Split – Shitophrénie

Critique - Split - N'y allez pas c'est de la merde Poster

Genre : Fantastique, Drame Durée : 1h57 Note : 04/20

Réalisé par :  M. Night Shyamalan Acteurs :  James McAvoy, Anya Taylor-Joy

KEVIN A 23 PERSONNALITÉS, TOUTES BIEN DISTINCTES, TOUTES AYANT UN RÔLE BIEN DÉFINI, TOUTES AYANT UNE ATTITUDE, UNE VOIX BIEN A ELLES. UN JOUR, L’UNE D’ENTRE ELLES DÉCIDE DE KIDNAPPER TROIS JEUNES FILLES POUR PRÉPARER LA VENUE DE SA 24EME PERSONNALITÉ : UN MONSTRE TERRIFIANT QUI SURPASSE TOUTES LES PRÉSOMPTIONS DE SA PSYCHIATRE, LA DOCTEURE FLETCHER.

Night Shyamalan. Un nom qui inspire une certaine méfiance à certains, un sourire de plaisir à d’autres. Pour ma part, le nom du réalisateur est surtout associé à une lente chute de qualité et de travail de l’intrigue dans ses films. Les premiers ayant été particulièrement fouillés (mis à part peut-être la faiblesse des Aliens dans Signes), les suivants, si l’on excuse le très, très, très prévisible « Le Village », nous plongent dans des abîmes de perplexité : Phénomènes, Le Dernier Maître de l’air et After Earth (ode à la Scientologie) en tête.

Night Shyamalan n’est finalement pas difficile à décrypter, son cinéma gravite autour d’indices disposés de-ci, de-là, de répliques clés, de regards appuyés. Il aime distiller un faux suspense qui souvent nous laisser espérer plus que le dénouement parfois assez paresseux qui conclut le film. Année après année, on sent une certaine facilité, peut-être une certaine lassitude de ses sujets, comme si finalement, soyons directs, il n’en avait absolument rien à branler.

Parce que pardon, s’il y a bien un sujet qui puisse permettre d’ouvrir la porte à une réalisation magistrale comme il en est capable, c’est bien celle, vraie, de Billy Milligan, surtout lorsqu’un acteur comme James McAvoy prend autant de plaisir à jouer ses différentes personnalités. Même, si ça reste assez académique, le travail de l’acteur reste assez dans la sobriété pour ne pas tomber dans le ridicule.

Critique - Split - N'y allez pas c'est de la merde 02

Seulement pourquoi ne développer qu’une infime partie de ces personnalités ? Pourquoi décevoir le spectateur qui en attendait peut-être plus de ce côté-là ? Pourquoi ne pas jouer avec les blacks outs de chacun, laisser planer le doute sur la vraie personnalité initiale ? Poser des pièges de l’un envers une autre ? Trop complexe sans doute ? Non pas que je n’en crois pas M. Night Shyamalan capable, dire que les studios n’ont plus les bollocks de le faire serait plutôt vrai. Split manque sérieusement de couilles et de personnalité.

Car voilà le soucis, Split est froid, mou, paresseux, prévisible et cliché. C’est typiquement le film de studio formaté pour les ados avec tous ses ingrédients pour rameuter assez pour rentrer dans ses frais, pas trop dérangeant pour éviter de se planter.

Au menu : trois belles  jeunes filles en pleine puissance de leur puberté en petites culottes, une intrigue avec laquelle on va pas se vriller un neurone pour en deviner le dénouement, une ambiance spiritualo-magico-fantastique qui frise la série B, une direction photo émo -sataniste dont on cherche encore le côté glauque dans cette marée de clichés qui se répète et s’entretient dans une névrose totale d’autodestruction.

Critique - Split - N'y allez pas c'est de la merde 01

Franchement c’est à peine digne d’un épisode relativement moyen de X-Files. On est très loin d’un Norman Bates d’Alfred Hitchcock, de Spider de Cronenberg ou du totalement déjanté Schizophrenia de Gerald Kargl. Loin de la maestria avec laquelle ces grands réalisateurs laissent planer un doute permanent, un danger latent, une confusion entretenue pour faire naître la crainte et surgir le danger.

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