Premier Contact – 2016, l’Odysée de La Terre

Arrival movie poster - n'y allez pas c'est de la merde

Genre : Science fiction Durée : 1h56 Note : 17/20

Réalisé par : Denis Villeneuve Acteurs :  Amy Addams, Jeremy Renner, Forest Whitaker

 

Le jour où 12 énigmatiques vaisseaux extraterrestres débarquent sur terre et où toutes les tentatives pour communiquer échouent, Louise Banks, une linguiste surdouée est recrutée par l’armée américaine pour tenter de déchiffrer le langage de ces visiteurs et connaitre leurs intentions.

Le film d’extraterrestres est presque un exercice de style au cinéma. On peut citer 2001, District 9, Rencontres du 3e type, The Thing, E.T, Contact ou Alien entre autres, qui trustent le haut du panier dans un mélange parfois cérébral, émotionnel ou relativement violent dans le cas de la bébête de Ridley Scott. Mais on peut aussi tomber dans de la grosse soucoupe qui déborde.Dans de l’alien baveux comme un dogue aussi prognathe que les replets adipeux d’un texan en string stars & stripes. Dans du torchage de scénario si profond dans la rondelle qu’il en vient à racler l’estomac  des clichés prédigérés d’un Hollywood shooté aux SFX.

Si les noms de Skyline, Independance Day et sa résurgence,  Battleship en sa vérue Rihannesque, Battlefield Earth, Battle Los Angeles évoquent pour vous des souvenirs émus de moments de cinéma inoubliables et constituent pour vous la quintessence, la substantifique moelle de la science-fiction extraterrestre au cinéma, autant vous prévenir tout de suite, Premier Contact va vous faire tout bizarre.

Arrival Poster Thumb- n'y allez pas c'est de la merde

Loin de moi l’idée qu’on ne puisse pas s’éclater en science-fiction en regarde la charge héroïque d’abrutis finis et de décérébrés congénitaux sous une bannière étoilée qui finiront immanquablement par gagner, ça fait de la viande rouge a mettre sur le site en plus. Cela finalement ne change rien à leur condition de film de merde, c’est la fondement du plaisir qui change et passe du vrai plaisir avec un P à un acte proche du masochisme assez proche que de s’enfoncer des yakitoris encore chauds et couverts de verre pilé là où bon vous semble tout en écoutant Christophe Mae se masturber avec sa guitare.

Arrival, Premier Contact pour nous frenchies est ce cette race de film dont il vous reste autre chose qu’une poignée de pop-corn au fond d’un seau en carton. Un film dont on affleure la surface avant qu’il ne vous entraine au fond avec plaisir et violence et se révèle être une formidable réussite de mise en scène, de jeu d’acteur et surtout de scénario piégeux dans lequel les pièces s’assemblent sous vos yeux comme un véritable rébus visuel.

Arrival 03- n'y allez pas c'est de la merde

On arrive alors à la fin de la séance, reprenant une goulée d’air après une longue apnée, pour ressortir de la salle un peu sonné. Et au fur et à mesure où l’e film vous revient en mémoire, où chaque scène, chaque mot prend et pèse son sens, vous repenser abasourdi par la formidable maîtrise et l’incroyable épure dont Denis Villeneuve a fait preuve pour nous livrer son film.

Les images magnifiques se superposent à une musique envoûtante. Les dialogues, jamais bavards, toujours justes et pertinents, sonnent d’une justesse admirable dans la bouche d’une Amy Addams magnifique et d’un Jeremy Renner qu’on aimerait voir plus souvent dans ce registre d’une grande sobriété. L’intrigue, habilement tissée, s’immisce dans notre cerveau, lequel est tout à son aise pour intégrer les informations de l’énigmatique jeu de langage qui se dessine sous nos yeux.

Arrival 01- n'y allez pas c'est de la merde

Premier Contact se savoure comme de la grande cuisine, en identifiant patiemment chaque ingrédient avec douceur et désir d’en décoder la recette et d’en saisir le tournemain. Loin d’être un film élitiste comme certain peuvent voir 2001, c’est un film auquel il faut accorder son attention sans mater son portable toutes les 30 secondes. Un film qui laisse augurer du meilleur pour Blade Runner de la part d’un réalisateur qui sait prendre son temps comme pour en décupler le plaisir tantrique du cinéphile qui n’en attendait pas tant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *