Need For Speed – Give me a break

Genre : Action, aventure Durée : 2h11 Note : 07/20

Réalisé par : Scott Waugh Acteurs : Aaron Paul, Dominic Cooper, Imogen Poots, Ramon Rodriguez, Michael Keaton, Scott Mescudi

Parce qu’ils partagent la passion des belles voitures tunées, Tobey Marshall et Dino Brewster sont amis. Mais amis de plutôt loin, car si le premier est plutôt rangé, sans le sou et s’occupe du garage que lui a légué son père tout en faisant quelques courses de voitures, l’autre est plutôt du genre truand opportuniste bourré de fric, calculateur et sans pitié. Lorsque Dino lui propose de « préparer » une Mustang pour en faire une voiture exceptionnelle, Tobey se méfie puis fonce face à la promesse de 25% sur le prix de vente de la voiture. Mais la situation va largement se compliquer lorsque Dino va provoquer Tobey en duel en circulation réelle.

A Hollywood comme dans d’autres endroits où l’on produit du cinéma, ça a finalement toujours été pareil. Pas bien différents des opportunistes et totalement sans vergogne créateurs du Studio Asylum (http://www.theasylum.cc/) dont je vous laisse découvrir ou redécouvrir les perles, on se dit que récupérer une idée qui marche sans trop se casser le cul à inviter un scénario, c’est plutôt cool, et que si en plus c’est tiré d’un franchise vudéo-ludique qui fait vibrer le geek moyen pour lui donner envie de rentrer dans la salle sans se poser de question ça va cartonner. Non seulement  ça ménage d’intenses efforts intellectuels que de toute façon on est incapable de fournir pour trouver une fin digne de ce nom mais avec un peu de chance, on aura peut-être même des stock-shots dans les tiroirs pour économiser quelques dollars.

C’est vrai quoi, la vie c’est comme une boite de cassoulet ! Si si ! Quand on achète une sous-marque de cassoulet, on a les saucisses, des morceaux de lard, les fayots et la sauce épaisse comme le sang d’un Texan shooté aux hormones. Le tout a une vague odeur de pâtée pour chat aux bons morceaux de saumon avec une saveur un peu plus dégueulasse que la moyenne, mais somme toute assez proche pour que l’amateur peu éclairé qui ne fait généralement pas tellement la différence entre un Twix™ et un Carambar™ y trouve son bonheur. Pourquoi se vriller les méninges à essayer de développer une intrigue que le vulgum pecus écoutera d’un œil discret avant de râler à la fin du film en disant, « bouh, c’est compliqué cette histoire, moi je venais juste voir des mecs dans des caisses ».

Dont acte.

Need For Speed est une boite de sous-marque de cassoulet. Enfin plusieurs boites de sous-marque de cassoulet en ferraille qui roulent très vite sur les routes américaines. Des boites de sous-marque de cassoulet dont certains conducteurs finissent dans une boite en bois entre quatre planches. Ce qui est bien pour l’exportation des boites de sous-marque de cassoulet parce que ça conserve bien pendant le voyage, mais un peu moins bien pour les conducteurs parce qu’ils sont morts, mais en même temps, ils n’ont pas besoins d’être conservés contrairement à la sous-marque de cassoulet. Vous me suivez ?

Avec Need For Speed, les studios se paient le luxe d’être encore moins transparents que d’habitude et piétinent le cadavre encore chaud de la franchise Fast and Furious qui s’éteindra certainement après que le départ de Paul Walker en ait précipité involontairement la chute. Même générique de début, mêmes lumières clinquantes, mêmes plans décadrés, mêmes musiques électro-hip-hop-j’écoute-que-de-la-daube-en-barre et même tentative d’humour ras le bitume, mais sans l’abus totalement dégressif que certaines scènes d’action de la saga Vin Dieselesque nous a servi quelquefois en allant lorgner du côté hyper testostéronique de certains actionners 80’s totalement abrutis mais diablement jouissifs.

N4S est une sous-marque, un produit low cost produit avec des moyens considérables pour nous offrir un résultat considérablement low-cost voire même bien pire que moyen. On reprend les mêmes ingrédients, des grosses bagnoles qui font beaucoup de bruit en brassant du vent, des méchants qui font beaucoup de bruit et qui brassent du vent, des gentils un peu méchants qui font beaucoup de bruit et de blagues pourries et des pouffes qui brassent du vent et font les pouffes et des pouffes qui s’y connaissent en mécanique pour exciter la libido des méchants et des gentils qui font des blagues pourries et conduisent des caisses de rêve. Perso, je suis plus vieille mustang que Bugatti Veyron.

On a donc le White Rebel « King so bankable depuis Breaking Bad », le white bad guy, le White dead too young to die, le je sers à rien black side-kick dis-moi connard dans ton avion si tu pouvais fermer ta gueule ça me ferait des vacances, les whites side-kicks trop sympas et les pouffes au milieu pour faire triangle voire rectangle amoureux.

On colle par-dessus un scénar pseudo shakespearien torché à la Téquila frelatée, un Michael Keaton en speaker sorti d’on ne sait où mais Michael Keaton il est cool, une dramatique tragédie familiale vraiment dramatique il faut le dire deux fois et une image du père pesante et trébuchante façon La Fête A La Maison et on crashe le tout dans le décor à pleine vitesse en précipitant le film dans un abîme d’ennui sidéral dont les enjeux et le dénouement nous importent autant que le crash en flammes du prochain morceau de Magali Vaé. Sincèrement, l’huile de moteur ne lubrifie décidément plus assez et ça ne passe pas.

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