Oblivion – Futur antérieur

Genre : Action, Aventure, Science-Fiction Durée : 2h06 Note : 14/20

Réalisé par :  Joseph Kosinski Acteurs : Tom Cruise, Olga Kurylenko, Andre Riseborough, Morgan Freeman

 

En 2077, la situation sur la terre a bien changé. Des suites de l’attaque d’une force extraterrestre à la puissance terrifiante, la lune a été totalement détruite, causant son lot de catastrophes sur la terre, bouleversant ses écosystèmes, plongeant le globe dans un chaos de destruction totale. La race humaine s’est défendue bien sûr et à force de courage a gagné la guerre. Mais la planète, couverte des ruines de la civilisation, n’est plus le berceau de l’humanité qu’elle était. Une colonie a été installée sur Titan un satellite de Jupiter. Sous la surveillance du Tet une station spatiale orbitant autour de la terre et depuis leur tour terrestre, Jack, accompagné de sa femme Vika supervisent l’extraction des dernières ressources de la planète et luttent contre les dernières poches de résistance de la race extra-terrestre ayant ravagé la planète. Mais pour Jack, déjà hanté par des rêves obscurs de son passé, tout va changer le jour ou un évènement inattendu va surgir dans son quotidien bien huilé.

 

Lorsqu’on découvre le site de Joseph Kosinski on est tout de suite subjugué par la similitude de l’univers du bonhomme avec Oblivion. Dans tout le film, on retrouve cette touche Aseptisée, épurée, froide, mais étrangement familière, comme nimbée d’une touche gris-bleu impersonnelle, à la frontière d’une communication Apple ou de THX 1138 que l’on retrouvait déjà dans Tron mais qui versait plus dans « le cahier des charges ». Un univers qui nous est à la fois parfaitement étranger, mais aussi profondément familier. Un univers graphique qui nous permet de nous situer avec beaucoup de facilité dans le profond chaos que représente la terre en 2077.

Nombreux se sont essayés aux univers apocalyptiques au cinéma. Soit dans villes tentaculaires grouillantes d’une population à la frontière de l’explosion, dans des métropoles en ruine, désertées, vidées de leur flot sanguin de citoyens qui lui insufflait la vie, mais rares en ont rendu une vision aussi pessimiste, terriblement navrante et aussi magnifique visuellement. Plongé dans cet univers désolé d’une terre abandonnée, desséchée, recouverte de ces déserts immenses des cendres de l’humanité, la beauté clinique d’Oblivion explose totalement, alimentant le sentiment de solitude total dans lequel baigne les personnages et dont le seul éclair d’espoir est cette station spatiale qui orbite autour de la terre qui supervise leur mission est les ramènera bientôt chez eux.

Lorsque l’on fouille Oblivion, on retrouve une grande quantité de film de science-fiction et de romans d’anticipation. 2001, Stargate, THX 1138, Minority Report, la Planète des Singes, Inception… Références appuyées ou influences assumées, jamais le film ne souffre de la comparaison envers ses glorieux modèles si ce n’est, en conclusion, une similitude très flagrante avec l’un des ennemis les plus emblématiques des voyageurs spatiaux.

Oblivion, force est de le reconnaitre, visuellement est un film magnifique, superbe et porté par une musique grandiose dont certains accords vous rappelleront Inception. Il mélange avec habilité des effets spéciaux discrets, la lumière douce et glaciale de Claudio Miranda  et les décors incroyables, titanesques, assommants de beauté de L’Islande, nous rappelant au passage les premiers instants de Prometheus, plongeant la terre dans un tableau virginal, comme si celle-ci voulait renaitre et les humains rentrer enfin chez eux. Un écho, certainement à la peinture d’Andrew Wyeth aperçue dans le film.

Oblivion est porté par un Tom Cruise franchement parfait et heureusement car on ne voit presque que lui. Il joue en retenue et  est assez juste et entouré de la superbe Andrea Riseborough, le film évite l’écueil de la seule beauté graphique des batailles à gogo et des déluges pyrotechniques qui lassent et passent au ciné comme les varices sur les cuisses d’une vieille péripatéticienne aussi ancienne que la rue Saint-Denis où elle travaillait dans son enfance dans les années 20. C’est bien plus dans la dissection du personnage de Tom Cruise qui le film vient puiser son efficacité. Très vite, l’on comprend que l’enjeu du film n’est pas vraiment le succès de la mission de Jack, mais plus le devenir du personnage lui-même. La compréhension de son devenir, l’importance qu’il revêt dans cette histoire, le pourquoi de sa personnalité si complexe faisant d’Oblivion un film plus étrange et moins accessible pour les fans absolus de blockbusters imbéciles.

Loin, vraiment loin encore de se rapprocher de récents bouleversants chef-d’œuvres comme Moon par exemple, Oblivion est un film vraiment séduisant. L’histoire est intelligente bien que pas délirante d’originalité, structurée même si le film est très prévisible et que l’on sent la pression des studios derrière le réalisateur encore tout jeune dans la jungle hollywoodienne et que le film traine, souvent, terriblement, d’interminables longueurs, nuisant beaucoup au rythme plus soutenu, plus lourd, plus noir qu’aurait mérité le film. En faire une histoire plus « légère », plus abordable n’aura pas été une bonne solution.

Avis sur “Oblivion – Futur antérieur

  1. Super article, comme toujours. Personnellement, j’ai adoré Oblivion, principalement, comme toi, pour ses qualités graphiques: les images sont justes superbes.
    Quoi qu’il en soit, même si son sénario n’était pas digne d’un Tarantino (encore des erreurs de jeunesse comme tu le dis), çà reste un très bon film, et à cette occasion, je trouve que 14/20 est un peu faible, j’en aurais donné un peu plus personnellement.

    HS: Petit message perso pour te rappeler que si tu souhaites me contacter (pour une collaboration comme prévue), tu peux le faire via twitter 😉

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