Miss Hokusai – Ode à Edo

Miss Hokusai - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Action, comédie Durée :  1h33 Note : 14/20

Réalisé par : Keiichi Hara Acteurs :  Yukata Matsushige, Kumiko Asa, Anne Watanabe

Edo, 1814, Hokusai est un peintre reconnu dans tout l’archipel nippon. Maître devant les maîtres, il vit avec sa fille, O-ei dans un atelier qui ressemble plus à dépotoir qu’à une salle de travail. Le père et la fille réalisent à quatre mains des œuvres de commande ou d’autres œuvres d’art qui marqueront l’histoire de l’art japonaise. O-Ei indépendante à fort caractère doit se battre entre un père névrosé de dessin, sa petite sœur aveugle, des courtisans à éconduire et des amours à saisir.

Hokusai est fameux pour son interdisciplinarité, des fresques de 30 mètres de long, à la Vague de Kanagawa en passant par la peinture sur grains de riz et les croquis et estampes féminines, voire un peu coquines. Mieux Hokusai est un trésor national pour nombre de japonais. Miss Hokusai, son titre l’indique, s’intéresse bien plus à la fille qu’au père et tente de dépeindre une époque que l’on a du mal à imaginer, cette de Tokyo avant Tokyo, de l’époque Tokugawa avant que l’ère Meiji, en 1868, ne démarre l’époque de l’Empire du Japon et ne sorte le pays de son isolement (à l’époque, toute personne quittant le japon était passible de la peine capitale) pour le faire entrer dans une période profonds bouleversements socio-économiques.

Miss Hokusai est une peinture de la vie quotidienne de cette époque. Ainsi les ponts communautaires, les petites échoppes, des restaurants aux bordels à prostituées ou travestis, des ruelles écrasées de soleil, aux échoppes à l’ombre réparatrice, de l’hiver en kimono aux soirées d’été en yukata, c’est la vie qui s’agite, la ville qui prend vie, Edo qui se transforme…

Miss Hokusai 03 - N'y allez pas c'est de la merde

Miss Hokusai, c’est aussi l’histoire d’une jeune femme volontaire, au caractère affirmé qui bouscule un peu les conventions d’un pays où les femmes étaient plus sur la réserve que dans l’affirmation personnelle. On retrouve dans cet aspect du cinéma d’animation japonais cette volonté de mettre en avant des personnages féminins forts qui loin de rabaisser la masculine énergie de leurs homologues testostéronés, offrent une certaine image de la féminité japonaise. Parfois cachée derrière des traits durs se cachent une puissance propre à porter la famille, les valeurs, les combats jusqu’au bout.

L’amour du dessin n’est pas en reste lui non plus, c’est littéralement dans la pensée latérale créative du père et de la fille Hokusai que le film plonge. Au cœur des démons, des dragons, des croyances et des préceptes religieux d’un Japon superstitieux et croyant. A l’image d’un Isao Takahata, le film mélange parfois plusieurs styles d’animation, d’influence de plusieurs auteurs, mélange les gens harmonieusement pour des ruptures de rythme faisant basculer entre rêve, réalité et irréalité. Miss Hokusai, finalement c’est à la fois l’histoire de l’inspiration et la fable qui raconte le façonnement d’une personnalité. Au travers de son affirmation personnelle, sa perception au monde et notre rapport aux autres.

Miss Hokusai 01 - N'y allez pas c'est de la merde

Si les personnages sont un peu cliché, le rythme pas toujours renversant de dynamisme, le film est suffisamment prenant et agréable à suivre pour gommer ces moindres défauts. Ce n’est pas du Ghibli, ce n’est pas de l’animation d’action, c’est du pur Keiichi Hara, une histoire bien racontée comme un conte japonais, avec légèreté et poésie, humour et frénésie, ses moments de joie et ses moments de tristesse.

C’est simple et ça fait un bien fou.

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