Strictly Criminal – Depp in the deep

Critique Stricly Criminal Poster - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Action, Policier, Thriller Durée :  2h03 Note : 14/20

Réalisé par : Scott Cooper Acteurs :  Johnny Depp, Joel Edgerton, Benedict Cumberbatch

Dans les années 70, Jales « Whitey » Bulger, un criminel endurci fondateur du gang de Winter Hill de South Boston, fait une alliance avec John Connolly, un ami d’enfance devenu agent du FBI pour à la fois étendre son empire et se débarrasser de sa concurrence.

On a parfois envie de dire à Johnny Depp d’arrêter les déguisements et de revenir à des rôles où il apparait plus au naturel. C’est sans compter sur le goût de ce dernier pour endosser des costumes, comme une carapace qui semble lui être devenue indispensable pour interpréter un personnage ou un autre et force est de constater que ça lui va plutôt bien, parfois, et qu’il serait dommage de limiter sa performance d’acteur au simples habits et prothèses qu’il endosse.

Dans Strictly Criminal, le titre, français, de Black Mass (je m’interrogerai toujours sur l’utilité de traduire un titre de l’anglais vers le français pour en ressortir un autre titre en anglais), son personnage va au-delà des simples atours qui le transforment en une sorte de Hunter S. Thompson cruel et névrosé, le fameux James « Whitey » Bulger.

Pourquoi tu as fait des escargots ? Je hais les escargots ! ça fait 12 ans que je te dis que je déteste les escargots.
Pourquoi tu as fait des escargots ? Je hais les escargots ! ça fait 12 ans que je te dis que je déteste les escargots.

Criminel endurci et véritable psychopathe en puissance totalement imprévisible avec lequel le moindre faux pas ou la moindre once de double jeu vous transformer en viande froide, il bâtit son succès à la fois sur sa cruauté et sur son partenariat avec le FBI et son ami d’enfance John Connolly pour éradiquer la mafia italienne de leur quartier de South Boston… et profiter de l’impunité d’être une taupe pour les autorités.

L’histoire, centrée sur la relation, l’alliance improbable entre les deux hommes, nous offre un beau film noir un peu à l’ancienne, avec des plans assez magnifiques, des caméras bien placées, des lumières bien choisies et un sens du détail aussi féroce que le personnage principal. Il en ressort un film clean, sans fioriture, dans exagération ni surjeu, nerveux, entrainant, tendu, où l’on se laisse porter, absorbé par l’histoire, avides de savoir comment tout ça va bien pouvoir finir pour le personnage principal, mais aussi pour les autres qui, entrainés dans son sanglant sillage et son regard blanc acier, peuvent connaitre le pardon comme la mort immédiate, sans préavis.

Critique Stricly Criminal 02 - N'y allez pas c'est de la merde
Comme c’est original, des hot dog maquillés en escargots. Je ne vais pas te trancher la gorge avec le grille pain finalement.

Si Strictly Criminal est une superbe reconstitution des années 70 et un écrin de choix pour laisser éclater la déliquescence d’une légende du grand banditisme américain, c’est aussi une renaissance pour le film policier, paresseux et lissé. Scott Cooper, diablement influencé à la fois par Michael Mann et Martn Scorcese, excusez du peu, mais aussi par le cinéma chinois et surtout coréen du moment. Il signe ici une réussite totale, un film noir qui capte la tension et l’attention avec rage et délectation.

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