Star Wars VII – Le Réveil de La Force

Critique The Force Awakens Poster - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Science-Fiction, Action, Aventure Durée :  2h15 Note : 12/20

Réalisé par : J.J Abbrams Acteurs :  Daisy Ridley, John Boyega, Adam Driver, Harisson Ford, Mark Hamill, Oscar Isaac, Carrie Fischer, Peter Mayhew

Sur la planète Jakku, la jeune Rey est une chasseuse d’épave. Elle récolte dans les vestiges de croiseurs de l’empire écrasés sur sa planète, des pièces qu’elle revendra plus tard à une ferrailleur pour en tirer son pain quotidien. Pendant ce temps, sur la même planète Jakku, un combat fait rage pour retrouver une carte qui permettra de localiser Luke Skywalker, le légendaire Jedi qui vainquis Darth Vader et l’Empereur Palpatine. Le Premier Ordre, né des cendres de l’Empire Galactique et Kylo Ren, nouveau Darth Vader, feront tout pour lui mettre la main dessus.

Hou qu’il était attendu celui-là. Fans hardcore, fans absolus, cosplayeurs névrosés, collectionneurs avisés, spectateurs amateurs, enfants devenus grands, enfants ayant aujourd’hui des enfants, nés de la première trilogie, nés de la seconde trilogie, simples quidams, amoureux de science fiction, cinéphiles régressifs et j’en passe, depuis un an, depuis la diffusion de la première bande-annonce, l’attente fut fébrile, irrépressible pour les uns, épisodique pour d’autres, mais à l’arrivée, c’est unanime, c’est dans une impatience palpable, une excitation d’enfant face à ses cadeaux de Noël sous un sapin garni et illuminé que les files d’attentes s’allongent devant chaque séance de cinéma où chacun, un sourire aux lèvres, les mains moites, les pieds sautillants, s’apprête à pénétrer dans la salle.

Critique The Force Awakens 01 - N'y allez pas c'est de la merde
Salut bande de lopettes !

J.J ne devait pas se louper, le pari était énorme, les enjeux, pas que financiers, colossaux. Attendu sabre laser à la main qui cautérise la plaie immédiatement après avoir tranché, celui qui avait déjà mis un coup de polish à Star Trek était épié par les rageux et haineux qui n’attendaient que de pouvoir tailler dans le vif après la très maladroite prélogie de Lucas où des idées pourtant miraculeuses (voir la théorie sur Jar-Jar Binks) se transformèrent en une pantomime ridicule de personnages mal dégrossis et caricaturaux perdus dans un scénar à tiroirs et des dialogues désastreux. Les épisodes ont le mérite d’exister, certes, mais font réellement pâle figure face à la maturité des épisodes V, VI voire éventuellement le VII. Pire, ils ont déjà pris un coup de vieux par rapport aux épisodes originaux. Un comble.

Car voilà, si Lucas est sans conteste un très bon créateur d’univers, ce n’est pas le conteur qu’est Lawrence Kasdan (scénariste de L’empire Contre-Attaque, du Retour du Jedi, des Aventuriers de l’Arche Perdue) qui a su insuffler à Star Wars cette envolée épique, cette épopée familiale rassemblée autour de La Force, à la fois bénédiction et fardeau, force créatrice et destructrice, régissant l’univers tout entier. Absent de la prélogie, son retour est ici plus que palpable, il est omniprésent. Et loin de vouloir remettre en cause le travail de Abbrams, c’est certainement à lui que l’on doit une partie de la réussite du Réveil de La Force.

L’œil était dans la tombe
L’œil était dans la tombe

Car oui, vous l’avez compris, Le Reveil de la Force procure le plaisir que l’on attendait malgré pas mal de failles. Pas de surenchère d’effets spéciaux, pas de personnages inutiles, une histoire qui nait aux quatre coins de cette galaxie lointaine, très lontaine et qui, comme un miroir parfait de l’épisode IV, voit ses personnages s’imbriquer et se rencontrer avec une grande fluidité pour former la future alliance qui devra vaincre le Premier Ordre, né des cendres de l’Empire Galactique.

Le revers de le la médaille est que l’on relève dans l’ensemble une certaine maladresse dans la peinture des personnages, une relative simplicité de l’intrigue et une très forte prédictibilité dans l’enchainement des évènements. J.J Abbrams en optant pour une histoire simple, parfois spectaculaire, semble coller au scénario, aux arcs d’évolution des personnages et aux ressorts scénaristiques d’Un Nouvel Espoir. Ainsi, l’on découvre un peu vite et qui se cache sous le casque du grand méchant et le potentiel de certains personnages. Le tout manque de surprise et de complexité, l’histoire d’amour naissance entre les deux personnages principaux peine à trouver un réel fondement, le tout est assez « lissé », sans doute pour être plus accessible à son cœur de cible, les jeunes enfants.

C’est bien l’un des seuls défauts que l’on puisse trouver au film, une fois les bases posées et l’action lancée. On dévine très vite ce qu’il va se passer et comme tout ça va finir.

Avec Le Réveil de La Force, Abbrams n’a pas suivi le scénar initialement prévu par Lucas, il va a l’essentiel pour laisser parler un univers qu’il a parfaitement intégré et recréé, tellement en dur que parfois l’œil habitué au numérique se surprend à le trouver trop « amateur » mais quand bien même. Les retrouvailles avec les personnages principaux, le destin des futurs héros de la saga, la variété du bestiaire, la singularité des décors, la variété des planètes, la dramaturgie shakespearienne dont s’est imprégné Kasdan, se retrouve à l’écran comme au premier jour.

L’ambiance romanesque, presque familiale est gonflée par le plaisir des acteurs, des décorateurs et du réalisateur de participer à un moment unique dans l’histoire du cinéma et dont on avait craint le pire après le rachat de la licence par Disney. Si la saga redémarre avec une certaine touche de modernité dans son jeu et dans sa course immodérée à l’action « en apnée » tout cela est très justement dosé et de scènes clé en scènes hommage (toutes très subtiles et parfois recréées au plan près) en scène d’action spectaculaires mais pas interminables, l’histoire évolue naturellement sans les chemins tortueux et inutilement complexes des précédents films de Lucas et le tout se regarde avec plaisir, soulagement et satisfaction.

Malgré quelques défauts, Abbrams a réussi son pari, reste à voir maintenant comment les épisodes suivants seront gérés pour rester sur cette résurrection tant espérée.

2 avis sur “Star Wars VII – Le Réveil de La Force

  1. t »as plutôt aimé, j’ai moi aussi eu peur et trouvé la « prélogie » usante et je trouve qu’ils se sont bien rattrapés.

    Un peu trop d’action, je suis d’accord sur le manque de fondement de l’histoire amoureuse. Le scénario je trouve qu’il tient bien et j’ai aussi vu beaucoup de scènes « hommages »…

    Tellement de décors (comme le conflit père/fils avec Darth Vador/Luke Skywalker sur le pont dans l’Etoile Noire), de situations (on récupère le héros inconscient et il récupère avec ses proches comme l’avait fait Han Solo), etc…

    1. J’ai aimé dans un premier temps, puis plus le temps à passé (depuis environ 3 heures après le film), plus je trouve cet épisode réussi dans le décorum mais complètement foireux dans le dénouement. La scène clé finale étant à la fois monstrueusement téléphonée, ridiculement bâclée en plus d’être surjouée et beaucoup trop longue. Et puis les retrouvailles entre Solo et son Faucon, c’est tellement pourrave !
      Non, sérieusement, multiplier les hommages et clin d’oeil pour gaver les fans jusqu’à l’anus et le dilater et mieux les enfiler, je suis désolé, mais je préfère une bonne poire à lavement qui assume son côté sale et mercantile.

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