Taken 3 – Trou de balle dans le scénar

Critique Taken 3

Genre : Action, Thriller Durée :  2h15  Note : 03/20

Réalisé par : Olivier Megaton Acteurs :  Liam Neeson, Forrest Whitaker, Famke Janssen, Maggie Grace

Bryan Mills aurait pu passer enfin un peu de temps tranquille à bouffer des bagels et se la couler douce à Los Angeles si sa femme n’avait été assassinée et s’il ne s’était vu accusé, à tort, de son meurtre. Bien décidé à prouver son innocence et à trouver le ou les responsables, il s’élance dans une course contre la montre contre l’inspecteur Dotzler et pour protéger sa fille.

Il est temps d’honorer un peu plus le titre de ce blog. Ce week-end fut chargé en navet et après Foxcatcher, comme pour me venger ou me mutiler l’esprit je décidais d’aller me délecter avec bonheur de la dernière création Besson/Megaton/Europacorp : Taken 3.

Les improbables aventures du super agent, Byran « Liam Neeson je prends n’importe quel actionner et je tourne dedans parce que j’ai une image de bad-ass » Mills, m’ont toujours fasciné. Un premier épisode complètement con et déjà totalement absurde qui jouait sur la corde John Mc Lane moderne on enlève pas ma fille comme ça et je vais te tuer ta gueule à la récré, mettait la puce à l’oreille. Europa tenait là les clés d’une franchise, qu’ils, comme à leur habitude et pactole à l’appui, n’allaient pas lâcher comme ça.

Le spectateur peu exigeant, cœur de cible de l’immense machine lucrative qu’est le studio, accueillait alors le second opus, pamphlet turco-albanais avec tambours et trompette célébrant aveuglement le messie Neeson, se précipitant dans les salles avec à la bouche, le credo qui anime ce genre de saga « Pourquoi s’arrêter de chier si le laxatif fait encore de l’effet ? ». Résultat, plus de 370 millions de dollars de recette pour un film qui s’approchait pourtant dangereusement des pires écarts Seagaliens tournés dans les pays baltes.

Olivier Mégaton franchit enfin le pas et passe de l’autre côté du miroir dans un film que notre bouddhiste non violent distributeur de coups de tatane préféré n’aurait pas renié. Il réembauche donc Liam Neeson, Maggie Grace et Famke Janssen et s’adjoint Forrest Whitaker, toujours à l’affut d’un rôle pourri et met la barre très haut cette fois en copiant-collant sans vergogne le scénar du fugitif.

Si, si, vous vous rappelez ce médecin accusé du meurtre de sa femme qui devait lutter contre un flic s’escrimant à le poursuivre jusqu’à la fin ? Ben voilà ! Le même. Si ce n’est que Bryan Mills règle les choses plus façon garçon boucher décérébré amateur de pyrotechnie que chirurgien du cerveau.

Là où Le Fugitif avait au moins une certaine dose d’intelligence et de suspense avec une histoire de fond autour de malversations pharmaceutiques, Taken 3 n’offre rien sinon son lot d’action tellement exagérée qu’on défonce de plein fouet le mur de la caricature pour pénétrer dans le monde magique de la merde en tranche sur grand écran qui ne se contente pas d’éclabousser de façon irréversible l’ensemble des rangs de la salle.

Migraineux, monté de plans serrés au plus près dans un gloubiboulga bordélique, saccadé et parkinsonien, Taken 3 est bien né de l’héritage consanguin du found footage épileptique, des combats façon La Mort Dans La Peau, du meilleur du pire des plus minables Michael Bay Bad Boys en tête et des meilleurs dialogues de Sept à La Maison.

Le film ne procure aucun plaisir, mais se fait plaisir, une satisfaction égoïste et nombriliste de dérouler un show reel de cascades explosives et invraisemblables. Mégaton, enflé d’un orgueil titanesque, met en scène un Liam Neeson superman, qui s’extrait d’une voiture avant qu’elle n’explose, stoppe un jet en plein décollage avec une Porsche par que les Lada, il y en avait pas, ou pulvérise une série de limousines avant de semer, à pattes, une voiture de policiers lancés à corps perdu à sa poursuite.

Cette délirante et exaspérante exagération qui, si elle est distrayante traitée façon Expandables, se prend ici tellement au sérieux et baigne tellement de bons sentiments formatés pour remuer les émotions d’ados de 11 ans découvrant les valeurs de la famille moyenne américaine, qu’elle achève notre patience de spectateurs rarement habitués à pire.

Laborieux, fatigué, répétitif, ressemblant plus à un très mauvais épisode d’une très, très mauvaise série policière des années 80, Taken 3 permet à la saga de rejoindre la femme de l’agent Mills six pieds sous terre dans la crémation totale de ce que tout amateur d’actionner espère avoir à l’écran : quelque chose de nouveau. Espérons simplement que cet épisode sonne le glas d’une saga qui n’a que trop duré.

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