Seul Sur Mars – Zero Twix dans la Milky Way

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Genre : Science Fiction Durée :  2h24 Note : 05/20

Réalisé par : Ridley Scott Acteurs :  Matt Damon, Jessica Chastain, Kristen Wiig

Lors d’une évacuation d’urgence sur Mars, Mark Watney, agronome de la mission, est laissé pour mort. Très vite, la NASA va se rendre compte qu’il a survécu et qu’il essaie de trouver les moyens de subsister et peut-être même de contacter la terre.

Seul Sur Mars a été vendu et revendu, survendu comme un exemple de survivalisme spatial ou comme un Castaway (Seul Au Monde) sur le sol martien. Poussant les limites de l’humain et de son ingéniosité pour montrer que plus que tout, l’homme et qui plus est s’il est américain, peut se sortir des situations les plus incroyables et revenir des astres les plus lointains pour retrouver sa place sous la bannière étoilée.

En fait de voie lactée et d’onde sidérale, on est surtout submergé par la connerie totale et de la mise en scène, la platitude du scénario et la pauvreté de la caractérisation du et des personnages qui fusionnent les adjectifs de cliché et téléphoné avec la violence des noyaux atomiques de l’EPR. Le film explose alors dans un soporifique état des lieux du néant qui, s’il a un fondement scientifique certain et propose des solutions créatives, nous donne surtout l’impression de voir un Mac Gyver du pauvre, pas stressé pour un poil, sortir des solutions de sa manche sans que le fait d’être dans un univers hostile qui pourrait le vaporiser en une seconde ne lui pose un quelconque problème.

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On a des scaphandres entre Prometheus et Alien mais en moins biens

Peut-être la formation des astronautes est-elle si poussée à Cape Canaveral que le fait d’être isolé sur Mars ne représente pas un problème plus ennuyeux que d’oublier de tirer la chasse quand on va couler un bronze dans les toilettes de l’ISS… Ou alors Mark Witney a les origines anglaises les plus poussées du pays de l’Oncle Sam… Mais le flegme et la désinvolture dont il fait preuve, sa capacité à ne pas plonger dans la panique, sa tendance à ne jamais ne serait-ce que sourciller vers la déprime et son cul tellement bordé de nouilles qu’il nourrirait un régiment d’Italiens au bon coup de fourchette pendant 3 ans de sièges, achève de faire de seul sur Mars une caste blague.

Grotesque, long, tiré par les cheveux, ce film est l’archétype même de ce qu’il ne faut pas faire dans un film sur un individu face à lui-même dans un vase clos. Zemeckis nous touchait avec le personnage de Tom Hanks, Duncan Jones nous émerveillait avec Moon, un point commun entre ces deux films ? L’EM-PA-THIE. Sam Bell nous faisait vibrer, Chuck Noland nous attendrissait pourquoi ? Parce que l’on savait d’où ils venaient, parce qu’ils avaient un secret et un besoin de rentrer chez eux. Quelque chose nous reliait à eux, viscéralement. Le dénouement de l’un est aussi déchirant et choquant que celui de l’autre est émouvant et enthousiasmant.

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Au moins, il y aura eu un truc renversant dans ce film. Merci 2001.

Dans Seul sur Mars, rien. Mark Whitney se la pète, se la joue bee-gees mais on ne sait ni d’où il vient, ni ce qui le raccroche à la terre, ni ce qui le motive ou l’anime et ses comparses ne sont pas là pour l’aider. L’ensemble du cast semble spectateur, absolument pas concerné, enthousiasmé ni terrifié et ce n’est pas quelques blagounettes et les trois pousses de pommes de terres aussi insipide que le film et plantées dans les étrons de l’équipage qui vont sauver l’ensemble du naufrage. Pour parachever le tout, on montre les chinois comme maillons aussi essentiels au sauvetage de l’américain comme le public sino-cinéfile l’est pour les entrées du film. Le capitalisme cuisiné en Won-Ton à la sauce Général Tao, aussi insipide qu’un takeaway chinois américain.

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