Point Break – Extrêmement limite

Point Break Poster - Ny allez pas c'est de la merde

Genre : Drame, Action, Extrême, Bouse Monumentale Durée :  1h53 Note : 01/20

Réalisé par : Ericson Core Acteurs :  Edgard Ramirez, Luke Bracey, Ray Winstone

Une série de braquages ultra spectaculaires a lieu aux quatre coins du monde par des Robin des bois qui redistribuent l’argent aux plus pauvres. Johnny Utah, une ancienne gloire du motocross reconverti en agent du FBI défend la théorie que ces braquages sont le fait d’une bande de sportifs de l’extrême ayant décidé d’accomplir l’ultime Graal, le Ozaki 8, la réunion des 8 plus grandes épreuves extrêmes du monde toutes disciplines réunies. Une course poursuite teintée d’amitié extrême s’engage alors entre Utah et le mystique et charismatique Bodhi.

Fast & Furious ça vous dit quelque chose ? Sous couvert de courses de caisses et de tunning tape-à-l’oeil, le film originel qui était un bon prétexte pour mater des petits culs aussi rebondis que les voitures entre lesquelles ils circulaient, s’érigeait en copie mécanique et huilée du Point Break original de Katherine Bigelow. Pas de vague mais du bitume, pas de surf mais des soupapes. Ca ne roulait pas haut, ça volait même plutôt bas, mais c’était assez délectable de bêtise pour se laisser regarder. C’était sans compter les 40.000 épisodes que les studios allaient nous fourguer à la suite. C’est sur que dans le registre du flic infiltré dans un monde de rebelles adeptes de sensations extrêmes, on allait en bouffer à la pelle avant que son héros principal ne se la joue James Dean.

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Lâchez la thune, les veaux vont plonger dans le piège !

Mais voilà que, brillante idée, telle le virus Ebola dans le sang des singes qui passent leur temps à se sauter dessus pour quelques bananes avant de se faire becqueter par quelques Africains sans doute lassés du Mc Donald’s en pleine forêt, germa l’idée d’un remake de Point Break dans le cerveau des studios. Et voilà que, surenchère, pourquoi se limiter à ce petit sport de tapettes mouillées qu’est le surf ? Pourquoi ne pas basculer dans le suicide assisté par wingsuit, motocross snowboard ou autre (tiens ils ont oublié le Kite) histoire de fourguer un peu de 3D là-dedans en filant au passage la gerbe au spectateur. Le scénario là-dedans ? Le film s’appelle Point Break, il y a déjà des personnages existants, le spectateur s’en souvient sans doute, c’était vaguement (jeu de mot) un film culte. Alors, pourquoi se casser la nénette ?

C’est exactement l’expression qui résume Point Break et la relation de l’Hollywood avec le spectateur. Pourquoi se casser la nénette pour ce gros con de veau bouffeur de pop-corn dont les yeux vont absorber les images du film et reprendre tranquillement le volant pour aller se caler 9 quarter pounder dans le museau et rêvant d’arriver à tenir en équilibre sur l’accoudoir de son canapé ?

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Donc Tahiti est au large de Biarritz ? C’est chouette, ça fera moins loin pour envoyer les allocs.

Faut-il que le réalisateur (ancien dir photo de Fast & Furious, tiens, tiens !) et son scénariste se soient essayés au snowboard et se soient volontairement fracassés le crâne à plusieurs reprises en explosant de rire sur des rochers bien denses et affûtés pour nous pondre une résidu de lavement de l’ampleur de Point Break : « BUNK, ça fait mal ! BUNK, ça fait mal ! Huhuhuhuhu ! ».

Comment, s’il en est autrement, pondre des personnages, charismatiques comme un bulletin d’abonnement à Télé 7 Jours, aussi creux que les vagues qu’ils chevauchent, interprétés par des acteurs sans doute désespérés par l’ampleur du piège dans lequel ils sont tombés ? Mention spéciale au pauvre Edgard Ramirez pourtant excellent acteur qui peine se sortir des griffes d’un rôle qui semble irrémédiablement le tirer vers le fond, reprenant à grande peine, le rôle de Patrick Swayze (en brun, cheveux courts), leader de ces mecs qui passent des oinj, se mettent sur la gueule façon Fight Club, ont tout plein de tatoos et de gros muscles et une assurance et un arrogance à faire mouiller une otarie. Un groupe de bad guys auxquels vient se greffer Johnny Utah (en blond, cheveux longs).

Dans un tissu relationnel complètement inepte, nos personnages, gonflés de médiocrité, se réunissent autour de motivations rebelles métaphysiques de gamin de 12 ans et demi qui s’agitent vainement une histoire complètement débile aux scènes totalement surréalistes de sportifs accomplis, à la limite du X-Men, qui slaloment façon Lune d’Endor dans les pins dans une pente à 87° poursuivis par une nuée de rochers de plusieurs tonnes ou font un saut de l’ange inversé depuis le sommet de Salto Angel, les fameuses chutes du Roraima après avoir fait la montée de ses 979 mètres en varape pour s’en sortir comme des fleurs avant de se faire tracter par un bateau de pêche dans une vague de 50 ou 60 mètres de haut. Véridique ! Presque oublié le surf a qui une place réduite est offerte, au placard dpnc les performances de Bruce Irons, Albee Layer, Laurie Towner, Dylan Longbottom… On croise à peine Laird Hamilton deux secondes et autre têtes connues du milieu. Point barre.

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-Tu crois que j’ai eu raison de faire ce film ?  – Non tu as vraiment une tête de gland avec ce bonnet. Faut arrêter les bonnets…

Faut-il que le monteur, obnubilé, angoissé à l’idée de laisser la moindre once de silence ou de pause, soit un abruti shooté au cocktail de 3 litres red-bull/cocaïne/DMAE/Arcalion perdu dans les vapeurs d’encens de l’Ashram le plus dégueulasse d’Inde, pour pondre un tel foutoir épileptique dans lequel aucun raccord ni d’image, ni de dialogue, n’a de sens à moins de planer autant dans la mièvrerie new-age de « live for thrill, thrill for live, live for life and eat Doritos » gouroutisé par un verbiage dément d’interminables citations de vie à la con piochées sur Pinterest.

Le spectaculaire à ses limites, la tolérance au foutage de gueule n’a plus de limite, comme pour le crime, sur l’affiche. Un ratage total.

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