Robocop – Robochiottes

Genre : Policier / Action Durée : 1h57 Note : 02/20

Réalisé par : José Padilha Acteurs : Gary Oldman, Michael Keaton, Joel Kinnaman

Dans le futur, la ville de Détroit est en ruines et croule sous le crime organisé et la corruption, le policier, sauvagement blessé par un baron du crime se voit sauvé en devenant Robocop. Ce flic cybernétique, arme ultime de l’OCP, une grande organisation militaro commerciale, va vite devenir le justicier d’une ville qui en a bien besoin. Mais derrière le robot, que reste t’il de l’humain ?

Dans la liste inter-minable des remakes (j’ai décidé, il faut en prendre son parti, il y aura toujours des remakes), il y a des films cultes auxquels s’attaquer relève soit du masochisme et de l’inconscience totale, soit de la débilité profonde surtout lorsque les œuvres clé se trouvent être les monuments actionners 90’s que sont Total Recall et aujourd’hui Robocop.

Ce dernier, sous un film irrévérencieux au possible en même temps  que sauvagement violent  cachait une satire anticonformiste du capitalisme à outrance   américain en même temps qu’un véritable roman graphique de l’Amérique ultra-violente, ultra-armée. Son descendant est à renier, à déshériter, à exclure dans la forêt, à attacher à un arbre en espérant qu’un ours viendra lui bouffer les entrailles en même temps que les écureuils viendront finir les restes.

Cette cuvée 2014 avec son cul entre deux chaises, n’a pas le goût puissant et étonnant des entre-deux mers mais plutôt la saveur sirupeuse et parfois écœurante de ces vins trop sucrés qui vous donnent envie de gerber au bout du 3e verre.

Robocop 2014 est une merde infâme ! Dégoulinant de sentimentalisme nauséeux et teinté d’une  lamentable branlette existentielle sur une pseudo éthique médicale qui survole à une altitude Baumgartnienne les tenants et les aboutissants d’un transhumanisme qu’il entend condamner, Robocop relifté s’affranchit totalement de tout propos tendancieux, de toute subtilité narrative, de toute auto-parodie. En plus de se regarder et de se complimenter le nombril, il édulcore son univers pour basculer dans un soap ridicule qui tortille du cul et ressemble plus à une série TV pour Disney Channel qu’à un PG18 bourrin qui fait marrer par son exagération totale en même temps que son fond touche parfaitement là où ça fait mal.

La violence rabâchée jusqu’à l’auto-parodie de Verhoeven, la créature de Frankenstein de chair et de métal bricolée et sanglante contraste avec la canette de Pepsi et le manque de hargne et de bollocks du réalisateur d’épisode de Pokemon qu’est José Padilha. Robocop, n’arrête plus, ne flingue plus ou à peine, il tase ses ennemis, n’a plus de directives, forcément, c’est une couille molle.

Lisse comme un cul de nourrisson, le flic métallique se la pète Ironman, fusionne avec K2000, met un peu de peinture noire pour montrer qu’il est trop dangereux et devient ce qu’il était au départ, un film quasi infantile, sur un super héros  métallique réchauffé à mort au micro-ondes pour en altérer encore plus le goût. Manque plus qu’un gyrophare sur le sommet du crâne. Résultat, on nous sert une soupe dégueulasse où 15 minutes « d’action » maximum se disputent 1h42 de blabla insipide torchée par des acteurs qui n’y croient pas une seconde entre un drame familial aussi émouvant et triste que de voir Marc Dutroux se faire coller une balle dans le buffet et agoniser pendant des heures et des flics ripoux sorti d’un épisode raté de Julie Lescaux.

Quand on se paie Gary Olman et Michael Keaton, l’un et l’autre aussi à l’aise dans les rôles de salopards psychopathes patentés, on essaie d’exploiter leurs capacités dans le scénario pour leur filer un peu d’épaisseur au lieu de les faire passer à la trappe au profit d’une espèce de sergent de pacotille primaire con comme un balai et expressif comme un steak tartare. Que l’on n’attende rien de la part de l’acteur principal ok, mais même Peter Weller donnait plus d’émotion et de sensibilité à Robocop que Joel Kinnaman, véritable monolithique abruti longiligne qui même sous sa forme humaine semble avoir du mal à connecter deux neurones.

Quand on rabâche un détroit en état de ruine et sous la coupe d’une atmosphère de violence telle qu’elle en demande des moyens quasi militaire pour revenir à la normale, on évite de montrer une ville en plein soleil, des gens qui déjeunent en terrasse et des enfants qui se baladent comme si on était à Disneyland. La ville qui était un coupe-gorge où le viol et le meurtre étaient aussi courants que les feux rouges fait penser à une paisible bourgade de province où on achète Détroit-matin en sirotant son Starbuck Coffee dans un parc où les oiseaux chantent au-dessus des portiques où les enfants black-blanc-latino font de la balançoire en se tenant la main. Et je caricature à peine !

Voir l’un après l’autre Robocop premier du nom et sa version de 2014 montre bien le recyclage foireux, le nivellement par le bas du cinéma d’action qui privilégie de vfx (Visual effect)  au détriment d’un vrai travail d’ambiance, de mise en scène et de scénarisation. C’est une preuve supplémentaire du manque total de couilles des studios qui veulent ratisser le plus large possible en vidant totalement de son sens une franchise dont elle ne fait qu’exploiter le nom. On te recrache des références, des clins d’œils pour remplir le cahier des charges et faire genre en attendant que la machine mercantilo-nostalgique fasse son effet.

Seul problème, si les enfants n’ont pas souvenir du Robocop originel, les parents eux ont un vrai point de comparaison et ne peuvent qu’avoir envie de vomir leur pop-corn à la figure de José Padilha pour bien lui faire comprendre la médiocrité abyssale de son travail.

3 avis sur “Robocop – Robochiottes

  1. Après avoir vu le film, je cherchais mes mots, tant j’étais bouche bée devant cette… chose…

    Merci pour avoir parfaitement retranscrit ce que je pense. 😉

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