Moi, député – Député, langue de pu…

Genre : Comédie Durée : 1h37 Note : 06/20

Réalisé par :  Jay Roach Acteurs : Zach Galifianakis, Will Ferell, Dan Aycrkoyd, John Lihtgow


Cam Brady est un député à succès, concourant pour sa réélection pour la 5e année consécutive, il se dirige tranquillement vers son nouveau mandat, absolument serein, se sachant le seul candidat en lice. Pourtant, lorsqu’il fait un gaffe monumentale, ses financiers, deux hommes d’affaires aux méthodes plus que discutables, décident de se débarrasser de lui en lui mettant un concurrent dans les pattes en la personne de Marty Huggins, le directeur de l’office du tourisme local. N’y connaissant rien en politique et ayant le charisme d’une sanisette publique, ce candidat que personne ne prend au sérieux va peu à peu devenir un redoutable adversaire pour Cam Brady qui va devoir sortir son grand jeu politique fait de coups bas et de manipulations sordides pour rentrer dans la bataille et gagner son nouveau mandat.

Les films de Will Ferell ne sont pas réputés pour leur finesse. Mis à part L’Incroyable Destin de Harold Crick où il se révélait excellent, peut-être aidé par le scénario génial de ce héros de papier qui vit sa vit en même temps qu’une romancière est en train de l’écrire, l’acteur est plutôt spécialisé dans les grosses comédies américaines qui tâchent dont certaines sont parfois hilarantes, d’autres beaucoup plus moyennes quand certaines sont franchement à reléguer au rayon DVD à 3€ ou à donner en cadeau bonus avec un paquet de corn-flakes ou de rouleau de papier cul.

La promesse d’une comédie satirique autour des campagnes politiques américaines et de leurs coups bas, manipulations et tacles sauvages était alléchante. On l’a vu avec sérieux dans Les marches du pouvoir, le plus ancien des hommes d’influence ou d’autres encore, les arcanes de la politique sont un vivier pour les films à suspense, mais recèlent également, c’est certain, un potentiel énorme pour bâtir une comédie solide, cruelle et cynique ce qui est loin d’être le cas de Moi député.

On attendait donc un déluge de personnages horrible d’un coté, naïf au possible de l’autre et une démonstration de force dans les coups les plus sordides imaginables, caricaturant avec une certaine vérité les monstruosités qui peuvent se jouer entre candidats à un mandat. Résultat, on se retrouve avec une trop gentille comédie sans saveur, jouée par deux acteurs plutôt fainéants, ne jouant pas de leur image pour nous surprendre, n’utilisant pas leur capacité de comique au mieux pour en faire des caisses et cachetonnant à mort sur un scénario d’une pauvreté et d’une prévisibilité affligeante.

Il est à peu près alors aussi difficile de tomber sous le charme abscons de cette comédie fade comme une sauce pimentée de nems dégueulasses que l’on vous sert dans les rayons de grande surface sous l’appellation nourriture asiatique. On sourit de temps en temps, mais on se décroche les zygomatiques à peu près autant que lorsque l’on regarde le journal de 20h nous parler d’un pâté de maisons en Syrie qui après avoir été bombardé tout la journée s’est vu ravagé par le crash d’un A380 rempli à raz bord d’enfants orphelins évacués pour éviter qu’ils ne succombent à la septicémie foudroyante qui leur est tombée dessus après qu’on les ait amputés des quatre membres. Les gags ne font pas mouche, sont mal écrits et ne versent pas dans la méchanceté que l’on attendait.

Le duo Galifianakis / Ferell a beau faire des pieds et des mains et se débattre tant bien que mal pour tirer le meilleur de la très mauvaise écriture des dialogues, le film ne décolle pour ainsi dire jamais en s’embourbe même sur la fin dans un ridicule sentimentalisme et une leçon de morale aussi utile que la fusion d’un préservatif et d’une passoire. Moi Député est en fait un film de fainéants. Fainéant du scénario que l’auteur ne s’est pas trop cassé le cul à écrire, ne cherchant pas la justesse dans l’exagération et le mauvais goût comme l’auraient fait les Farelly de la grande époque qui, il est triste de le constater, restent encore avec leurs premiers films, des références d’une comédie américaine hyper efficace qui explosait les conventions. Un film mou du réal et du monteur également qui n’ont pas du tourner beaucoup de rushes et se contenter timidement de faire le minimum syndical soit pour ne pas déranger les acteurs, soit pour simplement s’économiser un peu… Après tout, c’est qu’une comédie…

Celui qui avait pourtant réalisé les Austin Powers et Mon Beau-père et moi est donc devenu paresseux et aussi surprenant que les surprises des œufs du même nom. Des poncifs répétitifs et de mauvaise qualité entourée d’un enrobage bas de gamme qui fini par filer la gerbe quand on en mange trop. Moi député mérite à peine d’être diffusé un mardi après-midi sur des chaines de la TNT juste entre un émission de télé-réalité pour ramollis du bulbe et un talk-show insipide sur les déboires sexuels des manchots hermaphrodites (le manchot humain pas la bestiole qui sent le poisson mort).

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