Taken 2 – Chiottes à la turque

Genre : Drame, Action, Navet Durée : 1h38 Note : 02/20

Réalisé par : Olivier Mégaton  Acteurs : Liam Neeson, Maggie Grace, Famke Janssen

Après avoir la brillante idée de capturer la fille de l’ex-agent de la CIA Bryan Mills, après avoir vu décimés tous les responsables de l’enlèvement, un clan mafieux ne trouve pas de meilleure idée pour se venger que d’essayer de capturer Mills lui-même. Pour une simple histoire de vengeance, le clan va se retrouver en face de graves ennuis.

Le résumé ci-dessus est assez représentatif du film.  Taken 2 ou comment une bande d’ombrageux Turcs bas de front qui se sont pris une volée formidable dans l’exécrable, mais primaire Taken premier du nom reviennent à la charge avec un enthousiasme tel que l’on pourrait penser inspirés par un précepte de la bible:  tend l’autre joue quand on te frappe sur la première.

Avec un postulat de départ aussi couillon qu’une énième vendetta, Luc Besson-Mark Kamen à la plume, Megaton à la barre, on ne pouvait espérer que le minimum syndical, se douter que le résultat serait d’une médiocrité crasse, que Taken 2 serait au pire une petite série Z à la hauteur des meilleures productions Steven Seagal actuelles, tournées d’ailleurs pas très loin avec moins de moyens. la qualité des deux productions n’est d’ailleurs pas si éloignée, elles sont même très, très proches. Une idée de cross-over ?

Et il faut croire aux miracles pourtant ! Le résultat est là. Megaton, déjà auteur des surréalistes Transporteur 3 et Colombiana, en bon yesman et petit « chien-chien donne la papatte » du duo d’écrivains inspirés Besson-Kamen, en fait des mégatonnes tout en accomplissant l’exploit formidable d’être aussi palpitant et mou du cul qu’une thèse en albanais de 5h30 sur la fabrication du morbier et sa répercussion sur la socioéconomie du Togo. On imagine facilement le trio sur un coin de table à Europacorp, sans même avoir l’excuse d’être ivres morts, coucher sur papier des idées en vrac pour Taken 2 en 30 minutes tout en se masturbant dans leur propre égocentrisme et autosatisfaction d’avoir des idées aussi formidables et de prendre les spectateurs pour des vaches à lait complètement abruties.

Taken 2 est encore plus effroyable que le premier. Il engloutit ses 80 millions de dollars (oui 80 millions, on se demande où est passé le fric) dans un actionner au scénario grotesque, caricatural qui joue sur la corde sensible du NAM (neuneu américain moyen) qui exècre ce symbole fort et surtout fortement caricatural de l’Arabe demeuré, ivre de vengeance, complètement con et aveuglé par une guerre dénuée de sens.

A ce titre, Taken 2 lui rend un vibrant hommage dans tout le film, mais surtout dans une scène d’introduction fabuleuse où tous alignés à flanc de montagne les victimes de Bryan Mills attendent de rejoindre leur dernière demeure. Un vieil homme rabougri qui ressemble plus au Capitaine Igloo qu’à un chef de clan apparait alors comme une figure vengeresse, une Némésis moisie du héros. Il motive les siens pour aller en prendre plein la gueule pour pas un rond tout en faisant glisser dans ses mains la terre de ses ancêtres couvertes du sang des siens.

Ce moment seul résume parfaitement la manière de filmer de Mégaton dont la sobriété est proche du plus ZEF des clips de Die Antwood.  D’un plan intimiste qui mérite sobriété et retenue, le sieur en fait des caisses, se prend pour Michael Bay, te colle des travellings en plongée, des gros plans mal cadrés, un doublage foireux, une musique pompeuse et une véritable averse des « dont’s » de la réalisation qui rend les premières minutes risibles au possible et fait perdre d’ores et déjà toute crédibilité à ce second volet qui aurait du se contenter d’un direct-to-dvd.

La suite est un moment de calme avant la tempête (sans rire ! C’est original non ?) Quelques scènes  trop mimi tout plein, cul-cul la praline, d’un William Neeson en papa over-protecteur avec sa fille et d’un mari toujours amoureux de sa femme qui décide de les inviter à les rejoindre à Istanbul avec ses yeux de cocker. Après 25 minutes d’interminables installation bancale façon Martine à la plage,  se déverse soudain, sans prévenir, comme pour rattraper le temps perdu, un vomi tsunamiesque de scènes d’action déféquées par un Olivier Mégaton encore moins inspiré que d’habitude et rendues illisibles par un montage désastreux, dans lesquelles les voitures volent, les Arabes se font démonter la gueule, Liam Neeson connait Istanbul par cœur, sa fille à l’écran balance grenades qui explosent sur les toits de l’ex-Constantinople sans que personne ne sourcille, et ce, pour que papa puisse calculer avec la vitesse du son où est sa fille se situe. Et je vous passe le fait que s’il a bien du se passer une demi-heure et une traversée du Bosphore pour que le couple Mills rejoigne son lieu de détention, fifille y arrive grenade au poing, en moins de 5 minutes, la fleur au fusil et la bouche en cœur, sans traverser le moindre pont ou plan d’eau. Vous reconnaitrez d’ailleurs sans peine le lieu de tournage, c’est le même que dans une partie de Skyfall et là, la comparaison des deux fait prendre un coup au petit bijou d’Olivier et Luc.

Il y a quelque chose qui fait de Taken 2 est un vrai ratage, une magnifique, un véritable étron comme on en voit que très rarement et dépasse même Colombiana qui avait eu le bon goût, même s’il était misérable de connerie, de récupérer des éléments de Léon et de Nikita. Il y avait alors, et c’est peu dire, bien plus d’enjeux dramatiques dans cette raclure de bidet qu’était Colombiana que dans cette franchise qui aurait du être avortée avant même la sortie du premier épisode.

Ce qui fait que le miracle opère et propulse Taken 2 aux sommets enviés des pires navets jamais réalisés, c’est cet exquis mélange d’une histoire honteusement bâclée avec des dialogues sortis d’une vieille série télé des années 80, un nombre incalculable d’incohérences sur lesquelles ils est impossible de passer, même dans une vieille série B avec 20 $ de budget, des personnages aux frontières du néant absolument pas écrits et dont les interprètes jouent comme des pieds, une mise en scène diarrhéique doublée d’un montage épileptique qui pompe sans vergogne des plans sur Ennemi d’État, La chute du Faucon Noir, la mémoire dans la peau en s’imaginant que ça ne va se voir.

Le film s’achève comme vous l’imaginez et la famille Mills se retrouve au sein de la sainte protectrice Amérique dans une réunion de famille ridicule. Pour un peu, on s’attendrait presque à voir l’image se figer au moment où tout le monde rigole et se tient la main alors que les crédits apparaissent comme dans un bon épisode de l’Agence Tous Risques.

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