Rhum Express – Puerto Rico Blues

Genre : Aventure Durée : 2h00  Note :  10/20

Réalisé par :  Bruce Robinson Avec : Johnny Depp, Aaron Eckhart, Michael Rispoli

Paul Kemp, un journaliste bas de gamme se rend à Puerto Rico pour travailler au San Juan Star, une sorte de feuille de chou minable qui a du mal à garder la tête hors de l’eau. Se faisant sans grand mal au rythme local à base de sieste, marijuana, rhum et drogues de synthèse, Kemp tombe sous le charme de la fiancée d’un promoteur véreux et calculateur très empressé de devenir son ami et d’utiliser ses compétences pour mener à bien une importante opération immobilière. Kemp va très vite réaliser qu’il vient de mettre le pas dans un machination qui va très vite le dépasser.

Pour ceux qui s’en souviennent, Paul Kemp est le « même » personnage, semi-autobiographique de Hunter S, Thompson qui se rendait à Vegas pour y couvrir les 400 miles, une course de Motos Buggy dans le film Fear & Loathing in Las Vegas et mis en scène par Terry Gilliam. Thompson se créait en effet des avatars de papier pour coucher dans ses romans des bribes de sa vie dissolue.

Difficile alors de pas rapprocher les deux films tant ils sont liés pas l’histoire du même auteur et son évolution quelques années après. L’affiche elle-même n’est pas sans rappeler l’état apocalyptique de délabrement de la chambre du personnage de Las Vegas Parano. Tant la tentative de recréer la chute abyssale de Hunter S. Thompson dans le délicieux enfer de la drogue, des putes et de l’alcool à Puerto Rico est comparable au délire total que Gilliam avait instillé dans le trip sous acides, LSD, Mescal et autres stupéfiants dans Las Vegas Parano.

Mais là où le film de Gilliam brillait de mille feux par la mise en scène inventive, créative et bricolée de Gilliam. Par la véritable folie qui parcourait tout le film, la prestation hallucinante de Johnny Depp et de Del Toro dont on était en droit de se demander s’il n’était pas réellement stones pendant tout le tournage, Rhum Express loupe un peu le coche pour nous livrer une simple et gentille série de beuveries certes arrosées mais tranquilles avec des gars plutôt à la cool dans un Puerto Rico des années 60 joliment recréé.

Moins fou, moins assumé, moins déjanté, moins dans l’esprit de Thompson, cette petite histoire au charme et à l’humour un peu rétro se laisse regarder sans réellement convaincre in fine. Alors qu’il aurait pu être un film brillant où comme dans LVP on avait du mal à distinguer le réel du fantasme, le film, même pris indépendamment du film de Terry Gilliam, n’est qu’un amusant petit divertissement, certes pas mauvais du tout mais loin de convaincre autant que son illustre prédécesseur.

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