark-Gable-Dujardin apporte son vent de fraîcheur chaud et californien au milieu de la noirceur dépressive et balourde des films soporifiquement éteints tentant de traiter le mal par le mal en nous faisant faire un pas de plus au bord de la falaise de la dépression. Pour ce point rien à dire, il se dégage un bonne humeur et une jovialité de The Artist qui détonne totalement avec la nullité extraordinaire des comédies françaises habituelles comme les Camping et autres Bienvenue à Bord.

Pourtant, sorti de Dujardin qui fait ce qu’il sait faire et ne surprends pas vraiment et la très belle prestation de Bérénice Bejot, il n’émerge du film que le plaisir de percer quelques hommages diffus au 7ème art hollywoodien car le reste du film y compris l’histoire racontée reste d’une consternante banalité et d’un incroyable ennui.

Dès le début, on sait ce qu’il va se passer, dès le début on sait comment ça va finir et les fils blancs et solides de la monotonie tissés par Michel Hazanavicius finissent par tirer les rideaux de nos paupières pour nous plonger dans une semi léthargie contemplative où j’agite un petit chien qui vole au secours de son maître et tente de redresser la barre d’un film qui nous endort totalement.

Ainsi, même s’il bien monté, même s’il parle dans ses références au cinéphile que je suis, même si l’éternelle critique cent fois vue dans le cinéma américain de l’icone indétrônable écrasée par le succès d’une révolution qu’il renie par excès de mégalomanie et de fierté critique bien notre monde où la seule finalité d’être célèbre suscite des vocations et même si rend hommage à la gigantesque paire de testicules que possède Michel Hazanavicius pour avoir tenté le pari de The Artist et au talent des acteurs, je me suis profondément ennuyé devant.

C’est donc sans vouloir aucunement vexer Michel Hazanavicius que je trouve plutôt talentueux et doté d’une vraie âme d’artiste que je pense sincèrement que ses 10 nominations aux oscars viennent certes de son talent et de celui de son casting mais surtout du vibrant hommage que son film rend à une petite partie du monde qui s’appelait Hollywoodland et qui a changé à jamais la manière dont on fait des films dans le monde. Un hommage qui flatte nos amis d’outre atlantique dans leur égo et leur fait enfin entrevoir un reflet cinématographique de leur cinéma sur le vieux continent depuis que Spielberg s’inspirait de la nouvelle vague française.

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