The Amazing Spider-man – Chronique d’une toile moisie

Genre : Action Durée : 2h17 Note : 06/20

Réalisé par :  Marc Webb  Acteurs : Andrew Garfield, Rhys Ifans, Emma Stone

 

Après avoir été confié à son oncle et sa tante par ses parents, Peter Parker aura vécu toute sa vie élevé par eux. Vivant la vie de tous les ados avec ses amours et ses emmerdes, il découvre un jour une mallette qui contient nombre d’indices sur le parcours de son père. Une mallette qui va le conduire sur les traces de Curt Connors et la société Oscorp. Une rencontre qui va changer nombre de choses dans sa vie.

 

Bourne, Spiderman, Batman, Judge Dredd, Total Recall, Fantastic Four… Les reboots sont devenus une telle obsession à Hollywood qu’on se demande de plus en plus si scénaristes savent ouvrir un bouquin, les réalisateurs lire une histoire et si les studios ont une paire de couilles suffisantes pour oser faire autre chose que des remakes navrants et des suites à répétition qui se targuent de t’en balancer le plus dans la tronche à grands coups de 3D qui tâche le gobelet à pop-corn quand on vomit dedans.

Forcément, ce constat à l’esprit, la première réflexion que l’on se fait lorsque l’on voit l’affiche de The Amazing Spider-man c’est pourquoi ? Pourquoi attendre si peu de temps pour nous offrir une nouvelle fournée du héros le plus collant de l’histoire des super-héros ? Collant prenant ici un double sens dont vous apprécierez la subtilité. Pourquoi, après la belle, bien écrite et réussie trilogie de Sam Rami avec les très justes Tobey Maguire et l’absente, mais très sexy Kirsten Dunst, pourquoi redonner un nouveau visage à Spider-man et surtout celui du très, du vraiment très mauvais acteur qu’est Andrew Garfield ?

J’arrête tout de suite ceux qui vont me dire qu’on ne saurait comparer les deux trilogies. Que l’une menée par Raimi s’est appropriée le personnage pour lui donner une orientation plus étonnante, plus humaine, plus introspective pour résumer plus intelligente tandis que l’autre s’appuie lourdement sur les comics originaux pour faire un Peter Parker plus fidèle au personnage originel (forcément).

Je leur répond immédiatement que la comparaison est inévitable lorsque l’on a la prétention de passer après le talentueux réalisateur d’Evil Dead et d’Un Plan Simple et surtout lorsque cette réalisation passe un peu moins de 5 ans après sa trilogie qui a amené le film de super-héros au-delà des poncifs décérébrés auxquels nous avons été habitués.

Se fendant d’une première heure absolument copiée collée presque plan sur plan sur le film de Raimi, au point que l’on s’attendait à entendre la fameuse phrase « Avec de grands pouvoirs, viennent de grandes responsabilités« , Webb introduit un Peter Parker beau-gosse, gentiment malmené par la grosse brut du lycée et rêve doucement devant Gwen Stacy sa première chérie pas moche en soi, mais qui dans ce film en tout cas, se révèle aussi charismatique qu’un flan au caramel au rabais. Un vrai petit branleur qui mériterait d’en prendre une pour aller méditer dans sa chambre,  qui semble se foutre royalement de la mort de ses parents, traite ses grands-parents comme de la merde en boite et se croit tout permis où qu’il aille.

Charismatique comme une jante de camion et jouant la comédie aussi bien qu’un mutilé de guerre danse le french cancan, Andrew Garfield fait exploser le personnage de Spiderman/Peter Parker dans un nuage de médiocrité tel que l’on est en droit de se demander s’il croit une seconde à son personnage où s’il est là pour jouer les beaux gosses afin d’assurer, sa ration de groupies en folie ayant autant le feu au cul que certaines maisons corses bordant le maquis en plein été caniculaire. Certes, ce dernier n’est pas aidé par une présentation du personnage désastreuse, chaotique et bourrée d’invraisemblances, mais on a quand même constamment la désagréable impression qu’il se demande ce qu’il fout là..

Et que dire alors de sa Nemesis pourtant campée par le formidable Rhys Ifans ? (le déjanté colocataire de Hugh Grant dans Coup de foudre à Notting Hill et l’homme singe hallucinant du très barré Human Nature) L’ennemi de l’homme-araignée, un magnifique reptile monstrueusement pixélisé, absolument raté dans sa modélisation comme dans son animation aux aspirations nébuleuses manque d’épaisseur, d’intelligence, de construction, de motivations crédibles sinon de petits caprices ridicules à peine dignes d’un ado prépubère à qui on a confisqué ses Div-x.

Là où Sam Raimi construisait un film sur plusieurs niveaux, frôlant la série B et le film indépendant, cet Amazing Spiderman joue la carte du scénario zéro, de l’intrigue navrante et casse-gueule, des rebondissements foireux, des erreurs de raccords à la pelle et de la fin bâclée et à se pisser dessus de rire.

Le film vide le personnage principal de sa substantifique moelle, il dilue l’ensemble dans des monceaux de politiquement correct, ne demande aucun effort au spectateur sinon d’ingurgiter son pop-corn ras là gueule en se pétant les rétines devant des scènes d’action décousues, aussi brouillon que certains plans de Transformers et des effets spéciaux qui semblent avoir vieillis de 5 ou 7 ans. Mais ce qui fait surtout la pauvreté absolu de ce nouvel opus, c’est certainement sa cohabitation avec le Batman de Christopher Nolan, pour avoir vu ce dernier avant The Amazing Spiderman, la comparaison est mortelle pour l’homme araignée, achevant l’humano-arachnide dans ses serres acérées.

Avec un nom prédestiné pour tisser la toile d’un grand Spider-man, Marc Webb pourtant réalisateur du très bon 500 jours ensemble se contente de déféquer un copié-collé de son glorieux ainé en s’appuyant certes plus sur la bande dessinée, mais en transformant son héros en adolescent métrosexuel dépourvu de couilles, de sentiments et d’expression qui achève d’appauvrir un film digne des mêmes qualificatifs.

Un héros creux au milieu d’un film aussi creux que le crâne du cœur de cible de Secret Story.  The Amazing Spiderman n’est pas un film, c’est un téléfilm, un pilote de série TV à gros budget, une montagne de plans ridicules, une écriture désastreuse à la fois des personnages et de l’intrigue. Une bouillie infâme dénuée de souffle épique et trop propre sur elle qui finit par profondément emmerder le spectateur de la première à la dernière seconde. Un film qui aurait du troquer son Amazing par un Fuckin’ Boring.

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