Star Trek Beyond – Étoiles sans étincelles

Critique Star Trek Beyond Poster - N'y allez pas c'est da la merde

Genre : Fantastique, Science-fiction Durée : 2h03 Note : 09/20

Réalisé par : ,Justin Lin Acteurs :  Chris Pine, Zachary Quinto, Simon Pegg

De retour à la station spatiale Yorktown après l’échec d’une mission diplomatique délicate, James T. Kirk et son équipage de l’USS Enterprise doivent intervenir pour porter secours à l’équipage d’une certaine Kalara capturé sur une planète inhospitalière d’une galaxie inexplorée. Bien qu’en, plein questionnement sur le tournant qu’il doit donner à sa vie le Capitaine décide d’accepter ce qui se sera peut-être son ultime mission avant de raccrocher son commandement.

Star Trek, cet univers utopique, ciment de la culture américaine, est allé là où les séries de science-fiction ne sont jamais allées. On ne compte plus les heures et les pages officielles et de fiction tournant autour de l’univers de fiction spatiale créé par Gene Roddenberry introduisant continuité comme lignes parallèles abordant des thématiques aussi variées que la guerre et la paix, l’autoritarisme, l’impérialisme classique, la lutte des classes, l’eugénisme, la géopolitique, le racisme, les droits de l’homme, le sexisme, le féminisme et le rôle de la technologie…

En 2009, Gigi (en anglais Gégé) Abbrams en grand fan, a relancé une série de films s’évadant justement dans un univers parallèle avec son Star Trek qui était non seulement très efficace, mais en plus se payait le luxe de recevoir l’adoubement des fans. Chose rare dans les Trekkies tiennent à leur série comme à la prunelle de leurs yeux. L’aventure se poursuivit, toujours avec Gigi avec Into Darkness, une suite réussie elle aussi avant de passer la main à Justin Lin, le réalisateur de 4 Fast & Furious. Des doutes étaient alors permis.

Critique Star Trek Beyond 03 - N'y allez pas c'est da la merde
Le grand Schtroumphf a pris cher quand même

Une chose est sûre, Gigi est un homme de contrôle et les Star Trek version Bad Robot obéissent très clairement à un cahier des charges millimétré qui empêche presque tout initiative personnelle.

Si Star Trek Beyond possède à n’en pas douter la patte Abbrams et que l’ombre du producteur plane sur le tournage de Justin Lin pour éviter le massacre total, l’ensemble de Star Trek Beyond oublie totalement ses glorieux ainés pour n’être qu’une suite terne comme le jour de pluie où les candidats de Koh-Lanta 24 se réuniront autour du cadavre de Denis Brogniard en murmurant le générique de l’émission avant le manger avec des palourdes ramassées sur une île malariaesque dans la mer surpêchée d’une île paumée de l’océan Indien.

Critique Star Trek Beyond 01 - N'y allez pas c'est da la merde
Un pied sur l’accoudoir, si c’est pas une signe que je suis rebelle, je sais pas ce que c’est

Cet ultime voyage dans l’espace est étrangement soporifique, triste et peu inventif. La faute à un méchant charismatique comme un paquet pop-corns au saumon ? à une histoire complètement téléphonée qui enchaine les rebondissements à résolution paresseuse ? à une scène d’ouverture qui lance le film avec l’énergie d’un manchot qui balance un frisbee ? Au manque total de complicité entre les personnages ? À la musique vaguement présente et aux hommages trop lourdement appuyés ?

L’exercice de la réunion de famille, s’il demande une connaissance approfondie de leur passé demande aussi une parfaite écriture des dialogues, ce par quoi passe tout de même la magie du ping-pong oral de la complicité. Justin Lin semble n’avoir rien compris du tout.

Critique Star Trek Beyond 02 - N'y allez pas c'est da la merde
C’est pas un mur vers lequel on fonce là ? Oui celui de la lumière ! En tous cas c’est pas celui des récompenses…

Non pas que les personnages n’apparaissent comme des étrangers les uns pour les autres, mais il manque cette dynamique éclairée, cet art de la vanne distillée et de la surprise qui permettait aux premiers films de sortir ses personnages de situations perdues avec des solutions plus inventives que celles présentées dans Star Trek Beyond. Manquer d’imagination avec Star Trek, c’est tout de même un comble.

À la fois paresseux et longuet, parfois illisible et brouillon, ne prenant pas de risque et ne sortant jamais des sentiers battus, le film n’offre aucun moment de bravoure, aucune empathie ni aucune originalité, surprise, inventivité, comme si le travail était déjà fait. En série, on appelle à un filler et généralement, on se fait chier. Dont acte.

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