Monuments Men – Croûte

Genre : Action, Aventure, Comédie, Guerre  Durée : 1h58 Note : 10/20

Réalisé par : George Clooney Acteurs : George Clooney, Matt Damon, Cate Blanchett, Bill Murray, John Goodman, Bob Balaban, Hugh Bonneville, Jean Dujardin

 

La fin de la Seconde Guerre Mondiale. C’est bientôt la débandade pour les Allemands qui emportent avec eux un trésor de guerre fabuleux, des toiles, des sculptures, des œuvres d’art privées ou appartenant à des musées disparaissent par camions entiers en Allemagne à la disposition du Führer ou de quelques privilégiés. Profitant de cette période de confusion, des hommes, experts en arts et histoire débarquent pour tenter de sauver cette fuite des œuvres en les récupérant pour les restituer à leurs propriétaires.

En voilà une idée qu’elle est bonne ! Partir d’un fait historique en soi passionnant pour en ressortir un morceau de cinéma, émouvant, ridiculisant et touchant encore juste  pour ridiculiser le Führer et sa mégalomanie de frustré artistique. Montrer ô combien la bravoure, le sens du devoir et la haute connaissance en matière d’art américaine ont su œuvrer main dans la main avec une héroïne française pour sauvegarder le patrimoine artistique d’une Europe déchirée par la guerre et pillée par des envahisseurs qui venaient de se prendre une branlée sévère.

Sous le label  « inspiré d’une histoire vraie » on fait passer un peu tout et n’importe quoi. Il y en a eu des films encensés qui ainsi étiquetés donnaient aux spectateurs américains un palliatif à bas prix de quelques pages d’un manuel scolaire ou d’un bouquin de bibliothèque que de toute façon ils n’ouvriront jamais. Monuments Men c’est exactement ça ! Une espèce de comédie potache sur un très vague fond historique qui se donne de grandiloquents airs d’héroïsme, mais qui au fond, survole à l’altitude d’un B52 le contexte historique dans lequel il est sensé se dérouler  sans jamais rentrer dans le fond de la souffrance catalysée par les évènements qu’elle dénonce.

On a alors franchement l’impression d’assister à un Ocean’s Eleven pendant la Seconde Guerre mondiale, un gang-movie à sketch façon Papa Schultz, mou du cul où des brillants potes plus malins que tout le monde s’autocongratulent mutuellement en rigolant de leur supériorité sur l’ennemi, se regardent crever en versant de chaudes larmes auxquelles on ne croit vraiment pas une seconde ou partagent de beaux moments d’émotions pures aussi puissants qu’un reportage sur la fabrication du dentifrice mentholé en Corée du Nord.

George Clooney qui essaie de se la jouer Soderbergh mixé avec un peu d’Inglorious Basterds ça tombe à plat. Plus pertinent quand il s’ébroue dans des films plus politiques même si on le voit souvent à cette occasion nager dans un nuage d’égo et de satisfaction surdimensionné, il n’insuffle à Monuments Men, cette impertinence, ce petit grain de folie et surtout cette construction limpide et cette subtile inventivité visuelle qu’un réal comme Soderbergh sait l’apporter à ses films.

Pas franchement drôle ni passionnant et plutôt même soporifique par moment, le cul entre deux chaises et pas du tout respectueux ni de la vérité historique ni des terribles évènements qui secouaient l’Europe à cette époque, sous-exploitant ses acteurs, Clooney offre une version hypermaméricanisée du conflit, balisée, enfermée dans son cahier des charges, souvent très pauvre narrativement comme dans ses dialogues. La seule vraie bonne idée étant le running gag du désastreux accent français de Matt Damon. La fin du film façon soldat Ryan achève d’emballer le tout dans un écrin très propre sur lui, très mignon tout plein et disons le franchement très très chiant.

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