Snowden – Bioflop

Snowden Poster - n'y allez pas c'est de la merde

Genre : Biopic Durée : 2h15 Note : 05/20

Réalisé par : Oliver Stone Acteurs :  Joseph Gordon Levitt, Shailene Woodley, Melissa Leo

Informaticien de génie, patriote jusqu’au bout des ongles, le jeune Edward Snowden réalise son rêve lorsqu’il est invité à rejoindre les rangs de la CIA et la NSA. Pourtant, profondément choqué par les méthodes employées qui violent allégrement les droits civiques américains, les accords mondiaux et le droit à la vie privée, Snowden va commettre l’impensable. Trahir son pays et les secrets de sa profession. C’est en homme traqué que des journalistes vont l’interviewer pour rédiger l’article qui le rendra célèbre.

Toute aussi intéressante qu’elle soit, on nous a seriné tellement l’histoire d’Ed Snowden, tellement d’articles ont été écrits dessus, tellement d’anecdotes ont filtré que c’est à véritable feuilleton auquel a assisté. C’est avec l’espoir d’en apprendre un peu plus que je suis allé voir le dernier Oliver Stone, c’est un pierre contre laquelle j’aurais aimé ne pas trébucher, car elle a fait chuter de très haut la rare estime que j’avais encore pour le réalisateur.

Il est loin le « dérangeant » metteur en scène de Platoon, Tueurs Nés, Wall Street, Né un 4 juillet, The Doors, JFK, l’Enfer du Dimanche, qui égratignait le vernis américain d’une vision un peu sale et noire. Depuis l’exécrable Alexandre et surtout depuis le dégueulasse World Trade Center, Oliver chie un peu dans la colle en brossant tellement l’américain primaire et bas de plafond dans le sens du poil que pas une capillarité anale ne dépasse de ses films aussi poussifs que longuets et paresseux. Snowden, en enfonçant les portes ouvertes, comme un gros bœuf de Marine ricain n’échappe pas à la règle.

Snowden 02 - n'y allez pas c'est de la merde

Sous des travers de thriller labyrinthique, Snowden se révèle finalement trop long, trop peu innovant, trop peu critique pour être efficace. À la fois terriblement factuel, didactique et terriblement peu renseigné et fantaisiste, on assiste à un long chemin de croix tout juste distrayant qui s’affranchit de tout parti-pris et manque singulièrement des couilles qu’il faut pour défoncer bien comme il faut la gueule du FBI et de la NSA. Là, c’est un peu comme dénoncer les exactions sordides de Klaus Barbie en faisant un reportage sur les bouchons lyonnais.

Jamais on ne comprend les motivations du personnage dont on ne fait qu’effleurer la psychologie au profit des mêmes éternelles scènes de hacking informatique que l’on s’est déjà bouffé dans au moins une demi-centaine de films sur des petits génies du clavier. Ici tout est propre, Suisse, presque solennel. On a l’impression d’assister à l’homélie d’un Prêtre, d’un Himmam ou d’un Rabbin guidée par des dialogues risibles, des situations grotesques, des caricatures faciles, des acteurs vraiment à côté de la plaque (JGL et Shailene Woodley tirent à peine leur épingle du jeu) et un rythme à la lenteur sidérante où la moindre tension est diluée dans la seconde par un sens du montage désastreux.

Snowden 01 - n'y allez pas c'est de la merde

Alors que l’on attendait de la nourriture pour se ranger aux côtés de Snowden et comprendre à la fois la raison et la portée de son geste, on a l’impression que Stone se range aux côtés de ses frères d’armes en souvenir de son glorieux passé sur les terres de la plus formidable branlée de l’armée américaine : le Vietnam. Un contresens qui aurait pu faire mouche si jamais on n’était pas absorbé par une profonde léthargie devant la longueur interminable de cet ersatz de docu-fiction.

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