Savages – L’herbe n’est jamais plus verte chez le voisin

Genre : Drame, Thriller, Action Durée : 12h10 Note : 13/20

Réalisé par :  Oliver Stone Acteurs : Taylor Kitsch, Aaron Taylor-Johnson, Blake Lively

 

Laguna Beach, Chon, Ben et O partagent tout et sont un couple à trois heureux. Ils vivent principalement de la vente d’un des meilleurs cannabis de la région plantés par Ben, un passionné de botanique. Aidé par Dennis un agent des stups corrompu jusqu’à la moelle, ils arrivent à écouler leur marchandise dans des réseaux bien plus divers que la simple vente thérapeutique. Un jour un cartel mexicain, attiré par la qualité de leur marchandise, décide de leur proposer une association. Une proposition qu’il auront le tort de refuser.

Oliver Stone, c’est un peu un nom mythique d’Hollywood. Il est au cinéma américain ce que Joséphine Ange Gardien est à TF1, une valeur sûre. Bien que, je le conçois, Oliver Stone soit  tout de même vachement plus subversif que notre mini-Loana qui joue les magiciennes politiquement correctes dans d’improbables histoires probablement écrites par un groupe de travail d’une classe de CE2 destinées à un public dont la vivacité d’esprit se dispute à celle d’une inconfortable chaise de salle de conférence des années 50.

Le bougre surfe habilement entre les scripts et les films légendaires teintés d’American Dream déchu ou au contraire de courage du l’américain moyen poussé quelquefois un peu trop loin dans le pathos et le paluchage patriotique. Souvent très proche de la présidence, de la politique internationale et de la guerre du Vietnam il s’essaie quelquefois à des films un poil plus transgressif comme le très célèbre Tueur Nés. Un film qu’il a certainement eu en tête lorsqu’il a réalisé Savages.

S’il est loin d’égaler son glorieux ainé dans son déchainement de esthétique de violence médiatisée assez visionnaire pour l’époque, cette histoire de dealers aussi pointilleux sur la qualité de leur marchandise que sur leur distribution à le mérite de se laisser bien regarder et surtout de créer une bonne surprise après le très mauvais et ultra soporifique World Trade Center. On y retrouve le Stone ciselant ses  images, pensant ses plans au cordeau et construisant habillement son histoire pour en faire ressortir la substantifique moelle. Il y a bien plus de 12 ans peut-être même 15 que l’on avait pas pris autant de plaisir à regarder un de ses films même si celui-ci n’est en aucun cas ce qu’il a pu faire de meilleur.

Des images très clipesques aux scènes gentiment  lascives, de la critique ouverte à la corruption au sein de la lutte anti-drogue américaine au triangle amoureux entre les trois protagonistes centraux de l’histoire. Stone construit un « huit-clos » mexicano-californien dans lequel les deux régions sont dépeintes comme aussi sûres et accueillantes qu’un hôtel américain en plein Kandahar et une galerie de personnages tout aussi jouissifs que dérangés. Benecio Del Toro en tête est assez ignoble en homme de main pervers dégueulasse, shooté à la coke, lâche, manipulateur et fourbe. Salma Hayek en chef maffieuse mexicaine et mère protectrice tire également pas mal son épingle du jeu et John Travolta en papa poule ripoux est assez amusant de médiocrité.

 Si l’histoire alors reste assez prévisible et sans réelle grande surprise (à part la fin peut-être dont on a du mal à savoir s’il faut la trouver réjouissante ou trop facile) et si la très belle Blake Lively joue comme une très belle tanche, Savages reste très au-dessus de la production classique et de ce qu’aurait pu être le film réalisé par un autre. C’est certainement la « patte » Stone des débuts qui élève le niveau de cette comédie-thriller-noire-western , qui apporte cette touche saturée, ce je-ne-sais quoi de suffisamment amoral pour en faire un film plus que regardable.

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