Sully – L’avion prend l’eau

Sully Poster - n'y allez pas c'est de la merde

Genre : Biopic Durée : 1h36 Note : 07/20

Réalisé par : Clint Eastwood Acteurs :  Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney

Un avion en détresse au-dessus de New York, des passagers affolés, tout ça non pas à cause de religieux complètement tarés aux névroses sexuelles telles qu’ils en préfèrent une vie dans une hypothétique Paradis avec des vierges prépubères à une vie sur terre, passée à se taper dans le dos avec un rire gras, en dissertant sur le degré de liberté à voler dans les plumes de leurs épouses et des règles qui régirons une société où il faudra demander l’autorisation pour lâcher une caisse sinon on vous lapide la gueule avant de vous brûler vif et de filer votre carcasse aux vautours pour dissoudre vos os dans de l’acide .

Non, dans le genre troupeau migrateur pas très futé, c’est un simple vol de bernaches qui est l’origine d’un des évènements aériens les plus marquants de ces dernières années. Le fameux vol US Airways dont le pilote a pu récupérer la maîtrise avant d’avoir la présence d’esprit et l’esprit analytique si affuté qu’il en a posé l’appareil comme une fleur dans l’Hudson, sauvant la totalité des passagers avec certaines contusions pour certains. Mais en regard de l’armature d’un siège 26F planté en travers du crâne, on excusera une petite bosse sur le coude.

Sully 02 - n'y allez pas c'est de la merde

Véritable héros national, le surnommé Sully voit ici son exploit porté à l’écran par le grand Clint. M. regard d’acier, M. NRA, Blondin au mains parfois en or, parfois en platine, parfois en alu de feuille de cuisson côté réalisation.

Sully est un film d’actualité avec ses travers et ses défauts, ses passages obligés et ses moments de tendresse et d’émotion (toute relative). Une fois le moment de bravoure passé et très adroitement glissé vers la fin du premier tiers du film pour en faire un morceau « attendu » viens la longue procédure judiciaire visant à démonter l’action du pilote pour savoir s’il aurait pu poser l’appareil ou non.

Objectif : sauver la réputation du constructeur qui de toute façon n’aurait pas été en cause, sauver la réputation de la compagnie (et le prix de l’appareil ?) et tout mettre sur le râble d’un mec qui vient juste de sauver la vie à une centaine de personnes. Pas cool vous aller me dire ? C’est comme ça et c’est ce qui tient les gens devant le film. Le sens de la justice. Ce gars, ce Superman en galons et chemise blanche, ne peut pas impunément se faire broyer par des gros fonctionnaires ne raisonnant qu’en termes de chiffres.

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Sorti de ce combat de l’homme contre ma machine et des crises de trauma bien compréhensibles de Sully mâtinée de bienveillance des médias qui lui collent des micros sous son museau et celui de sa famille à peine les voilà extraits des toilettes pour poser une pêche, le film, très franchement n’a rien de transcendant, voire de bouleversant. Sorti de l’exploit formidable de pilotage dont il a fait la démonstration, le personnage de Sully est montré comme un homme assez ordinaire, sans aspérité. Pour le jouer, Tom Hanks est égal à lui même. Parfait, simple, précis, juste dans son rôle et voilà que dans un mouais, on de dévalorise pas l’homme mais le film. On connait la performance, on connaît le gars, pourquoi au final raconter ça ? Pourquoi l’enrubanner de couche de patriotisme lourdingue, d’un glaçage assez écœurant tirant vers le sucré diabétique ?

Au-delà de l’hommage à cet acte héroïque, il n’y a pas plus d’intérêt à regarder Sully qu’une reconstitution « dramaturgée » pour Nat Géo Channel. Un film, voire un téléfilm assez moyen qui vaut largement le coup d’attendre de le voir passer à la téloche.

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