Sin City 2 – Noir et chiant

Genre : Action Durée :  2h02  Note : 04/20

Réalisé par : Robert Rodriguez Acteurs : Mickey Rourke, Jessica Alba, Josh Brolin, Joseph Gordon-Levitt, Rosario Dawson, Eva Green, Bruce willis

Marv se réveille au milieu d’une montagne de cadavres, un jeune joueur de poker débarque en ville pour affronter le sénateur Roark, Ava Lord et Dwight McCarthy vivent leur histoire d’amour haine, Nancy Callahan rêve encore de John Hartigan tout en faisant des pieds et des mains pour tuer Roark qu’elle tient responsable de sa mort. Tout ce petit monde se retrouve au célèbre club Kadie’s de Sin City.

 

Sin City, premier du nom, était une belle réussite graphique surprenante. Un roman graphique filmé avec un parti pris film noir des années 40 il est vrai assez réussi. Très poseur, le film était surprenant graphiquement avec son noir & blanc épuré qui flirte avec le gore Tarantinesque et opérait sur ses personnages une sorte d’introspection brutale d’antihéros ultraviolents, une psychothérapie à la frontière de la catharsis shakespearienne, mais bien éloigné de l’univers terrifiant de la BD originelle. Un film qui se détachait de la merdouille mainstream de l’époque, mais qui se prenait un peu trop au sérieux à la longue à regarder son nombril de produit fini. Son principal défaut que l’on retrouve dans son petit frère dernier-né.

Plongeant encore plus dans le rendu BD et copiant-collant à nouveau comme un porc les plans et cadrages de Frank Miller, Robert Rodriguez en oublie encore qu’il ne suffit pas d’utiliser une planche de BD comme story-board pour la transposer à l’écran, mais, parce que lire un BD et regarder un film sont deux exercices radicalement différents, il est toujours bon de comprendre et de s’imprégner d’un univers pour pouvoir en offrir une interprétation réussie. Et non s’arrêter à sa façade de beauté graphique et à la couvrir de voix-off rocailleuses au discours pénétré pour faire péter les compteurs.

Résultat, Sin City 2 n’est plus la claque visuelle qu’il était. Trop porté par un systématisme et un maniérisme pompeux et chiant, il n’a toujours pas l’énergie salvatrice et l’âme étrange et sale de la bande dessinée de son papa pourtant aux commandes.

Oublions 5 minutes les apparats dont se drape le film et isolons simplement le scénario. Celui-ci se révèle aussi prévisible que cliché. Les voix-off ronflantes et soporifiques. Les enjeux enfantins et totalement dénués d’intérêt. Les personnages creux et poseurs. Et ce n’est pas leur brutalité et la violence graphique de l’ensemble qui relèvent le niveau. Si Sin City est un abîme de souffrance pour ses personnages il noie également d’ennui ses spectateurs tant il est impossible d’éprouver ni empathie, ni intérêt pendant la moindre minute pour un des personnages du film.

Comme le disaient Arnold et Willy : « les apparences et les préférences, ont trop d’importance », il est bien question d’accepter les différences graphiques de Sin City et louer le rendu graphique qui flatte l’oeil quitte à devenir vulgaire, mais hors de question de plonger aveuglement en criant au génie pur de Rodriguez alors que le bougre, en grand fanboy, béni-oui-oui de Tarantino, se fout totalement de notre gueule en se faisant partisan du moindre effort.

Tout ici sent le racoleur et le cahier des charges. Le film rappelle la navrante suite de 300, qui son univers posé, s’est dit qu’il n’était pas la peine de trop se casser le cul à fournir le moindre travail pour créer un produit original et que de toute façon, si un film est beau, un film est bon. Erreur totale. Sin City 2 se donne des airs de grande fresque dramatique et pénétrée, mais ressemble plus à un petit dessin animé du câble vaguement réussi destiné aux 13-15 ans. Rodriguez n’a pas changé sa manière depuis ses début, il reste brouillon et peu intelligent dans ses réalisations, oubliant systématiquement d’y mettre son âme et sa réflexion. Immature et manquant totalement d’inventivité et surtout de volonté et de passion, Sin City 2 fleure la suite à dollars bien plus que le film hommage à une œuvre qui pourtant le mérite.

3 avis sur “Sin City 2 – Noir et chiant

  1. eva green est un joli navet. elle représente exactement la nouvelle génération d’acteur, jolie, peu intelligente mais suffisament pour séduire ces trous d’balles de réalisateur qui confonde génie et excès

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