San Andreas – Grosses failles et répliques pourries

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Genre : Drame, action Durée :  1h54 Note : 02/20

Réalisé par : Brad Peyton Acteurs :  Dwayne Johnson, Paul Giamatti, Carla Gugino, Alexandra Daddario,

Une série de tremblements de terre secoue la Californie. Un scientifique et son équipe, sismologues et spécialistes du système de failles de San Andreas découvrent une pattern qui permet la prédiction des tremblements de terre à court terme. Ce qu’ils vont découvrir va plonger le pays dans l’horreur. Plusieurs séismes d’une puissance inégalée vont tour à tour ravager Los Angeles et San Francisco, ne laissant d’autre choix à Ray, sauveteur en hélicoptère en instance de divorce, d’aller sauver sa femme et sa fille dans une ville en prise au chaos.

Un film qui démarre par une scène d’ouverture à la Cliffhanger et se conclut dans un twist repompé d’Abyss tout en pillant le 2012 de Roland Emmerich ET en faisant passer ce dernier pour un chef-d’œuvre, c’est fort, très fort. San Andreas réussit cet exploit haut la main : un véritable hold-up cinématographique qui provoque des crises de rire comme je n’en avais pas eu depuis longtemps.

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Si tu regardes bien par la fenêtre tu vas pouvoir voir la courbe de mon compte en banque s’envoler, attention ça va aller vite.

Le rire est quelque chose de particulier : nerveux, franc, triste, jaune, bleu quand on s’est cogné parce que c’est très con de se cogner au radiateur de la salle de bain et démêlant les fils du sèche-cheveux et de son peignoir. Le rire est dur à provoquer, le rire involontaire, lui est pire… il est involontaire. Comme Jack Beauregard, cette citation restera dans l’histoire.

Parfois, la simple évocation du pentaptyque bite, nichon, chatte, couilles, caca suffit à provoquer l’hilarité pendant des heures. Pour un psychopathe en puissance, le summum de l’humour consiste à se brûler les testicules avec un réchaud butagaz tout en écorchant vif, avec un économe, le teckel de sa voisine qui hurle à la mort toute la nuit : On appelle ça l’humour sado-masochiste.

Parfois c’est simplement le ridicule achevé d’une situation qui provoque cet incontrôlable élan du cœur vous poussant à vous esclaffer de la nullité totale, le creux abyssal, de ce que vous êtes en train de regarder.

C’est une forme de masochisme et d’autodestruction également, me disait ma psychiatre que lentement je suis en train de rendre dingue à parler de cinéma, que je s’infliger des nanars à la pelle, perversion que j’assume avec fierté mais dont je ressort quelquefois affligé, détruit, déprimé et d’autres fois réjouit, requinqué, le sourire aux lèvres d’avoir vu tant de souffrance, de destruction et de mort si ignoblement mis en scène. C’est sûr, ce n’était pas franchement l’effet recherché par San Andreas.

De réplique en réplique, au sens propre comme au figuré, San Andreas secoue de connerie et de scènes lamentables la salle de cinéma. Film catastrophe par excellence, il pousse le bouchon tellement loin, l’imbécilité humaine, la folie destructrice et l’exagération à des frontières telles qu’elles font trembler sur leurs bases les plus incroyables séries Z jamais produites par The Asylum, Menahem Golan, Bruno Mattei ou Roger Corman.

Puisant dans les entrailles de tous les films catastrophes possibles et imaginables, la source de sa propre autodestruction, San Andreas atomise la frontière de la parodie pour rentrer dans le monde belliqueux du suicide cinématographique.

Chaque scène ne trouve aucun enchainement logique avec une autre, des passages entiers sont coupés, remontés, cisaillés avec la gaucherie d’un éléphant mongolien armé d’une tronçonneuse.

Chaque assertion scientifique se base sur de vrais chiffres (oui étonnant) mais dérive ensuite très vite dans les libertés habituelles prises par Hollywood pour masquer son manque de véracité et de recherche scientifique. On ouvre Wikipédia et hop, torchée la partie scientifique. Fort heureusement, on a échappé à Morgan Freeman . Ok, on n’en a un peu rien à foutre vont me dire les plus chagrins, c’est un film mais tout de même, provoquer un Tsunami de plus de 227 mètres de haut (la hauteur du Golden Gate) alors que le séisme a eu lieu à l’intérieur des terres, je dis pas non mais j’aimerais qu’on m’explique.

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La seule solution pour échapper à un tsunami, foncer vers la vague en zodiac.

Chaque ligne de dialogue fait friser l’oeil et est balancée avec un aplomb formidable pour tomber à la seconde comme un pet foireux sur une toile cirée que l’éclat de rire ne peut que sortir immédiat. Chaque rebondissement frise le miracle divin et le jeu vidéo, à la frontière entre Rise of Tomb Raider et Uncharted 4 nappé d’un bon Steven Seagal des familles. Sans compter que l’on retrouve exactement les mêmes que dans 2012. Il suffit de remplacer l’avion par un hélico. Quelques uns en vrac : Défoncer une vitre de building avec un bateau à boudins, grimper un escalier comme un cabri après avoir eu le genou transpercé par un éclat de verre long comme la main, mettre immédiatement l’appareil que l’on pilote en navigation automatique parce que quand on est seuls à l’écran, c’est mieux, se dire que « non, on ne vas pas attendre à tel endroit parce que tel endroit est détruit on va plutôt aller à l’opposé exacte, mon père nous retrouvera », passer un coup de fil par le réseau terrestre parce que le sans fil ne marche pas et joindre son père sur sa radio UHF/VHF en ligne directe, dans on hélico…

Chaque mort d’un personnage est tellement absurde, tellement mal amenée, tellement prévisible qu’elle ne provoque au mieux qu’un battement de cil, au pire une crise de rire incontrôlable. C’est absolument lamentable et autant 2012 ne se prenait pas au sérieux et était complètement débile, autant San Andreas est bien le tsunami de déchets du cinéma que l’on attendait.

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Costa Croisières espère que ce voyage vous a plu et espère vous revoir très bientôt à bord de ses navires.

Les effets spéciaux sont effroyables, lamentables, complètement torchés, répétitifs, imbéciles, inutiles et franchement, que peu impressionnants. Et quant à la fin, flotte, sorti d’on ne sait où, le rouge, blanc et bleu du Stars & Stripes on sait que l’on a vu une sorte de miracle, un film que l’on n’osait attendre.

L’assurance qu’Hollywood n’a pas fini de nous offrir des purges de ce genre. San Andreas aura certainement des répliques dans l’avenir. Il fera des petits. Et sur les fondations de sa navrante nullité s’élèveront bien haut les futurs nanars de demain.

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