Ninja Turtles – Carapace Rouge

Genre : Comédie, action, aventure  Durée :  1h42  Note : 02/20

Réalisé par : Jonathan Liebesman Acteurs : Megan Fox, Will Arnett, William Fichtner

A New-York, le Footclan fait parler de lui au travers de braquages spectaculaires et d’actions d’éclats. Contrôlant la politique comme la politique, leur chef, Shredder, compte bien devenir le maître absolu de la ville. C’est sans compter sur 4 justiciers étranges, véritables experts en art martiaux et ressemblant à des tortues géantes. Ces derniers sont bien décidés à faire régner la justice et arrêter les plans maléfiques de Shredder et ses alliés.

Nées de l’imagination un peu dingue de Kevin Eastman et Peter Laird, les Tortues Ninja étaient à la base un comic parodique des héros de l’époque. Plutôt ultra violente, la BD one shot est vite devenue une série, puis un dessin animé franco-américain au succès planétaire et arrivé sur nos écrans au début des années 90. C’est sans doute par là que tous les trentenaires en ont entendu parler.

Après plusieurs films et plusieurs séries live et animées à la qualité plus que reprochable, les tortues reviennent sur grand écran, parrainées par le prince du tape-à-l’oeil clinquant, le duc de la caméra girouette, le seigneur de l’illisibilité visuelle, le roi du vulgaire beauf racoleur sur grand écran, le messie du placement produit, le bien nommé Michael Bay.

Aidé de Jonathan Liebesman à qui l’on doit les désastreux La Colère des Titans, World Invasion : Batlle Los Angeles et Massacre à la tronçonneuse, le duo de creuseurs de tranchées qui filent autant le mal de mer que le mal de crâne propulse nos malheureuses testudines dans un vomitif maelstrom machine-alavesque sans queue ni tête. Un néant cinématographique total que tout parent devrait interdire à son enfant à moins de lui faire rentrer dans le crâne que c’est de la merde en tranche et pourquoi.

Enfoui de honte dans sa carapace totale de médiocrité scénaristique, le film étire son intrigue aussi anorexique qu’un mannequin prépubère de chez Élite servant de défouloir à des producteurs libidineux de la place de Paris ou de l’appart de DSK au choix, rarement un film n’a réussi à enchainer d’une façon aussi décousue de pénibles scènes d’actions et de navrantes scènes de dialogues aussi pauvres qu’inutiles mâtinés d’allusion sexuelles qui vont faire bien auprès des 6-8 ans un peu zoophiles sur les bords.

Copains clopin-clopant sur la route caillouteuse d’une histoire réussie, Bay et Liebesman, hésitent et persistent dans un récit artificiellement complexifié qui pulvérise l’histoire originelle pour mieux la vider totalement de son sens premier. On tombe dans des rebondissements aussi prévisibles que la syphilis prochaine de Nabila, exit la subtilité, exit la satyre politique, exit le pamphlet sur la pollution et exit les ennemis crétinoides et extraterrestres. On sort la carte du reboot comme pour encore une fois justifier de son incroyable inaptitude à inventer quelque chose de réellement nouveau et pas recycler une franchise usée jusqu’à la corde pour en faire un produit formaté pour plaire au plus grand nombre et idéale pour faire du placement produit comme un gros porc.

On retrouve alors évidemment le montage parkinsonien de scènes épileptiques enchainées sans logique, ni queue, ni tête, ni bras, ni rien, la lumière clipesque dégueulasse et les scènes de fight à la limite du test de Rorshach de l’école Michael Bay. Cocktail qui semble faire des émules et prend malheureusement le chemin pour devenir la norme.

S’ensuivent alors : un Shredder inexistant à la frontière du Transformer dans son armure de pédale en métal, des plans de New York en proie au Chaos à la Avengers; une April O’Neil-Megan Fox  putassière voire pute tout court qui se donne de faux airs de petite fille sage pour mieux exciter l’adolescent aux hormones bouillonnantes; du rap et du beatbox parce que ça fait super trop cool mais, je sais pas vous, moi ça me les brise sévère d’en bouffer à toutes les sauces. Bref le cahier des charges  vulgairo-racoleur-brasseur de vent qui donne envie de chier à la gueule de Michael Bay pour le forcer à s’essuyer le visage avec les pages de son lamentable script en espérant qu’il utilise aussi celles de ses futurs projets.

Ce Ninja Turtles est un ratage total, merci Michael merci John pour la profonde sodomie dans un dessin animé de mon enfance. Hommage à Mario Kart donc et caparace rouge dans vos gueules !

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