Ted – Teddy bière allégée

Genre : Comédie Durée : 1h47 Note : 11/20

Réalisé par :  Seth MacFarlane  Acteurs : Seth MacFarlane, Mark Wahlberg, Mila Kunis

A 8 ans, Le petit John Bennett est difficilement accepté par les amis du quartier. Quand ses parents lui offrent un magnifique ours en peluche pour Noël, il souhaite qu’il devienne vivant et reste son meilleur ami pour toute sa vie. Magie d’une nuit magique, l’ours prend vie et 30 ans plus tard, alors que John est en couple avec la sublime Lorie, Ted est toujours à ses côtés. Seul petit changement, s’il n’a pas changé d’apparence, Ted est resté un éternel gamin qui fume de l’herbe, boit des bières, regarde la télévision toute la journée. Une attitude qui convient parfaitement à John, mais qui déplait à Lorie qui souhaite voir grandir un peu celui qu’elle aime. John va alors devoir faire un choix.

Ted, c’était un projet enthousiasmant, mené par un maitre de l’humour américain d’aujourd’hui : Seth Mc Farlane. Mc Farlane, pour ceux qui l’ignorent, est le createu des Griffin et d’American Dad entre autres. Deux séries animées qui cartonnent de part leur ton décalé, absurde et irrévérencieux qui ne va pas aussi loin dans le trash que South Park mais se permet de sacrés morceaux de bravoure dans sa critique acerbe du patriotisme à outrance dans l’une et de la classe moyenne américaine et son sacrosaint politiquement correct dans l’autre. Une sorte de marié deux enfants réactualisé.

La particularité de Mc Farlane est de bourrer ses séries de références à la pop culture mondiale et de se payer régulièrement des célébrités verbalement certes, mais parfois gratuitement. Un autre trait proche de South Park qui eux sont parfois un peu plus violents. Il aime également les personnages assez « entiers » comme Roger, l’extraterrestre d’American Dad, sociopathe, un brin schizophrène, accroc au déguisements, à la boisson, aux drogues dures, trisexuel, efféminé, susceptible, violent et a grande tendance dépressive qui plonge régulièrement sa famille terrienne dans des situations inextricables.

C’est dire qu’avec un curriculum d’écriture de personnages pareil, on attendait de Ted un personnage haut en couleur, ne prenant pas de gants avec quiconque, distillant avec intelligence un venin acide sur un moment important de la vie d’un homme : celui où il largue les amarres de sa vie sans attaches de bringue et de potes pour se mettre en couple et fonder une famille. En ce sens, l’ourson pas si transgressif qu’est Ted est le symbole parfait du wingman sympathique, du sidekick délirant que tout le monde aime avoir à ses côtés.

Seulement, voilà, à promesse importance, déception importante, Ted n’est pas le nounours trash, le Chucky en peluche, le petit grain de sable qui fait grincer des dents. Il se contente d’être le pote un peu boulet qui glandouille à la maison, l’ami qui n’a pas vraiment grandi, le trentenaire des années 2010, élevé par les jeux vidéos et les séries télé un peu gaffeur sur les bords. Cette sorte de voix intérieure, de moi profond qui vous tire vers l’enfance alors qu’une autre vous tire vers l’âge adulte. Un symbolisme un peu grossier certes, mais on n’st pas là pour verser dans la séance de psy.

Jamais il ne verse dans le transgressif ou l’explosion du système établi et du bien-pensant, jamais il ne va vraiment loin même lorsqu’il se tape à outrance une pouffe surmaquillée sur les bacs à légume de la supérette où il travaille. Pire il se paye même le luxe de donner des leçons de vie et de morale à John comme dans le pire des épisodes de 7 à la maison. On n’attendait pas de Ted un déluge de mauvais goût et une logorrhée verbale versant dans les insultes et les gros mots (ça, c’est plutôt le genre de South Park), mais on s’attendait, à je ne sais pas, plus imagé, plus violent, plus nerveux. Si bien que finalement, ce sont les slides de conclusion du film qui sont presque le meilleur moment du film tant certains sont inattendus et bien trouvés.

Enfin, Mark Walhberg dans son rôle de gentil paumé et la très sous exploitée, mais délicieusement appétissante Mila Kunis achèvent alors, par le manque d’intérêt de leur histoire d’amour dont on connait déjà la conclusion au lever du générique d’ouverture, de transformer cette histoire qui partait d’une idée splendide en gentille comédie américaine pas bien méchante ni très originale.

Le passage de l’animation à la real life n’est jamais aisé ! Il y a quand même quelques bonnes idées qui font passer un bon moment devant Ted mais les amateurs d’American Dad et des Griffin ne retrouveront certainement pas l’énergie destructrice de leurs séries animées culte. Ted est loin d’être une bouse sans nom, mais aussi loin d’être l’OVNI hilarant survendu par les médias, c’est juste une petite comédie qui servira à Mc Farlane pour prendre ses marques dans le cinéma à prises de vues réelles.

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