Men In Black III – Un ver ça va, 3 bonjour les dégats…

Genre : Comédie Durée : 1h44 Note : 07/20

Réalisé par :  Barry Sonnenfeld Acteurs : Will Smith, Josh Brolin, Tommy Lee Jones

 

Il y a 14 ans que le l’agent J a été recruté par le taciturne agent K pour combattre des Aliens et défendre la terre de leurs exactions violente et de effacer de la mémoire du vulgum pecus la trace de leur passage quelquefois destructeur. Mais même après 14 ans, J tente toujours de percer le secret de la personnalité étrange de son collègue. Des évènements dramatiques vont bientôt bousculer le quotidien du « couple » et permettre à l’agent J de répondre à ses questions.

Quand on repense à MIB premier du nom, on a du mal à se dire que le film remonte à 14 ans. Certains des enfants présents dans la salle n’étaient même pas nés et dire que ça colle un petit coup de vieux aux cinéphiles que nous sommes est bien plus qu’un euphémisme, c’est une réalité, un véritable coup de convecteur temporel en pleine figure. Et la référence à Retour Vers Le Futur n’est pas vraiment un hasard puisque cet épisode revient dans le temps sur les traces et les origines de l’agent K ! Voilà ce que l’on appelle une splendide mise en situation et introduction à un article !

A l’époque du premier MIB, parce que l’on peut parler comme ça maintenant vu que l’on est de vieux cons du cinéma, le film avait fait beaucoup de bruit. Drôle, novateur, la bonne idée allait donner un regard neuf et humoristique au genre extraterrestre dans un autre registre que le sarcastique Mars Attacks par exemple, plus ou moins contemporain. Puis est arrivé MIIB, avec un petit jeu avec les deux II qui font deux en lettres romaines, deux personnages, deux… Vous êtes pas complètement idiots, vous avez pigé. MIIB était déjà plusieurs cran en-dessous. Pas drôle, facile, soporifique, la franchise basculait dans l’exploitation commerciale, les blagues étaient les mêmes, les monstres moins bien réussis, l’intrigue d’une pauvreté à faire passer un clip de Justin Bieber pour un film de David Lynch.

Alors, pas très enthousiasmante était  la perspective de découvrir un 3ème opus dans une salle ou aujourd’hui la cible moyenne du film sont ces petites merdes mal éduquées qui matent les films d’un œil tout en envoyant des SMS de l’autre et discutent de leurs pertes nocturnes avec leur copain de siège que l’on a envie de gifler un bon coup avant de leur enfoncer leur merveille technologique dans le séant. On était en droit de craindre une nouvelle attaque extraterrestre peu convaincante et seul Ethan Cohen aux commandes du scénario s’érigeait comme un phare chassant la médiocrité du brouillard hollywoodien dans lequel les films de se genre s’embourbent à grands coups d’effets spéciaux à deux balles.

Pourtant, malgré une idée plutôt futée et un twist final plutôt sympathique le cœur n’y est pas. Cette histoire de paradoxe temporel ne décolle jamais vraiment et quand Dark Shadows ne jouait pas assez avec l’univers fantasmatique des années 60, MIB III lui passe totalement à coté, préférant se concentrer sur un improbable jeu du chat et de la souris entre un gros méchant terrifiant comme un aspirateur rouge dans le placard à balais d’un asthmatique chronique et deux agents qui décrochent trois mots et en tirent une amitié virile.

Rien, rien de rien ne fait référence à ces années dorée de musique extravagante. Point d’extraterrestres disco, de Gloria Gaynor martienne, de Barry White à pustule et coupe afro, juste un fond de décor chiant comme le discours sur la dianétique d’un pauvre hère emprisonné dans ses illusions manichéennes de scientologie à la con. Juste des monstres plats, manquant d’humour et des réparties d’une pauvreté sidérale. A vouloir singer et réitérer  un succès, on fini par se perdre dans les marécages mortels d’une facilité déconcertante que l’on aurait voulu éviter.

Will Smith, fait le minimum syndical, préférant sans doute se concentrer sur la carrière de son rejeton aussi bon acteur qu’une tranche de pain blanc recouvert de margarine dont la médiocrité explose à l’écran dans le monstrueusement mauvais Karaté Kid.  Potache, cabotin, il ne signe pas de performance étonnante. Tommy Lee Jones lui cachetonne à mort pour sa brève apparition et Josh Brolin, pourtant bon acteur copie-colle son jeu sur celui mono syllabique d’un agent K monolithique et taciturne. Pour parler en Français, l’acteur décroche trois mots de tous les film quand ce moulin à parole de Will Smith surjoue à mort les dialogues d’un film à sa gloire.

Ni plus mauvais, nu mieux réussi que le second opus et paradoxalement, là où le premier film brillait par son énergie à mettre en orbite des gags inattendus, MIB III a toutes les peines du monde à faire s’élever sa fusée qui a du coûter des millions. Dans un vulgaire pet de mouche insipide, il fait trembloter nos lèvres, nous faisant que trop parcimonieusement esquisser un sourire qui jamais ne se transformera en franc éclat de rire. Il fait partie de ces films pop-corn que l’on oublie presque instantanément pour un jour réaliser en faisant ses fonds de portefeuille que l’on a été le voir. Il faut croire que simplement, depuis, l’humour à vieilli, la franchise ne prend plus, le coté borderline se transforme en consensuels longs sanglots des violons de l’automne (vu le temps qu’il fait en ce moment on est pas dépaysés) qui blessent nos cœurs encore acquis au premier épisode dont on préfèrera garder la mémoire plutôt que de tenter de le revoir au risque de se rendre compte que finalement… Le temps n’arrange pas choses.

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