Moonwalkers – L’odyssée du portnawak

Moonwalkers Poster N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Comédie, action Durée :  1h47 Note : 13/20

Réalisé par : Antoine Bardou-Jacquet Acteurs :  Rupert Grint, Ron Perlman, Erika Sainte, Eric Lampaert, Kevin Bishop

Juillet 1969, Apollo 11 s’envole vers l’espace avec à son bord, Neil Armstrong,  Michael Collins et Edwin « Buzz » Aldrin. À la CIA et à la NASA, ça s’agite. Et si la mission était encore un échec ? En pleine Guerre Froide, ce serait une humiliation totale. Tom Kidman, un agent méchamment traumatisé par la guerre du Vietnam est dépêché en Angleterre pour contacter Stanley Kubrick. Les USA désirent convaincre le réalisateur du fraîchement sorti « 2001, l’Odyssée de L’Espace » de réaliser  un faux alunissage pour prendre les Russes de vitesse, même par le mensonge.  Seulement, Kidman ne trouve pas Kubrick, mais Jonny, un manager branleur, cousin du producteur de Kubrick, opportuniste, fumeur de joints, amateur de drogues hallucinogènes qui va tenter de le tromper en faisant passer Leon, son meilleur ami, pour le grand réalisateur. Une très mauvaise idée.

Le programme Apollo est entouré de théorie du complot et de ragots qui portent préjudice à la performance technologique et scientifique que fût l’aventure spatiale et une débauche de fric et un concours de bite à l’échelle mondiale entre l’URSS et les USA.  La fin des années 60 et le début des 70’s marque une période charnière pour les deux pays, l’Europe et par jeu de rebonds, le monde entier.

Dean Craig, qui jusque-là ne s’était illustré que dans de gentilles petites comédies anglaises, trouve ici un scénario pour laisser sa plume s’exprimer. Grâce à la réalisation très british du français Antoine Bardou-Jacquet qui lorgne à la fois du côté d’Amicalement Vôtre, Jackie Brown et de Snatch avec un côté film indépendant américain, Moonwalkers joue la carte de l’immersion 60’s dans une franche comédie au thème d’autant plus réjouissant qu’il appuie de référence le travail de Stanley Kubrick.

Moonwalkers 01 N'y allez pas c'est de la merde
Ground control to major tom…

Des typos aux costumes, de la musique aux objets, des bâtisses aux intérieurs, tout respire l’univers du réalisateur britannique sans pour autant sauter aux yeux. Un véritable régal pour les cinéphiles sur fond de gangsters abrutis et violents, de personnages loosers au possible, de grosses brutes sans cervelle, de délires éthyliques et paradis artificiels sous drogues hallucinatoires. Moonwalkers a su garder cette saveur de la comédie anglaise qui, rythmée au cordeau, sait distiller la folie sans en faire trop, caricaturer à la frontière de la méchanceté, faire mal à ses personnages pour que l’on y prenne du plaisir.

Moonwalkers 02 N'y allez pas c'est de la merde
Stanley en plein travail

Dans Moonwalkers, Ron Perlman rencontre un autre Ron, Weasley lui, Rupert Grint, l’alter ego d’Harry Potter est exactement là où on l’attend. Très à l’aise dans l’une des périodes phares de la créativité du Royaume-Uni, jeune adulte un peu abruti, insouciant et absolument inconscient de la portée de ses actes. Face à lui, le calculateur, méthodique, terminatoresque Tom Kidman (Ron Perlman) qui voit son monde si bien réglé vaciller à coup visions de stress post-traumatique, de prises de drogue involontaire et de plan bien réglé s’effondrer par la faute de deux gamins qui pensent que tourner un alunissage se fait les mains dans les poches.

Il en résulte une comédie légère, très rythmée, sans temps mort, intelligente et référentielle, tirée par les cheveux (longs) juste ce qu’il faut et reposant sur une idée simple et brillante. Une comédie comme on les aime.

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