Mademoiselle – Old Boy, Young Girls

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Genre : Époque, Drame, Romance Durée : 2h25 Note : 18/20

Réalisé par : Park Chan-Wook Acteurs : Kim Min-Hee, Kim Tae-Ri, Jung-Woo

La Corée des années 30 vit sous le joug terrible de l’invasion japonaise. Dans un manoir immense dans lequel elle vit recluse avec son oncle, la jeune et très innocente Hideko voit arriver sa nouvelle servante Sookee, une rencontre qui va bouleverser la vie des deux jeunes femmes, d’autant que Sookee est là pour arnaquer sa nouvelle maîtresse avec l’aide de son soi-disant oncle.

Ceux qui connaissent Park Chan-Wook sur le bout des doigts citerons sans sourciller Je Suis un Cyborg, Lady Vengeance, Sympathy for Mr Vengeance, le très mal remaké Old Boy ou le très ignoré JSA sur l’amitié entre deux soldats Nord et Sud-coréen chacun en poste d’un côté et de l’autre du pont du non-retour dans la DMZ.

Fine fleur du cinéma coréen qui arrive jusqu’à nous, le réalisateur sait allier des sujets comme des intrigues complexes et poignantes à une réalisation aussi léchée que la lumière qui caresse ses images. Dès les premiers plans, Mademoiselle ne fait pas exception à la règle et joue autant sur la beauté sublime des images que sur l’étrangeté qui s’instille dans l’intrigue en nous laissant l’impression que le film ne nous emmènera pas vraiment là où nous nous y attendions.

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Ce soir c’est atelier lecture et analyse de texte

Car c’est certain, rien ne nous prépare vraiment dans ce film d’époque, une première pour le réal, à la lente découverte de tout ce que cache cette Mademoiselle dans son manoir sino-britannique. Subtilement infusée comme un thé puissant au goût âpre puis sucré, dévoilant des volutes de tendresse et de haine, des nuages de perversion et d’amour, l’histoire de Mademoiselle se déguste gorgée par gorgée pour en exhaler chaque nouvelle page et chaque révélation où chaque détail à son importance où chaque pièce est posée à chaque scène dans un regard, un objet, une réplique. Un millimétrisme de mise en scène et d’écriture qui laisse un goût de satisfaction et de bonheur délicieux pendant et après le film.

Et n’en déplaise au voyeuristes et à ceux qui ne retiendraient que ce détail, les scènes d’un érotisme aussi délicat qu’intense ne tombent jamais dans le gratuit ou le graveleux comme c’eût put être le cas dans certains thriller érotiques. Car en plus de ne pas être un thriller érotique, les scènes en question se justifient omme la libération d’une intense tension sexuelle et la révélation d’un véritable amour naissant dans un flot de rage, de violence et de noirceur. Comme la lueur d’espoir que tout n’est pas si mauvais dans ce monde.

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Il faut voir le film en V.O pour savourer le mélange de japonais et de coréen, car il rend encore plus accessible la découverte des relations houleuses et historiques entre les deux pays et nous fait saisir encore plus le symbolisme et la profondeur des relations entre les personnages interprétés par le maniaque de The Chaser : Jung-Woo Ha et par deux illustres inconnues sous nos lattitudes : la sublime Kim Tae-Ri et la voluptueuse Kim Min-Hee vue dans le formidable « Un jour avec, un jour sans ».

Fou, redoutable, joueur, pervers, amoureux, sinueux, honnête, manipulateur, tranchant, sordide, délicat et j’en passe, Mademoiselle est un incroyable chef-d’œuvre à ne louper sous aucun prétexte. Un film trop rare qui donne une claque magistrale au reste du monde qui se gargarise sur grand écran.

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