Moonrise Kingdom – My kingdom for a Wes Anderson movie

Genre : Comédie dramatico-cartoonesque Durée : 1h34  Note :  18/20

Réalisé par :  Wes Anderson Acteurs : Bill Murray, Frances Mc Dormand, Edward Norton, Bruce Willis, Tilda Swinton, Jason Schwartzman, Jared Gilman, Kara Hayward

Dans la petite île de New-Panzance en Nouvelle-Angleterre, les très atypiques Sam Shikusky et Suzy Bishop, un scout et la fille d’avocats établis sur l’île, 12 ans tous les deux, tombent fous amoureux l’un de l’autre. Au terme d’une longue correspondance, ils décident de s’enfuir ensemble lançant derrière eux une véritable équipée qui n’aura de cesse que de les retrouver.

Wes Anderson, pour certains, ce nom est soit représentatif d’un néant absolu parce que simplement, il n’ont jamais entendu parler de réalisateur qui ose la veste en tweed par 40° à l’ombre soit son nom est synonyme d’un ennui profond, d’une torpeur sidérale qui leur parle autant que les indices de spéculation sur les capacités de remboursement des pays européens en fonction de l’ampleur de leur dette publique. Là, normalement, je devrais faire une analogie avec les fans sus nommés et leur amour immodéré pour les émissions culturelles comme « attention à la marche » ou « toute une histoire » mais nous abhorrons les caricatures faciles. A ceux qui n’aiment pas Wes Anderson, passez votre chemin, vous détesterez Moonrise Kingdom, c’est certain !

Pour d’autres, comme pour nous, Wes Anderson est un véritable poète, un métronome de l’image, un véritable magicien du verbe et de la mise en scène qui au détour d’un détail à l’arrière plan, qui d’un regard complice d’un acteur, qui d’une répartie féroce et décalée sait faire couler dans notre cœur cette larmichette qui ne demande qu’à sortir sous la forme d’un sourire de plaisir satisfait de l’avoir vu réaliser une scène formidable. Il n’y a pas, dans Moonrise Kingdom, un seul plan qui ne contienne une idée, pas une répartie qui ne soit à sa place, pas un éclairage patiné aux années 65 qui ne fasse tâche dans cette ensemble d’une rare cohérence.

Le mot métronome utilisé dans le paragraphe précédent n’est pas du au hasard. Moonrise Kingdom sonne d’entrée de jeu comme un symphonie, la première scène parle de musique, tout le film est porté par une compositions magique laquelle est décortiquée dans le générique de fin ou par les morceaux de musique qui viennent doucement ponctuer et même enrichir les différentes scènes du film avec un justesse formidable. Wes Anderson est certainement le seul à pouvoir vous coller du Françoise Hardy à un moment totalement inattendu et a rendre ce moment inoubliable.

Les cuivres, les caisses, les cordes de Moonrise Kingdom, ce sont ces acteurs, ce casting absolument génial d’anti héros loosers et marginaux  dont le jeu parfaitement réglé converge vers la composition de cette étrange famille, point commun à toutes les histoires du réalisateur. Un Bill Murray en filigrane, avocat névrosé en pyjamas, un Frances Mc Dormand au bout du rouleau, Un Edward Norton en Chef Scout émasculé, un Bruce Willis en flic pécheur looser à coté de la plaque, Tilda Swinton en responsables des services sociaux sociopathe, Jason Schwartzman en scout vénal et bling-bling et surtout deux enfants formidables Jared Gilman et Kara Hayward, à des millions d’années-lumière des canons de beauté aryens formatés par Disney qui campent deux filous marginaux, amoureux l’un de l’autre comme deux enfants qu’ils sont.

Ce véritable conte initiatique, surfe sur l’innocence et la spontanéité des sentiments humains qui sont, tous les insulaires vous le dirons, catalysés par la vie dans une petite communauté vivant sur une ile. Il distille au gré de ses 1h34, un parfum de bonheur total. Cette histoire drôle, cette comédie burlesque, faussement violente, terriblement dramatique, merveilleusement touchante, profondément réelle et pourtant quelquefois à la limite du cartoon émerveille totalement, submerge d’émotions spontanées tendres et simples.

Si d’aucuns, pourraient lui reprocher de rentrer dans un systématisme calculé et de « faire du Wes Anderson » il n’en est rien. On retrouve certes la manière de filmer du réalisateur, c’est fait indéniable, mais c’est pour que ce dernier nous emmène sur le terrain non encore explorés par le réalisateur. Celui des amours et de la solidarité enfantine qui entraine non seulement les deux Roméo et Juliette mais aussi tous leurs poursuivants dans une escapade déchainée, une grande évasion pour faire éclater leur amour au grand jour.

Il y a peu, trop peu de films, qui font ressortir de la salle avec un sourire franc et du baume au coeur. Trop peu de film qui ne vous tirent pas des larmes à grands coups de grosses ficelles mais provoquent l’émotion au lieu de la déclencher à grands coups de clichés et de désagréables crincrins de violons élimés. Moonrise Kingdom est simplment de ceux-là, à voir seul, en famille, en amoureux et à faire partager.

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